La mort sur le champ de bataille

Attention!

Cette vidéo contient des scènes au contenu graphique qui pourraient choquer, et est réservée à un auditoire averti.

Video file

Description

M. Gauthier parle des circonstances du décès de deux camarades qui sont morts sur le champ de bataille.

Maurice Gauthier

Maurice Gauthier est né en 1924 à Hull, au Québec. Il a grandi sur une ferme à Cantley, un village irlandais où il a appris l’anglais. M. Gauthier s’est enrôlé en août 1944 à Ottawa. Il a servi avec les Fusiliers Mont-Royal en Belgique, en Allemagne et en Hollande.

Transcription

Je n'ai pas été blessé gravement. Un fois c'était ma main, j'avais frappé je ne me rappelle pas c'était quoi, mais pas blessé de balles ou de rien de même. L'explosion, une chance que j'avais le steel helmet de mon frère, elle m'a sonné tout ça, mais si ça avait pas été de ça, drette là, ça aurait été fini. Intervieweur : Est-ce qu'il y a des camarades à vous qui ont été blessés? Oui, il y en a deux qui sont morts. Quand on a rentré sur le bord de l'Allemagne, il y avait deux villes, Calcar et puis Goch, c'est là qu'on était sur des tanks. Il y en a un, un chum, un gars qu'on connaissait bien, c’était pas réellement mon chum de bataille, mais c'était un ami qu'on connaissait bien, parce qu'il nous disait souvent, il s'ennuyait, moi je lui disais pense pas au Canada, tu es rendu ici, sur le champ de bataille, pense à ça. Ah oui, mais j'ai de la misère. En fin du compte, lui, je ne sais pas comment c'est arrivé, il a tombé en bas du tank, il s'est fait tirer, après ça un autre tank a passé par-dessus lui. Après ça, un peu plus loin, j'essaie de m'imaginer où c'était, mais je sais que c'était en Hollande, on avait avancé un bon bout, puis là, il y avait un tank, arrêté, un carrier. Les soldats, direct, eux autres, ils avançaient, mais là, rendu à un bout, tout à coup ils se ramassaient là. Je me disais à moi-même, il y en a plusieurs, tout ce qu'ils ont à faire c'est de lâcher une bombe. Le commandant disait d'avancer, il y avait un champ par exemple, je dirais pas mal grand. C'était labouré et puis ça te collait après les pieds. Ça fait que moi je dis, il y avait un officier, j'ai dit s'il y a personne qui part, moi j'y vais, je traverse seul, je ne suis pas pour rester ici. Il dit c'est ça qu'on veut mais ça ne grouille pas. Ça fait que j'ai traversé. Quand j'ai commencé à traverser, là ça a commencé à suivre. J'ai traversé. J'étais rendu à peu près à la moitié et tout d'un coup, eux autre tiraient de loin, mais celle-là est venue et a frappé la bouette et m'a envoyé ça quasiment en plein visage. Là j'ai fait un saut et puis là j'ai crawlé je ne sais pas comment loin, j'ai remonté et là j'ai commencé à courir encore. Parce que quand tu t'en vas tout croche, surtout si tu te lances à terre et tu te relèves plus loin, ils ne savent plus. En tout cas, je suis venu à bout de passer. Rendu l'autre bord, on était pas encore à l'abri, mais on est venus à bout de prendre notre position et un coup qu'on a pris notre position. Là on s'est creuser tout de suite, on a dit il va bien y avoir une contre-attaque. Et puis on a été chanceux parce que l'autre brigade a passé au travers et a continué, ça fait que on avait pris notre position. Dans ce bout là, il y en a un autre, Fortin, ça c'était un de mes chums, je le connaissais pas mal bien, lui aussi il s'est fait tuer. Il s'est fait tirer et il avait des grenades incendiaires. On avait des grenades, ce qu'ils appelaient des ananas, des pineapple, on avait ceux-là et les incendiaires aussi. Ça a l'air que c'est une balle incendiaire qui l'a frappé. Un coup que ça l'a frappé, ça l'a allumé, il a brûlé avec ça. Quand j'ai été en 2005, j'ai bien vu, son nom est au cimetière. C'est les seuls deux que je me rappelle de proche. Il y en avait d'autres de mes chums qui se sont peut-être bien fait tuer, mais ils étaient pas tous dans le régiment Fusiliers Mont-Royal.

Catégories