Description
Le retour à la vie civile a été difficile pour M. Dauray après la Corée, mais un retour à la vie militaire n’était guère plus facile. Il nous raconte son cheminement.
Gérard Dauray
Gérard Dauray a toujours voulu être dans l’Armée. Sur ces photos d’enfance, il fait déjà le salut militaire ! Avec cinq oncles militaires qui lui racontent leurs aventures, il pense à s’enrôler dès l’âge de treize ans. Alors qu’il travaillait pour l’industrie forestière dans la région de l’Outaouais, M. Dauray s’enrôle au sein de la Force spéciale mise sur pied pour la guerre de Corée. Il fait sa formation de base à Valcartier et sa formation avancé à Fort Lewis (Washington) avant de faire une traversée de 14 jours vers l’Asie. Mitrailleur Bren pour le Royal 22e Régiment, il participe à plusieurs patrouilles, occupe maintes positions, prend part à la bataille de la cote 355 et développe des problèmes d’oreilles. Après la guerre, il quitte momentanément l’Armée pour y revenir après à peine six mois. Entre 1953 et 1955 il fait parti des forces d’occupation de l’Allemagne. Il revient ensuite au pays pour devenir parachutiste, mais ces problèmes d’ouïe l’en empêche et il quitte alors définitivement l’Armée.
Transcription
En Corée nous autres c’était pas une guerre comme 39-45, Dieppe, ces affaires-là. C’était pas si rough que ça, t’sais veux dire. Mais c’était plutôt le moral. Le moral était pas si bon, ma santé était bonne et puis je remercie le bon Dieu que j’aye revenu (rire) su’l bon sens. Mais qu’est-ce qu’y’est arrivé… y’avait un p’tit problème de boisson, t’sais veux dire. Ben là-bas c’était pas… c’était pas trop parce qu’on n’avait pas très… t’sais veux dire, mais c’est quand que… j’ai revenu là t’sais.Après mon séjour de l’armée ben… m’a dire comme ce gars, j’aurais voulu rester là-dedans mais j’ai été… avec des problèmes d’oreilles et puis…Moi j’avais ressorti, j’ai r’rentré après. J’ai été six mois sorti pis j’ai r’rentré. Tu vois que j’aimais l’Armée. J’avais… j’ai… je travaillais dans une boutique. On faisait des meubles. Je voulais apprendre à… cabinet maker, t’sais veux dire. Mais l’idée de vouloir retourner dans l’armée m’achalait continuellement, malgré la misère que j’avais eu en Corée t’sais… Ben, la misère… c’est vrai, j’en ai eu…Là, là j’étais pus faite pour travailler au civil… mais t’sais. Parce que ça fait une différence quand t’es longtemps avec le… habillé en soldat pis tu te… t’exposes en civil c’est plus… c’est un gros changement. C’est pus pareille.J’ai lâché ma job pour m’en retourner, rengager encore dans, dans l’Armée régulière. Pis là on est parti pour l’Allemagne, t’sais. Pis là, en Allemagne, en occupation, ben j’ai été là de 53 à 55.Après ça j’ai revenu en 55, j’ai revenu au Canada. Et puis là ben, j’voulais suivre le cours de, de parachutiste. Mais qu’est-ce qu’y’arrive avec mon problème d’oreilles que, y’a fallu que j’aille passer des examens à Québec pis bon. Là j’ai eu un déclassement. J’avais les tampons (sic) perforés, avec des trous. Pis l ben, eux autres… pour sauter en parachute faut tu sois parfait.Je pouvais pas être parachutiste. Là ça m’a découragé ben raide pis… Avec ça ben j’avais un… ça prenait un coup un peu, pis ç’a toute dérangé ma vie, hein. Quand j’ai vu ça, j’ai sorti pis… Que je peux dire que… j’ai été bien usé, pis la discipline je l’ai connue, et puis ça m’a rapporté.