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Description
À la guerre, les difficultés sont multiples. M. Leblanc nous raconte ici comment la survie passait souvent par la débrouillardise, tout en menant parfois aux regrets.
Léonard Leblanc
Seul volontaire de sa nombreuse fratrie, monsieur Leblanc arrive en France comme renfort du Régiment de la Chaudière à l’été 1944. De là, il termine la campagne de Normandie et participe à de nombreuses batailles (dont l’Escaut) tout en traversant à pied la Belgique et les Pays-Bas. C’est justement aux Pays-Bas que lui et les survivants de sa compagnie sont faits prisonniers, à la suite d’un combat à découvert. Il est incarcéré neuf jours en Belgique avant d’être libéré par les Alliés. Il reprend ensuite le combat et termine la campagne des Pays-Bas. Il se trouve en Allemagne à la capitulation inconditionnelle des Allemands. Il demeure cependant six mois de plus en Europe avec les forces d’occupation avant de revenir au pays. À son retour il quitte l’armée et se marie, mais décide de s’enrôler de nouveau plusieurs années plus tard. Il participe alors à la contribution des Forces Canadienne aux efforts de l’OTAN en Europe (Allemagne).
Transcription
On mangeait pas toujours. Y’a des fois qu’ils réussissaient pas. On avait un cuisinier qui nous suivait, cuisine… des fois, des fois c’était pas possible de nous… On a, on a eu faim.On avait faim une journée, on a pris un… chez un fermier… c’était pas correct, en tout cas… un beau cochon. On l’a tué pis, dans une maison, on l’avait… y’avait un beau poêle, un beau poêle, le dessus là… pas de rond là, juste toute, toute, bon. Et puis on l’a mangé de même là, tout cuit sur le feu, sur le… Ouais.Ça fait du bien, mais moins de bien pour le fermier pis à son cochon.Pis j’me rappelle aussi, une fois, je… d’avoir été, la nuit, volé un cochon, un petit cochon. J’avais un gun pis je l’ai tiré, un tout p’tit. Pis j’l’ai emporté. Ah oui. Toutes sortes de choses.On a eu faim pis on a eu soif. Le pire c’est la soif. Parce que faut, faut pas boire n’importe… on, on a toujours soif, faut pas boire n’importe où. L’eau peut être empoisonnée. Fait que c’est très dur la soif.J’me rappelle. On a passé, une fois, on a passé une fois dans une maison. Pis on était dans, on était dans, au grenier, dans un lit, toutes nos… trois, quatre soldats avec nos bottes pleines de vase dans le lit. Pis j’avais, j’avais un gun. Là-bas toutes les couvertures sont faites en, en tôle, en grès. Boum ! Y’a (inaudible) un trou dans le gre…C’pour dire, c’était pas correct, ce qu’on a fait là, là. Pauvres gens-là, hein. En tout cas… Y’avait personne là. Y’avaient… y’ont dû s’enfuir.J’ai traversé, une fois là, dans un champ de labour… un champ de labour, t’sais un labour là… c’était mouillé. Tu viens les pieds à peu près gros de même de vase, tombé à pleine face dans la vase, pis ils te tirent dessus…C’est pas drôle.