Attention!
Cette vidéo contient des scènes au contenu graphique qui pourraient choquer, et est réservée à un auditoire averti.
Description
Collection d'entrevues avec des vétérans des Forces armées canadiennes racontant leur expérience du service militaire en Somalie. Les vétérans de ce vidéo sont : Robert Campbell, David McCardle et Mark Rutherford.
Transcription
Le rôle du Canada à ce moment visait à essayer de rapprocher les clans puisqu’il y avait 15 différents clans en Somalie, et chacun d’eux affirmait diriger le pays.
On était très bien informés. On s’attendait à la chaleur, à la poussière, aux maladies, aux camps de réfugiés. Mais la façon dont les clans traitaient les gens : ç’a été un choc.
J’ai vu des choses qu’aucun Canadien n’était habitué de voir. C’était honteux de savoir qu’on avait nos rations, notre nourriture; puis ensuite, on prenait notre voiture, et on voyait des enfants de 10 ou 11 ans qui avaient le ventre vide - on avait l’impression que si on touchait à leur nombril, on toucherait à leur colonne vertébrale. Il y avait des choses qui n’étaient pas belles à voir. Oui, on avait reçu une formation et oui, on avait vu des films, mais la réalité n’est pas comme dans les jeux vidéo.
On a accompli beaucoup - infrastructures, services de police et d’incendie, hôpitaux, églises, écoles; et on a aussi apporté la stabilité dans la région. Les gens ont bénéficier des opérations de secours.
On offrait de l’aide aux civils, on s’occupait de convois de nourriture fournis par certains organismes mondiaux de la santé. On était responsables de ces convois du moment où ils arrivaient sur le quai jusqu’à ce qu’ils soient distribués aux gens des villages. On devait souvent rester jusqu’à ce qu’ils soient distribués parce que des membres des clans pouvaient les prendre des mains des villageois ou bien en volait dans les entrepôts, et les villageois ne pouvaient plus en bénéficier.
Je me souviens d’un dentiste; j’étais àces côtés dans le bateau pendant à peu près 12 à 14 heures pendant qu’il faisait des examens à des enfants somaliens. On donnait des brosses à dents, de la pâte à dent et de la nourriture... On a fait des choses particulièrement exceptionnelles dans le bateau et sur le quai.
Un jour on a donné des rations à un jeune homme. C’était le traducteur du village. On était toujours réticent par rapport aux rations sèches; c’est des sachets qu’on fait bouillir, c’est fade, sans goût. Lui, il nous a regardés et a dit : « Ça nourrira ma famille pendant quatre jours. », alors que nous, on n’aime pas vraiment ça, et que ça représente juste un repas pour un Canadien.
Je ne veux pas entrer dans les détails, mais j’aurais aimé que les incidents qui se sont produits en mars ne soient jamais arrivés. Les Forces canadiennes seraient différentes si ça ne s’était pas produit, mais bon, on doit faire avec. Quelqu’un est allé trop loin et ça n’aurait jamais dû arriver. Je ne veux blâmer personne mais... Pour être franc, je n’ai jamais compris comment ç’a pu se produire.
Un groupe important a fait beaucoup de bien, et ce n’est pas mentionné. On a fait de belles choses pour la Somalie. C’était l’une de mes expériences les plus enrichissantes dans l’armée, mais c’était aussi l’une des expériences qui m’a le plus ouvert les yeux...