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Description
Monsieur Ibaceta-Carter raconte un événement très fort en émotions lors de sa première sortie en convoi dans un véhicule blindé en Afghanistan.
Pedro Ibaceta-Carter
Monsieur Ibaceta-Carter est né à Santiago au Chili et sa famille a émigré au Canada. Il s’est enrôlé dans la réserve des Forces armées canadiennes comme cuisinier au milieu de la vingtaine. Il est ensuite devenu technicien en approvisionnement avec la force régulière. Porter l’uniforme a toujours été une grande source de fierté. Il a servi 13 ans avec les Forces armées canadiennes et a été déployé entre autres quatre fois en Afghanistan.
Transcription
J’ai sorti au premier convoi et le véhicule blindé a tombé malheureusement en panne. En pleine ville. C’est un stress énorme, on a dû débarquer et tout notre entrainement est venu comme si on l’avait toujours vécu. Je crois qu’on avait arrêté, tout le monde, les Afghans, on se faisait regarder et tout le monde venait vers nous, les habitants, tout le monde prenait un téléphone. On avait peur parce que le téléphone c’est l’activation des bombes IED. Le stress a monté. Mais le mode « les gars, attention » on est en mode danger est activé. J’ai vu un enfant venir, en courant, il criait « water, water, water ». On m’a demandé de le tirer parce que ça pouvait être une bombe, un kamikaze. C’est comme ça que ça fonctionnait. J’ai pas été capable de le tirer. J’ai bloqué. J’ai mis en danger le convoi, mais je remercie le bon dieu. Tout est rentré en ordre. Suite à cet incident-là, on embarque dans le blindé et on se pose mille et une questions sur la vie. Je ne sais pas si c’est la peur, l’orgueil, je n’ai aucune idée c’est quoi le sentiment qu’on sent. La seule chose qu’on veut, c’est que ça arrive plus, qu’il n’y ait pas d’attaque, et on veut rentrer chez nous. Et on pense que ça a duré une éternité alors que 10 minutes, dans notre cerveau, c’est comme 60 minutes. Quand on arrive au camp, c’est incroyable comme on est épuisé. C’est comme si on avait fait la guerre. Juste pour un instant, un instant parce que j’ai pas pu tuer un enfant, et parce que je n’ai pas voulu, aujourd’hui, je suis fier. Je suis fier de faire partie de l’Armée canadienne parce que, oui, c’est normal que j’ai suivi certains « briefings » par rapport à la situation, parce que j’ai mis en danger l’équipe, mais pas plus que ça, quand même, je me suis rendu compte que L’Armée canadienne avait un bon sens.