La côte à Paquin

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Description

À Chypre, selon l’ONU, une petite montagne porte le nom de M. Paquin. Il nous raconte pourquoi.

Yvan Paquin

Enfant, Monsieur Paquin perd sa mère. Son père, un tavernier se remarie, mais sans succès. Le jeune Yvan se retrouve donc pensionnaire. Pendant son séjour de douze ans en pension, il devient orphelin à l’âge de seize ans. Possédant ce qu’on appelait à l’époque une 11e scientifique, il quitte l’école en 1949. Il se rend compte qu’il est un peu délinquant et, voulant se redresser, il joint l’aviation. Malheureusement, il ne s’entend pas avec ses collègues de travail Franco-Ontariens et il quitte l’aviation pour s’enrôler avec le Royal 22e Régiment. C’est avec ce régiment qu’il se retrouve sur le front coréen en 1951-52. C’est là, à la cote 166, qu’il subit sa blessure de guerre, mais il retourne au front avant de quitter la Corée. Plus tard, plus avancé en grade, il se retrouve à Chypre, au sein de la Force des Nations Unies chargée du Maintien de la Paix à Chypre (UNFICYP) et y commande des hommes. Il est aussi affecté en Allemagne quelques années et termine sa carrière avec le grade d’adjudant.

Transcription

On était entre le château Saint-Hilarion pis la communauté grecque à Kérynia même. Pis le château Saint-Hilarion c’était occupé par des Turcs. Ça c’était un poste qu’on montait là à flanc de montagne, on montait douze gars pis on demeurait quatre jours. Après ça, on était remplacé par… On avait faite une position défendable; deux mitrailleuses légères pis… Pour être capable de se battre un bon bout de temps, jusqu’à temps que les renforts arrivent.Moi, une journée j’étais là avec mes gars, j’ai dit au gars, j’ai dit : « Ça vous tentes-tu si on essaierait de faire une route ? » On était peut-être à sept, huit cents mètres de la route qui montait au château Saint-Hilarion, qu’un Jeep, un véhicule pouvait emprunter. Pis pour se rendre chez nous, c’était des tops de montagnes. Vous savez, deux pieds de large, un véhicule pouvait pas passer.Fait qu’on a commencé par un top proche de nous autres. On l’a mis à dix pieds de large à… On coupait ça à’pelle pis on étendait ça pis… Le lendemain, on a faite peut-être une couple de pics pis… Ben au bout de cinq fois, une vingtaine de jours, on réussi à se rendre à la fameuse route.Pis là, mon commandant de compagnie, qui était parti en vacance, un moment donné, il dit : « Tiens, je vais aller faire un tour sur la côte à Paquin. » Il venait pas souvent lui, on lui parlait par téléphone.On était là nous autres pour deux raisons : observer le transport par route qui se faisait de Kérynia, qui est grecque, pour aller au bout de l’île, à Morfu, pis on rapportait tout transport anormal. Vous savez, trois, quatre véhicules de fil qui se passaient… des véhicules militaires qui passaient sur la route, pis empêcher les Grecques d’attaquer le château. On était là comme tampon.Fait que mon commandant arrive à la route, tout d’un coup… woop ! Il voit cette route-là qui s’en va sur la position. Y’arrive sur la position. « Qui a eu l’idée de ça ? » J’ai dit c’est moi Monsieur. « Tabarouette ! » Il dit : « C’est impressionnant. » Il dit : « On va appeler ça la côte à Paquin à partir de tout’suite.Mais ça se fait pas de même ça là ! C’est un poste d’observation ça. Ça l’a un numéro. Fait qu’il demande la permission à l’ONU à Chypre, Chypre s’en va à New York, ça revient : permission granted.Fait que là, à partir de ce moment-là, ça c’est appelé ‘La côte à Paquin’.

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