Seul survivant

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Description

Après un torpillage en haute mer, aveuglé et seul survivant d’un équipage de 117, M. Gagné nous raconte sa dérive et son sauvetage.

Nova Alfred Gagné

La fibre militaire semble être dans la famille Gagné. Le père de M. Gagné était vétéran de la Première Guerre mondiale, tandis que lui et la majorité des ses nombreux frères prennent part à la Seconde Guerre mondiale, et même à la Guerre de Corée. Une fois enrôlé, il se retrouve à St. John’s, Terre-Neuve, afin de faire son apprentissage d’adjoint médical des Forces navales. La corvette à bord de laquelle il sert, forme et protège des convois marchands, lutte contre les U-Boots allemands, prend part au jour J et traverse maintes fois l’Océan atlantique avant d’être coulée le 28 novembre 1944, jour de la fête de M. Gagné. Aveuglé lors de ce torpillage, ce sera pour lui la fin de ses rêves de chirurgien ainsi que de sa carrière militaire.

Transcription

Pis là, quand j’étais à l’eau là, je voyais rien. Et fait que je commençais à nager alentour pis j’ai frappé quelque chose devant moi. J’y ai touché. C’était un… c’était un bateau, un radeau. Fait que j’ai été par en arrière pis j’ai embarqué dedans. Y’avait personne d’autre dedans. Fait que je me suis couché dans le fond. Mais j’ai dit : « Au cas où le sous-marin monte. » Comme que j’avais déjà entendu qu’ils font. Y’ont monté pis y’ont commencé à mitrailler les seuls qui étaient dans l’eau. Mais moi, ils m’ont pas vu moi, dans le (inaudible) de bateau, de radeau-là. J’ai resté là.Là j’étais dans le courant. Le courant m’a emmené dans le sud, juste en dehors de Miami. J’ai été en Floride, mais j’ai pas été là en vacances par exemple.J’ai été ramassé par un Light Cruiser américain, et puis j’étais presque mort, dix jours après que j’ai eu… que j’ai été torpillé.J’étais blessé pis… C’est de l’eau, quand il pleuvait, j’enlevais ma casquette, prenais un p’tit peu d’eau pis j’le buvais. Ben du manger… j’étais étendu dans le fond du bateau pis j’ai senti quequ’chose qui a sauté su’moi. Pis j’ai pogné ça vite ! C’était un flying fish. Un p’tit poisson. Pis je l’ai mangé cru. Demande à ma femme. J’en mange pus de poisson ! Jamais ! (rires)Interviewer : Je vous blâme pas.Je l’ai mangé cru. Quand que t’as faim, t’as faim.Fait que là, ils m’ont ramassé pis ils m’ont ramené à Halifax. Là à Halifax, j’ai été à l’hôpital, ils m’ont traité pis ils m’ont traité, pis ils m’ont patché icitte, ils m’ont patché là pis… Finalement, ils m’ont envoyé à’maison, pis ils m’ont dit : « Va t’en. Y’a rien à faire, pour toi. Tes jours dans’marine sont finis. »

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