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Description
Au camp de prisonniers Stalag VIII B, les Canadiens passent plusieurs mois d’hiver enchaînés. M. Fraser nous raconte pourquoi.
Arthur Fraser
Enrôlé chez les Fusiliers Mont-Royal à l’âge de dix-sept ans, Monsieur Fraser monte la garde à l’aéroport de Saint-Hubert jusqu’à son dix-huitième anniversaire, car on lui interdit d’aller au front outre-mer si jeune. Puis il se retrouve en Angleterre où il participe à une formation de commando avant d’être mobilisé pour le raid de Dieppe. À Dieppe, il est fait prisonnier et se retrouve au camp de prisonniers Stalag VIII B. Là, il pratique le marché noir de nourriture afin de survivre. Il va ensuite aux travaux forcés dans des mines de charbon en Pologne, mais comme il a caché sa véritable identité, il est renvoyé en Allemagne au camp Stalag II D, où il travaille à la ferme. Il s’évade et survit en forêt quelque temps avant que les Américains et les Russes occupent l’Allemagne et qu’il puisse retourner à la maison.
Transcription
Quand… ç’a pris deux semaines ou trois semaines, le commandant allemand nous a toutes faits venir dehors, toutes les gars de Dieppe, puis il nous a lu une lettre que les Allemands avaient envoyée, par l’entremise de la Croix-Rouge, à l’Angleterre, demander aux Anglais de s’excuser de qu’est-ce qu’ils avaient faite sur la Manche de Dieppe. Les ordres étaient, nous autres, on avait toutes un fil numéro dix, que si on prenait un prisonnier allemand, tu y’attachais les deux pouces pis tu y mettais les deux mains en arrière. Ça, ç’a été faite.Alors l’Allemand, il dit : « On a demandé aux Anglais de s’excuser pour ça pis les Anglais ont pas voulu. » Alors, il dit : « Comme représailles, on va toutes vous attacher. »Mais en premier, on a pas eu les chaînes. On était attaché par des cordes, en croix comme ça. Le premier trois mois, c’était jour et nuit qu’on était attaché comme ça. On allait aux toilettes attaché, pis ainsi de suite. On mangeait comme ça.Alors la Croix-Rouge internationale, après trois mois, est venue pis y’ont faite l’inspection de nos… des soldats. Pis ils se sont aperçus que les soldats avaient les mains plein de bobos, les poignets pis ces affaires-là. Pis y’ont dit aux Allemands : « Faut vous trouviez un autre moyen pour ça. »Fait que c’est là qu’y’ont sorti les chaînes. Avec les chaînes on était mieux. Parce que les chaînes, on pouvait mettre nos mains dans nos poches, tandis qu’avec les cordes on pouvait pas.Pis en hiver, on avait deux appels par jour. Tu savais à quelle heure que t’allais à ton appel, mais tu savais pas quand est-ce que y’était pour finir. Parce qu’eux autres le plus long… Pis on n’était pas habillé en hiver là. On était habillé comme on avait débarqué à Dieppe. Alors c’était, c’était froid là. Il faisait froid. Pis on n’avait pas de gants pis rien.Dans les baraques, l’hiver, on avait droit à deux petites chaudières de charbon pour nous réchauffer. Puis le poêle, c’étaient des poêles en, en granit, un genre de granit, pis ça jetait pas grand chaleur ça. En tous cas, tu gelais en maudit.