Attention!
Cette vidéo contient des scènes au contenu graphique qui pourraient choquer, et est réservée à un auditoire averti.
Description
Dormir sous les bombes ? Pas de problème pour M. Champoux. Il n’avait peur de rien et il nous raconte pour qui.
Henri-Paul Champoux
Après s’être enrôlé, Monsieur Henri-Paul Champoux se retrouve rapidement en Angleterre où il participera à des formations de tous genres (commando, gaz nocifs, pontage et autres) pendant presque trois ans. Affecté à la 85e Compagnie de pontage, il débarque en Normandie deux jours après le jour J. Au sein de sa compagnie, il bâtit des ponts en France, en Belgique et aux Pays-Bas afin de permettre à sa division d’avancer sur les Allemands en déroute. Il échappe à la mort plusieurs fois au cours de cette avancée et vit plusieurs histoires assez cocasses qu’il raconte avec humour. Il épouse une Française juste après la guerre et demeure en France quatre ans avant de revenir au Canada.
Transcription
Comme moi, je dormais à côté du camion, ou bien donc… C’est rare qu’on couchait… quand on avait des tentes… ça, des tentes, quand on était sur la ligne de feu, y’en n’avait pas. Y’en a jamais eu. On couchait à côté de nos affaires.Ben là, on mettait deux, trois gars ensemble là, pour avoir plus chaud. Quand tu pouvais te mettre dans le milieu, t’étais correct. (rires) Ça fait que… on dormait de même.Ben, tu travaillais tellement fort dans la journée que, le soir quant tu te couchais là, tu dormais. Moi, je sais ben, en me couchant moi là, je dormais. Même des fois, on avait cinq minutes à nous autres là, cinq, dix minutes, là tu te cantais, tu dormais, tout d’un coup l’officier criait pis tu repartais.Surtout quand ils ont commencé à sheller la nuit, c’était toujours vers les dix heures et demie le soir. C’était mon feu d’artifice. J’avais pas peur. Pis moi, je dormais très dur. Quand… si je pouvais m’endormir avant, je n’avais pas connaissance de rien. Ça fait que j’étais correct.Interviewer : Pourquoi vous aviez pas peur ? Pourquoi ? Qu’est-ce qui vous…C’est ma mère. Moi, j’avais confiance en ma mère. Comprends-tu là seulement ? Moi, ma mère me sauvait. « Ma mère va me protéger. » C’est de… l’espoir, la croyance.Ma mère avait dit à une de mes sœurs, elle a dit : « Paul, moi je vais le protéger. Il va revenir au Canada. » Moi, j’allais sur la ligne de feu pareil comme si… j’allais sur la rue des Forges. J’avais pas peur.Y’a rien qu’une place que j’ai eu peur. On était cinq dans une tranchée et… là les avions, quand ils lâchaient leurs bombes, ils lâchaient ça pareil comme un chapelet, hein. Et… comme ils le lâchaient, ça s’en venait sur nous autres. On était cinq dans la tranchée, cinq qu’on bégayait, on savait plus… On parlait plus, on bégayait ! (rires) Pis, un coup que ça a été fini là, y’ont arrêté avant là. L’avion a arrêté de lâcher ses bombes. Tout allait bien. Là c’est revenu… Pis après ça j’ai jamais eu peur. C’est drôle, hein ?