Soins médicaux

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Description

Monsieur Guertin nous parle du premier poste qu’il a occupé en tant qu’assistant médical en Corée.

Ronald Guertin

Issue d’une famille militaire, où plusieurs de ses frères ont participé à la Seconde Guerre mondiale, M. Guertin joint les forces à l’âge de dix-sept ans spécifiquement pour aller en Corée. Il est formé à Borden (Ontario) et se retrouve en Corée en 1952, suite à une traversée tumultueuse de vingt-six jours pendant laquelle il travaille à l’infirmerie du navire. En Corée, il est d’abord rattaché au poste d’évacuation sanitaire du Royal 22e Régiment où il s’occupe des premiers soins. Après quelques mois, il est muté à l’équipe chirurgicale de campagne canadienne de Séoul pour prodiguer des soins plus avancés. Après la Guerre de Corée, il revient au pays et reste dans l’armée à titre de soigneur sportif. Pendant presque quinze ans, il sert un peu partout au Canada, toujours sur des bases militaires sans médecin où il est le chef des équipes médicales. Il sert aussi en Allemagne à deux reprises avant de prendre sa retraite après trente-cinq ans de service au grade de sergent.

Transcription

Ben, on était dans une unité de support pour le régiment du 22. Ça s’appelait un CCP. C’est un Casualty Clearing Post (poste d’évacuation sanitaire) dans ce temps-là. Et puis les brancardiers du 22 prenaient les blessés, les emmenaient au bord de la route, si on veut là, la plupart du temps. Nous, on allait les chercher. On les ramenait. On faisait… aujourd’hui ça serait vu comme les premiers soins là, le triage si on veut. Pis après ça, on les envoyait à un M.A.S.H. (hôpital militaire de campagne) américain en arrière des lignes. C’était d’une place à l’autre, là t’sais. Mais comme assistant médical, on était appelé à aller chercher ces gars-là avec des Jeeps ambulance là, on allait chercher les blessés.C’était physique pas mal parce que, quand y’étaient sur le bord de la route, c’était aucun problème. On les mettait dans le Jeep pis on partait. Mais la Corée c’est un pays avec beaucoup de montagnes, que je me rappelle là, c’est des montagnes partout. Et puis y’a des places que le Jeep ambulance pouvait pas aller. À ce moment-là, faut aller les chercher sur les civières pis les amener. Un homme sur une civière là, mettons cent-quarante, cent-cinquante livres, si tu vas pas loin c’est pas pire, mais quand t’as, je sais pas moi, un demi mille à charrier là, faut qu’on se repose puis c’est dur sur les bras.Une blessure qui est resté avec moi là, tout le temps là, y’avait un soldat, un moment donné, son nom… c’est pas plus important que ça, avait pilé sur une mine puis il s’était fait sauter une fesse. Ça a l’air drôle, mais c’est la blessure la pire que j’avais vu. Une fesse partie là, t’sais là c’est, c’est grand de même là… J’ai vu des blessures pires que ça ! J’ai vu des morts, j’ai vu des choses, mais celle-là, elle est restée avec moi à cause de ça là t’sais c’est… c’est comme un gros paquet de viande là qui… qui est là, là.

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