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Description
M. Doiron parle de nourriture au front et que bien qu’ils n’avaient pas des repas très élaborés, la soif les affectait plus que la faim.
Edgar Doiron
M. Doiron est né à Shippagan au Nouveau-Brunswick. Son père était pêcheur et il passait ses vacances à ramasser des huîtres et des bleuets. De 14 à 19 ans, il a travaillé sur des chantiers. Lorsque vient le temps de s’enrôler, l’armée vient recruter à l’église de Shippagan. M. Doiron et ses amis s’y rendent sans le dire à leur famille. Petit et léger, le jeune Edgar Doiron doit convaincre les médecins qu’il est assez fort et qu’il prendra du poids afin d’être accepté. Seul de sa famille ayant traversé en Europe, il a participé à des batailles importantes en France, en Belgique et en Hollande, dont le jour J. Ses récits sont souvent touchants et portent à réflexion.
Transcription
La nourriture au champ de bataille, c'était des biscuits, ils appelaient ça des biscuits hard tack. Un paquet de biscuits, on mettait ça dans nos poches. Si tu regardes ma photo militaire, tu vas voir les poches. Ils appelaient ça hard tack parce que tu pouvais le mettre sur un plancher, passer un jeep dessus et ça cassait pas. Tu le mettais dans ta bouche, ça fondait un petit peu, tu le cassait. Et puis des cannes de corned beef que tu achètes dans les groceries.
Intervieweur : Donc des biscuits secs et du corned beef ?
C'était pour conserver, mais c'était, j'ai encore toutes mes dents, ça a pas trop brisé mes dents !
Intervieweur : Est-ce que vous pouviez boire quelque chose de chaud sur le champ de bataille ?
De chaud, non. C'était rare. Quand tu allais en arrière, ils nous faisaient des repas des fois, une journée. Non, au champ de bataille c'était plutôt l'eau, qu'on meurt de soif avant la faim, parce qu'on avait toujours soif. C'était toujours percé, notre bouteille. Quand on allait, les tanks avaient toujours de l'eau. Quand on allait, il fallait ôter notre doublure de chapeau, ils nous mettaient de l'eau, on prenait de l'eau. Après que tu avais bu, il fallait la jeter parce que tu remettais ton chapeau. On avait encore soif. On peut pas dire, la souffrance on a eu, mais la faim, non, on avait pas toujours le goût de manger.