Attention!
Cette vidéo contient des scènes au contenu graphique qui pourraient choquer, et est réservée à un auditoire averti.
Description
La guerre permet parfois de belles rencontres. M. Champoux nous raconte comment il a rencontré celle qui deviendra son épouse après la guerre.
Henri-Paul Champoux
Après s’être enrôlé, Monsieur Henri-Paul Champoux se retrouve rapidement en Angleterre où il participera à des formations de tous genres (commando, gaz nocifs, pontage et autres) pendant presque trois ans. Affecté à la 85e Compagnie de pontage, il débarque en Normandie deux jours après le jour J. Au sein de sa compagnie, il bâtit des ponts en France, en Belgique et aux Pays-Bas afin de permettre à sa division d’avancer sur les Allemands en déroute. Il échappe à la mort plusieurs fois au cours de cette avancée et vit plusieurs histoires assez cocasses qu’il raconte avec humour. Il épouse une Française juste après la guerre et demeure en France quatre ans avant de revenir au Canada.
Transcription
Ah ! Ça c’est une autre histoire !On était sur la ligne de feu, pis là, ils nous ont envoyés en arrière, à… en Normandie. Pis eux autres, les Français… ceux qui étaient de… elle était dans les banlieues de Paris, elle… ils venaient chercher de la viande, des volailles, du beurre pis tout ça. Pis ils faisaient le marché noir.Pis nous autres ben… elles se trouvaient dans la ville ce soir-là. Pis y’étaient trois femmes, pis nous autres on était trois. On pensait pas les rencontrer. Là on a fait… on a commencé à parler avec elles. Nous autres, on leur a dit : « Bonjour mes demoiselles. » Elle a dit : « Toujoursl’étéàcausedesmouches. » Pis là, on a dit : « Pardon, qu’est-ce que vous dites ? » Elle a dit : « Quecé ? Vous parlez français ? » Là on a commencé à parler en français avec eux autres.Pis tu sais… as-tu compris qu’est-ce que je te dis ? «Toujoursl’étéàcausedesmouches.» Toujours – l’été – à cause – des mouches. Quand tu le dis vite, l’autre te comprend pas.Ça fait que là, j’ai rencontré ma femme là à… Après ça, j’ai été la voir en vacances, chez eux. Pis… je me suis essayé. C’est de même.Pis j’ai fait le marché noir avec ma femme. Moi j’étais Canadien, j’avais ma… mon… pis c’était marqué Canada. J’allais avec elle en Normandie. Là elle avait deux gros sacs, pis moi j’emmenais ça. J’avais ça… Les polices m’arrêtaient pas, c’était moi qui avait toute la marchandise ! (rires) Ils me parlaient. Moi j’y répondais en anglais. (rires)Après la guerre, j’ai resté quatre ans et demi en France. Là… je me suis marié au mois d’octo… de janvier. Là j’ai eu… on a eu des enfants, trois enfants.