Attention!
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Description
Après d’âpres combats en Normandie, l’avancée des Alliés continue en Belgique, aux Pays-Bas et se termine en Allemagne. Dîners avec la noblesse, rigolades, grande bravoure et gestes de générosité, M. Champoux nous raconte une histoire riche en aventures.
Henri-Paul Champoux
Après s’être enrôlé, Monsieur Henri-Paul Champoux se retrouve rapidement en Angleterre où il participera à des formations de tous genres (commando, gaz nocifs, pontage et autres) pendant presque trois ans. Affecté à la 85e Compagnie de pontage, il débarque en Normandie deux jours après le jour J. Au sein de sa compagnie, il bâtit des ponts en France, en Belgique et aux Pays-Bas afin de permettre à sa division d’avancer sur les Allemands en déroute. Il échappe à la mort plusieurs fois au cours de cette avancée et vit plusieurs histoires assez cocasses qu’il raconte avec humour. Il épouse une Française juste après la guerre et demeure en France quatre ans avant de revenir au Canada.
Transcription
Après, après Caen, Falaise, là on a parti de là, on a monté jusqu’en Belgique. Les Allemands étaient en déroute là, pis…Là, en Belgique, on s’est fait encerclé, une journée. Là, on est revenu en arrière. Là, on est reparti. J’ai remonté… on a libéré Bruxelles. Notre compagnie était… quand on a libéré Bruxelles, notre compagnie était là, hein.Là, à Bruxelles, là c’était pas pire. Nous autres, on parlait le français. On pouvait, avec les Belges, tout ça, on parlait avec leur langue, ils nous comprenaient. On était invité à aller manger partout. J’ai été manger chez des comtesses, des comtes. Les premières fois, on avait peur. On savait pas à qui qu’on avait affaire.Quand les Américains ont reculé de trente-cinq kilomètres, notre première division a été donner un coup de main aux Américains, pour pas reculer d’autre. Pis là ben… on a… Là, on a bu. On a… comment je dirais ça ? Une paire de chaussettes, t’avais du cognac. Pour une paire de chaussettes, t’avais du cognac, trois étoiles. Même les officiers… mon officier… notre officier arrive, il dit : « À quelle place vous prenez ça ? » « Avez-vous des chaussettes ? Avez-vous des bas… ? » Ça fait qu’on a… (rires) Le lendemain retontit, n’en v’là trois autres ! (rires) C’était de même. Ça fait que, quand on est revenu, on n’avait pus de bas. On avait une chemise, une paire de culottes, pis des chaussures. Le restant était toute parti ! (rires) On a été passé pour savoir ça. Aye ça a été… y’a eu une enquête là. (rires)Après ça, on est parti de là. On est monté à Anvers. Pis là, on est monté à Neijmegen, à Neijmegen, on s’est fait encerclé là, quatre jours. On n’avait rien à manger. Le major, lui, y’était en avant de l’infanterie, devant toute. Et pis… là on se trouve à entrer dans une place, pis les Allemands, eux autres, y’ont fermé la boîte. C’est comme nous autres, quand on faisait l’encerclement des Allemands, c’est la même affaire pour les Allemands. Pis là, on été quatre jours encerclé. Pis notre commandant, le major là, comme je te parle, lui, y’avait assez peur qui s’est fait faire un tranchée couvert pis y’a été quatre jours sans sortir de là. Pis là, quand on a dit, quand les officiers ont été dire : « Y’a une brèche de faite. », y’avait peur de sortir de là.Pis quand j’ai sorti, moi, avec mon camion, j’ai pas sorti assis à ma place. J’ai le pied sur le garde boue pis j’ai mis le throttle, pis envoye, icitte, on part ! Sans ça, je serais mort.Interviewer : Pourquoi ? À cause que les Allemands ont tiré où qu’y’était le chauffeur. Pis moi j’étais sur l’aile, la porte ouverte… (rires)Et pis quand ils nous ont fait la brèche là, les premières affaires qu’on a eu, c’est des biscuits de soldats… de marine là. C’tait dur comme ça. C’était un steak ! On avait faim ! (rires) Mais… on s’en ai sorti. Tu vois, là, j’ai 85 ans pis j’suis encore icitte.