La vie d’un artilleur

Attention!

Cette vidéo contient des scènes au contenu graphique qui pourraient choquer, et est réservée à un auditoire averti.

Video file

Description

Monsieur Landry relate la vie de tous les jours d’un artilleur canadien en Corée.

Clifford Landry

À 14 ans, monsieur Landry travaille en forêt où il conduit des camions pour l’industrie forestière, puis il joint l’armée à 23 ans pour voir le monde et servir son pays. Après une brève formation d’artilleur, il se retrouve en Corée en 1952, cent jours avant la fin de la guerre. Après l’armistice de Panmunjom, il s’engage pour six mois supplémentaires qu’il passe surtout au Japon. Après la Corée, monsieur Landry consacre vingt et un ans aux Forces armées canadiennes. Il sera déployé en Allemagne et deux fois à Chypre.

Transcription

En Corée nous autres… moi j’ai été là cent jours avant que la guerre a fini. On était en devoir à tous les jours, sept jours par semaine, pis à toutes les deux nuits. On avait rien que nos deux nuits de libre, ça veut pas dire qu’on dormait le jour. On travaillait le jour. C’était à tous les jours, mais dans ce temps-là on avait la santé de le faire. J’ai jamais trouvé ça dur.Y’avait vingt-quatre canons dans un régiment… pis le compris de tout ça, avec les signaleurs pis tout ça, ça faisait onze cents soldats… sur vingt-quatre canons. Mais par canon, on était six. Mais on travaillait jamais à six. Le seul temps que j’ai vu six sur le canon… On était divisé. Quand que trois travaillaient dessus, les autres… les autres se reposaient. Quand on tirait normalement c’était à trois. On allait presque aussi vite, on était assez bien entraîné que… Y’avait le layer pis après ça celui qui chargeait. Ça n’en prend un chaque bord pour charger.Tout chacun a besoin de l’autre, hein. Tu fais plus rien à faire tout seul. Sur un canon, qu’est-ce que tu peux faire tout seul ? C’est une équipe… C’est vraiment une équipe qui était ben gelée ensemble pis qui savait… savait quoi faire. On prenait pas de temps à… à faire l’attaque. Pis c’est rare… tu voyais pas d’erreur de… t’sais le tir à la méchante place… des choses de même. Ça, ça arrivait pas.On faisait toujours du harrassing fire qu’ils appellent là. Tu tires des bombes ici et là pour écoeurer l’ennemi là. Pour pas qu’il… pour le surprendre. On avait… disons… des commandes pour tirer. Des fois ça pouvait être dix rondes… des fois s’ils voyaient des troupes s’approcher, quelque-chose de même, ben on tirait là-dessus. Un coup que le target… que la cible était détruit, ben ça finissait là. Des fois, la majorité c’était un coin où les chemins passent, on ben donc une place où ce que c’est difficile à passer… à se cacher. Pis on pouvait tirer complètement le côté gauche, ou complètement le côté droit. Les mortiers étaient en arrière de nous autres. Même les mortiers de quatre pouces étaient en arrière de nous autres. Ils tiraient par-dessus notre tête. On était direct en avant… on tirait en avant, à côté… On avait des targets partout.On en a passé, pis on en a passé, pis on en a passé des bombes là… J’ai vu de tirer au-dessus de quatre cents par jour des bombes. Celui qui tirait le canon avant ça était là pis… tu ramassais les shells. Mais là, hé ! Les shells y’en a ! Tu ramassais la shell quand elle sortait. Tu la ramassais avec tes mains comme ça là. Tu la garrochais en dehors du gun pit. Ce gars-là. Pis elle était encore ben frette. Mais si il aurait attendu… deux ou trois secondes après, il s’aurait brûlé les mains. Quand elle sortait de là, elle était encore… Mais là, ça avait chauffé assez le temps qu’on avait tiré, là, là. On tirait la nuit, on tirait tout le temps là, tu sais. Le chose, ça venait assez chaud. Après ça, y’a arrêté pis il voyait que les canons, c’était trop pour les canons, là. Le gars dit : « Tirez à tous les… one gun fire every sixty seconds. » à chaque soixante secondes. Pis à chaque soixante secondes, nous autres on pense pas, là. Aussitôt qu’on a tiré, nous autres on charge. Et puis, il y en a un qui avait fait la même chose là pis… le canon a parti tout seul sans qu’il ait pesé sur le trigger. Une chance qu’il n’y avait personne devant, y’a personne qui s’est fait faire mal. Là il a rapporté ça pis ils ont dit : « Charger juste, juste avant de… » (rires) C’était assez chaud, le canon était assez chaud ça a fait exploder le… la balle mais… aucun dommage.C’était assez un gros bruit, c’est… On peut s’imaginer une petite balle de .303 ou… Qu’est-ce que ça fait, ben le canon c’est… c’est fort. Ça fait un bruit qui… qui est assez... Mais… y’ont… on a des… des déflecteurs, tu sais pour… qui empêchent le bruit… empêchent… qui aident avec le bruit. C’est assez une grosse explosion.

Catégories