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Description
De la destruction au temps, en passant par ses blessures, M. Bernier nous parle de son parcours en Italie.
Gérard Cyprien Bernier
Issu d’une famille se sortant difficilement de la dépression, M. Bernier s’enrôle pour obtenir un emploi stable et payant, et aussi pour être vêtu. En moins d’un an, il se retrouve au front en Italie. Il sera blessé juste avant d’arriver à la Ligne Hitler, mais poursuivra son combat jusqu’à ce que ses plaies ouvrent à nouveau. Ses plaies guéries, mais les oreilles infectées par les conditions insalubres et humides, il continuera tout de même à servir comme garde du train postal.
Transcription
(L’Italie)L’humidité, hein, dans… À terre tout l’temps pis dans l’eau pis y’avait d’la vase pis, oui… oui. Pis il faisait chaud dans l’été là, quand que c’était l’été là, pis le soir, il faisait ben frette.Tu prends Cassino, il restait un coin de maison… à moitié grand d’la ville ! Rien qu’un coin de maison qui restait. Pis le monastère en haut d’la côte, c’était tout défait à force qu’ils l’ont bombardé pis l’artillerie. Y’ont « rouvri » avec mille canons un matin, oui. J’te dis que… Pis encore, y’ont resté là les Allemands. Fallait qui se battaient !(Les Allemands)C’étaient des bons hommes les Allemands. Ouais. Ils mettaient toute ça contre nous autres là pis… C’était dur, ouais. Ah ouais ! C’est ça qu’ils nous (inaudible), c’était l’artillerie, hein. Ils envoyaient pis toute. Pis encore « sontaient » là ! « Sontaient » ben creusés dans’terre. Eux autres ils se battaient comme un rear guard, hein. T’sais, ils reculaient.(Mes blessures)Ah oui, c’est un obus ça qui a frappé, pis y’a rien que moi qui a sorti de la section. Y’en a deux qui ont été blessés pis ‘sont morts. Le caporal est mort, pis l’autre en suite de moi est mort. Pis le restant sont morts. Y’ont perdu une dizaine d’hommes à part de moi là. Pis c’est rien que moi… Pis quand j’ai été pour me lever, j’ai tombé. J’étais paralysé, hein d’un bord. Ça c’est avant qu’est arrivé la Hitler Line ça. On rentrait là. Ouais… Ouais pis… La compagnie s’est fait tuer. Toute la compagnie l’aumônier, le capitaine, tous les batmen, toutes, les runners, ces gars-là pis les signaleurs, pis toutes.Pis ils m’ont opéré dans une tente, avant que j’ai été à l’hôpital, vois-tu. J’te dis qu’elle a empli vite ! ‘Était pratiquement vide. Y’avait un gars, Arthur Poirier de chez nous, il travaillait là. Y’était dans le médical. Il dit : « Avant-hier ‘était vide pis elle est pleine à matin ! » Oui. Les blessés, hein. Ça rentrait là !(Changement de fonction)On a continué les assauts pis là mes blessures a « rouvri », hein. (Inaudible) pis là, ils m’ont drillé des lignes. Pis mes oreilles saignaient, ça coulait là pis… T’sais le mal d’oreille, hein ? Des abcès là pis… Y’ont essayé d’arrêter ça avec de la Vaseline pis… Ah non. Ils m’ont sorti pis là, j’ai pas été à la réserve ! Ils m’ont mis sur la garde de malle à Napoli. Pis on était sur les trains, pis y’essayaient de rentrer sur les trains pareilles. Les cigarettes, hein. Oui. On les watchait. Ah ouais.(Les Italiens)Ils en ont arraché ce monde-là, j’te dis. Y’avaient pas grand-chose à manger là. Oui… Ça faisait peut-être bien une semaine qu’y’ont pas mangé. Il y en a qui avaient de la misère à se « tiendre » debout. Y’avaient des mules. Y’avaient caché tout ça en-dessous de la terre pis toute. Leurs moutons, pour pas qu’ils se faisaient tuer. Y’ont fait une place. Y’ont travaillé !(En réserve derrière les lignes)Fallait être enveloppé avec une couverte pour voir des vues, quand qu’y’avait des vues. Derrière d’une auto là, t’sais la caméra là. Pis y’envoyaient ça. Bob Hope là pis ces gars-là. Bing Crosby, Dorothy Lamour.Pas dans le front ! On était en réserve. C’est quand qu’on était sur la réserve. Vois-tu. Fallait qu’on sortait, hein. On sortait pour cinq jours pis on rentrait pour dix. Pis y’avait un autre régiment qui nous remplaçait.(rires) Le screen derrière d’un truck ! Ça voyait pareille ! (rires) On était enveloppé avec la couverte. (rires) Le soir, dans la noirceur, hein.