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Description
M. Bégin nous raconte sa première punition militaire.
Roger Bégin
Alors fonctionnaire, M. Bégin quitte la fonction publique pour s’enrôler dans l’Aviation Royale du Canada (ARC) en 1942. Après un cours d’Anglais à Toronto (Ontario), il est stationné à Jarvis (Ontario) afin d’apprendre son métier de mécanicien en aviation. D’abord aviateur, 2e classe, il obtient le grade d’aviateur-chef juste avant d’être envoyé servir outre-mer. Au Royaume-Uni, il passe quelques mois dans un dépôt des effectifs avant d’être stationné à la base d’aviation britannique de Chivenor, dans le North Devonshire. Là, il entretient les bombardiers anti-sous-marins Wellington de l’escadrille canadienne no 407; « l’escadrille des démons ». Il y entretient assidûment le même avion jusqu’à la fin de la guerre. Il revient au pays au printemps 1946, quitte les forces et réintègre son poste de fonctionnaire.
Transcription
En 43, j’ai eu une permission annuelle là, pour je me souviens pas combien de jours. Je sais pas si c’était quatorze jours. Pis… m’en va chez nous, pis un de mes frères qui s’était marié, y’a eu un enfant. Fait que y’ont dit : « Veux-tu être parrain ? » Je dis : « Oui. »Mais le parrainage c’est faite, la cérémonie c’est faite la veille du jour où je devais rentrer au camp. Ça fait que y’aurait fallu que je parte cette journée-là pour arriver en temps au camp, fait que j’ai dit : « O.K. » J’ai accepté d’être parrain.Mais avec tout ça, je suis arrivé en retard au camp. J’étais supposé être sur le, le roll call comme on dit là. Le matin là… j’me souviens pas quelle date, mais je suis arrivé à peu près dans l’avant-midi, fait que j’étais en retard, donc punissable.Alors on m’a fait parader devant le commandement, le commandant du camp. C’est pas des farces là. Le sergent là, qui arrive, qui me parade. « Attention ! » Pis envoye donc ! (inaudible) quand t’arrives devant le commandant. Fait que, il dit : « Pour quelle raison vous êtes arrivé en retard ? » Ben là je lui explique en anglais : « C’est parce que j’étais de cérémonie pour être parrain. » « No good. Seven days CB. » Pas plus que ça, sept jours de, de sans sortie, pis de travailler… de travaux additionnels au camp. Confinement to barracks qu’y’appelaient ça.Ça fait que dans le jour je faisais mon travail habituel de mécanique, de mécanicien là, avec les heures habituelles, pis après le souper, là on me donnait du travail supplémentaire. Entre autre, aller dans les hangars pis laver le dessous des avions, toutes des jobs sales comme ça là, écoeurantes. Ou bien d’aller à la cantine pis ramasser toutes les bouteilles pis vider les cendriers quand ils fermaient boutique.Ç’a pas été tellement dur, mais disons que t’apprends hein, à ce moment là par ton expérience que quand ils te demandent quelque-chose c’est, c’est ça qu’il faut faire. Faut pas tu te questionnes trop, trop des fois.