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Description
Stationné à la base militaire britannique de Chivenor, non loin de la ville de Barnstaple dans le North Devonshire, M. Bégin entretient des avions Wellington pour l’escadrille canadienne no 407. Il nous parle de leurs missions.
Roger Bégin
Alors fonctionnaire, M. Bégin quitte la fonction publique pour s’enrôler dans l’Aviation Royale du Canada (ARC) en 1942. Après un cours d’Anglais à Toronto (Ontario), il est stationné à Jarvis (Ontario) afin d’apprendre son métier de mécanicien en aviation. D’abord aviateur, 2e classe, il obtient le grade d’aviateur-chef juste avant d’être envoyé servir outre-mer. Au Royaume-Uni, il passe quelques mois dans un dépôt des effectifs avant d’être stationné à la base d’aviation britannique de Chivenor, dans le North Devonshire. Là, il entretient les bombardiers anti-sous-marins Wellington de l’escadrille canadienne no 407; « l’escadrille des démons ». Il y entretient assidûment le même avion jusqu’à la fin de la guerre. Il revient au pays au printemps 1946, quitte les forces et réintègre son poste de fonctionnaire.
Transcription
À Chivenor, y’avait cinq squadron, escadrilles. Y’avait la seule, une c’était la canadienne pis les autres c’étaient toutes des RAF, Royal Air Force.L’escadrille no 407, qu’y’appelaient l’escadrille des démons parce qu’ils s’étaient faite une réputation déjà depuis 1941 comme étant très productifs pour le, les attaques sur l’ennemi, soit les sous-marins ou les navires marchands.Puis les avions sur lesquels on, qu’on avait à notre disposition c’étaient des Wellington, des avions à deux moteurs, quatorze cylindres. Pis ces avions-là c’étaient des anciens bombardiers. Imaginez-vous une carcasse en, en métal, mais enveloppée de tissu. Ça, ça servait de bombardier, les premiers bombardiers là que les Anglais ont envoyés au-dessus de, de l’Allemagne là, c’était, c’est ce genre d’avion là, deux moteurs. Y’avait encore le lit de la mitrailleuse en arrière, mais y’était inopérant. Pis comme on était pour la patrouille anti-sous-marine, y’avait installé un projecteur puissant sur le ventre de l’appareil pour permettre au pilote d’éclairer si jamais il trouvait… y’était capable de prouver qu’y’avait descendu un sous-marin, ou qu’ y’avait anéanti un sous-marin. Fallait qu’y’apporte une photo de ça. Autrement, il pouvait pas prétendre avoir… arriver à la station pis dire : « Ah ben moi j’ai coulé un sous-marin. » Fallait… ça prenait une preuve.Eux autres, y’avaient un système de radar qui pouvait leur… les guider quand ils pensaient qu’y’avait des, un sous-marin. Là, y’envoyaient des charges de profondeur. Oui, parce qu’en-dessous de l’avion là, y’avait, c’était pas des bombes, c’était des charges de profondeur. Si y’avait un sous-marin là qui était atteint par les charges de profondeur, soit qu’il remonte à la surface ou qu’y’a des taches d’huile seulement qui remontent, parce que c’est détruit dans le fond.Là, à ce moment-là là, c’est là que les projecteurs rentrent en ligne de compte parce qu’ils peuvent dire : « J’ai coulé un sous-marin. » ou « J’ai attra… frapper un sous-marin. »Mais ils volaient de moins en moins parce que y’avait de moins en moins… il restait plus quasiment de sous-marins là autour de l’Angleterre. Eux autres, leurs patrouilles, ils la faisaient quand même, elle durait dix heures de temps la patrouille qu’ils faisaient au-dessus de, au-dessus de la mer d’Irlande, l’Atlantique, la baie de Biskay, puis tout ça là… Mais ils voyaient pas de sous-marins. Apparemment, ils volaient à peu près à deux cents pieds au-dessus de l’océan, tout le temps. Fait que ça devait être triste à mort de rester enfermé dans (rires), dans un avion comme ça là, pendant dix heures de temps.