Dix-sept ans et infirmier au front

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Description

Monsieur Guertin nous raconte pourquoi il s’est enrôlé ainsi que son périple vers le front coréen.

Ronald Guertin

Issue d’une famille militaire, où plusieurs de ses frères ont participé à la Seconde Guerre mondiale, M. Guertin joint les forces à l’âge de dix-sept ans spécifiquement pour aller en Corée. Il est formé à Borden (Ontario) et se retrouve en Corée en 1952, suite à une traversée tumultueuse de vingt-six jours pendant laquelle il travaille à l’infirmerie du navire. En Corée, il est d’abord rattaché au poste d’évacuation sanitaire du Royal 22e Régiment où il s’occupe des premiers soins. Après quelques mois, il est muté à l’équipe chirurgicale de campagne canadienne de Séoul pour prodiguer des soins plus avancés. Après la Guerre de Corée, il revient au pays et reste dans l’armée à titre de soigneur sportif. Pendant presque quinze ans, il sert un peu partout au Canada, toujours sur des bases militaires sans médecin où il est le chef des équipes médicales. Il sert aussi en Allemagne à deux reprises avant de prendre sa retraite après trente-cinq ans de service au grade de sergent.

Transcription

La raison que j’ai rentré dans l’armée c’était pour aller en Corée. Mes frères avaient tout vu l’Europe pis y’en parlaient beaucoup. Moi j’avais rien vu. J’avais vu Ottawa. Pis en allant dans l’armée, ben m’en allant en Corée, un jour je verrais d’autres pays qu’eux autres avaient pas vus.Malheureusement, c’était durant la guerre, puis le bateau zigzaguait un peu partout. De Seattle à Washington, au Japon, ça nous a pris vingt-six jours.D’après ce que je me rappelle on était dans une tempête tout le long tant qu’à moi ! (rires) C’était un bateau américain avec des… des espèces de lois qu’on connaissait pas, t’sais. Par exemple, on avait deux repas par jour et puis fallait que tu te mettes en ligne pour les repas. C’était pas un gros bateau pis on était à peu près cinq milles dessus. Pas cinq milles Canadiens, on n’était seulement que deux-cents Canadiens je pense.Mais… notre temps a passé en ligne pour attendre pour aller manger pis jouer aux cartes assis à terre. Heureusement, moi, une semaine avant d’arriver j’ai pogné une job dans l’infirmerie de l’hôpital là, fait que là on était mieux un peu.Quand on est arrivé en Corée, il faisait très froid. On nous a accueillis avec une fanfare. On a embarqué sur un train avec des sièges de bois. Puis, au mois de janvier ’52, les Alliés repoussaient les Chinois et les Coréens du Nord. Fait que nous, on s’en allait rejoindre le front. On a passé deux jours assis dans ce train-là, à geler pis… Le train allait pas vite. Je me rappelle qu’on débarquait pis on marchait à côté du train là pour se réchauffer. On était bien habillé, mais quand il fait froid là, un moment donné là, y’a pu rien pour réchauffer.C’était un pays en guerre, ça fait que, quand t’arrivais aux stations là, y’avait pas personne là pour vendre des… de toute façon, on n’avait pas d’argent ! (rires)

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