Syndrome de stress post-traumatique

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Description

Mme Couture nous livre un témoignage touchant sur le syndrome de stress post-traumatique, une affection bien réelle, mais encore mal comprise.

Johanne Couture

Mme Couture est née à Saint-Jean Chrysostome (Québec), le 24 avril 1963. Elle est l'aînée d'une famille de quatre enfants. Son secondaire 3 terminé, elle s'enrôle dans l'armée le 10 septembre 1980, après avoir passé an dans la milice. Elle occupe un poste de technicienne en approvisionnement et elle devient une des premières femmes francophones à plier des parachutes pour l'unité aéroportée de Petawawa. Elle quitte brièvement les forces en 1996 pour y revenir un an plus tard. On l'affecte alors à l'unité d'hélicoptères Griffon 430 de Valcartier avec laquelle elle part en mission de paix au Kosovo en 1999. Là-bas, elle s'occupera des nombreux orphelins kosovars. Cinq mois plus tard, elle revient au pays, marquée par le conflit et souffrant du syndrome de stress post-traumatique. Depuis, elle se consacre à aider les gens qui ont cette affection.

Transcription

Souvent, je pleurais le soir, tu sais, j'avais peur et je me disais, mais est-ce que je vais passer la nuit, tu sais c'était tout le temps une peur comme ça. Ça a été, même... des fois c'est des événements qui font que... qui arrivent, qui nous donnent... qui nous font peur, mais on n'ose pas en parler, ça fait qu'on pleurait toute seule puis c'est ça. L'armée, ça a été très difficile; il a fallu que je me batte contre un système qui ne reconnaissait pas ça. On m'a mise dehors de l'armée médicale à cause que je ne pouvais plus fonctionner. Ça fait que j'ai sorti en 2003, moi. J'étais revenue en 2000, j'ai été transférée au 438 à Saint-Hubert. J'ai essayé de travailler normalement, mais j'ai jamais été capable... j'ai jamais été capable. Puis, ce que j'ai trouvé dur c'est que les gens, les gens jugent beaucoup les autres, puis que moi je ne suis pas infanterie, je suis logistique, ils ne peuvent pas comprendre eux autres que même si je fais le métier que je faisais, que ça m'a affectée. Ça fait qu'ils disaient : « Bien voyons toi, ça ne se peut pas que tu sois malade, t'es pas un 22 toi, t'as pas été à la guerre. » C'est ça la mentalité qu'il va falloir améliorer dans les Forces. Puis moi, j'ai tout perdu là-dedans. Quand je suis revenue, j'étais mariée, j'avais deux enfants; aujourd'hui, je suis divorcée puis je me retrouve seule. Puis, tu sais, j'ai trouvé ça difficile parce que mon mari, même s'il est dans les Forces encore aujourd'hui, il n'a pas compris même si lui il est déjà allé. Il est allé en mission, lui aussi. Il en a fait plus qu'une, mais il ne comprend pas ça. Ça fait que lui, au lieu de se battre puis de m'aider là-dedans, il a décidé de partir. Ça fait que moi je me suis retrouvée malade avec mes deux enfants; puis, j'ai trouvé ça difficile. Malgré tout ce que j'ai passé, puis la fierté que j'ai aujourd'hui, parce qu'aujourd'hui je travaille avec les gens parce que je suis coordonnatrice de soutien social aux victimes de stress opérationnel. Je m'occupe des gens qui reviennent de la guerre puis je les aide à cheminer aussi par où j'ai passé. Ça fait que, oui, il y en a une lumière au bout du tunnel, puis pour ceux qui ont de la misère, les vétérans qui ont de la misère, n'hésitez-pas à demander de l'aide parce que ça existe.

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