Patrouiller à Kure et Tokyo

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Description

M. Labelle décrit son rôle de patrouilleur avec la police des ports à Kure et Tokyo.

Marcel Labelle

Monsieur Labelle est né en 1933 à Montréal. Son père a servi lors de la Seconde Guerre mondiale et M. Labelle a donc dès son jeune âge été exposé à la vie militaire. Il s’est enrôlé en 1949 à 16 ans et a ensuite joint le Corps de prévôté canadien. Il a servi au Japon durant la guerre de Corée, ensuite en Allemagne, au Congo et à Chypre, durant sa carrière militaire de 27 ans avec les Forces armées canadiennes.

Transcription

Intervieweur : Parlez-moi d'une journée, c'était quoi votre rôle là-bas, expliquez-moi ce que vous faisiez.

Moi ma tâche en arrivant, parce qu'il y avait beaucoup de tâches. Le gardien à la guérite, un qui était chauffeur d'un commandant, d'un officier, l'autre était patrouilleur le soir, le jour. Il y avait des enquêtes d'accidents aussi, dans notre section. Ensuite on avait un 5 tonnes pour aller ramasser les prostituées le soir, parce que ça prenait une carte d'inspection d'un médecin. Si elles avaient pas de cartes, elles embarquaient. J'ai fait ça une fois. Ma tâche là-bas, moi je travaillais au port. Port police, police des ports, on vérifiait les cargaisons de bateaux de militaires qui venaient. Ensuite on faisait de la patrouille autour des bateaux, on avait un yacht, tout, mais ce n’est pas nous autres qui le conduisait, c'était les Japonais. On avait une guérite, on s'occupait de la guérite. T'avais la patrouille d'intérieur, tu « checkais » la cargaison des bateaux, t'allais dans les cales vérifier. C’est pas mal tout.

Intervieweur : Est-ce que vous étiez en contact seulement avec les Canadiens ou il y avait d'autres nationalités?

Non, moi je travaillais toujours avec un Anglais, un Britannique, un « Red Cap ». On s'entendait, ça marchait très bien. Entre nous autres oui. Avec les « boss », on les voyait pas.

Intervieweur : Là ou vous étiez, est-ce qu'il y avait des Canadiens?

Non, Kure c'était plutôt une base d'entrainement plus hôpital. C'était le quartier général de toute la police militaire de tout, même de la Corée au complet.

Intervieweur : Vous êtes resté combien de temps au Japon?

Huit mois. Dans le temps que j'étais à Kure, à la police des ports, j'avais fait une demande pour aller à Tokyo. lls ont dit, tu peux pas y aller. Nous autres ça fait des mois qu'on essaie. J'ai dit, je vais essayer, moi Je l'ai eu, vu que moi j'étais bilingue. Je me suis ramasser à Tokyo, j'ai fait 5 mois. Trois mois à Kure et 5 mois-là. J'étais heureux.

Intervieweur : Est-ce que vos tâches étaient différentes à Tokyo?

Oui, police de port, patrouilleur, on « checkait » les bars, vérifiais beaucoup de bars, voir s'il y avait de la chicane. On « checkait » aussi les maisons de débauche, les bordels, excusez le terme. Il y avait un secteur, un grand grand secteur de bordel dans ce temps-là. C'était marqué « Hors limite pour les troupes alliées ». Nous autres notre job était d'aller « checker » là pour être certain qu'il n'y a pas de Canadien, pas d'Américain ou quoi que ce soit, pas de militaires dans le secteur.

Intervieweur : Et c'est arrivé que vous en avez trouvé?

Jamais.

Intervieweur : Pourquoi, c'était trop dangereux d'aller dans cette section-là?

Non, c'était réserve seulement pour les Japonais.

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