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Description
Sans le savoir, le grand-père de Corinne Sévigny aurait hébergé un espion allemand avant que n’éclate la guerre de 1914-1918.
Corinne Sévigny
Mme Sévigny (née Kernan) est née à Montréal le 26 mai 1924. Elle s’enrôle dans le Service féminin de l’Armée canadienne (qu’on appelait souvent les CWAC, acronyme de Canadian Women’s Army Corps) en 1943. Elle fera sa formation militaire de base à Kitchener. Elle occupera différentes fonctions dans l’armée : elle travaillera aux transports, elle sera instructrice et officier recruteur. Agissant aussi à titre d’officier d’information au sein d’une équipe de liaison avec la presse, elle assistera à la conférence de Québec réunissant Roosevelt, Mackenzie King et Churchill. Fait intéressant, son père, un américain d’origine, était un ami d’enfance de Roosevelt. Elle se mariera avec Pierre Sévigny, capitaine d’artillerie du 4th Medium Regiment. Ce dernier deviendra ministre de la défense au sein du gouvernement Diefenbaker.
Transcription
Un espion chez grand-papa? Mon oncle, Arthur, le juge Arthur Fitzpatrick, était, avait été, pas blessé, avait eu de la tuberculose des os. Il marchait très mal. Et il avait été envoyé à New York et quand le Noël est arrivé, il a appelé grand-papa et il a demandé à grand-papa si il pourrait amener un ami de l’hôpital, un très gentil Allemand, Von Rippentrop, pour les fêtes. Et Von Rippentrop est revenu et a demeuré chez mes grands-parents. Grand-papa, éventuellement, est parti pour La Haie. Von Rippentrop ne partait pas. Maman était seule dans la maison avec lui et elle aimait pas trop ça. Un soir, maman est revenue de La Malbaie, elle est allée chez elle et elle a trouvé Von Pippentrop qui fouillait dans les papiers de mon grand-père. Elle a jamais su pourquoi, il a jamais répondu, il a dit « ah, je cherchait quelque chose que j’avais oublié pis j’avais la clé alors j’ai pensé la chercher ». Après ça commençait la guerre, ça c’est peut-être en juin 1914. Le jour de la déclaration de la guerre, Von Rippentrop jouait au tennis avec mon oncle, avec elle, au Tennis Club d’Ottawa, à onze heures moins quart du matin. À onze heures moins dix, il a eu un téléphone longue distance et il n’a jamais été revu à Ottawa. À onze heures la guerre était déclarée. Maman a toujours dit, si il était là comme espion, il a fait ça dans la salle de bain. Il parait qu’il passait deux heures de temps dans la salle de bain tous les matins, puis ils avaient rien qu’une salle de bain au troisième étage. Elle, lui pis moman. Mais, personne le sait. Quelques années plus tardMaman l’a revu. Il était ambassadeur à Londres, en 1938. Et elle est allée prendre le thé avec lui. Il lui a dit à ce moment-là : « I never thought that Canada would fight for the British, and even less for the French ». Est-ce que c’était vraiment sa pensée, ou… je peux pas vous le dire, mais ça a été dit. Et comme je vous dis, on est parti, on est parti, l’ambassade nous a demandé de partir parce qu’ils disaient que la guerre c’était… ils disaient que la guerre allait être déclarée. En 1938, septembre 1938.