Année d’enrôlement :
- 2009
Affectations :
- 2009-2014 : Chilliwack (C.-B.) (Services généraux, Section des enquêtes générales, Section antidrogue)
- 2014-2018 : Yellowknife (T.N.-O.) (Services généraux, Groupe de la réduction de la criminalité, Groupe des enquêtes fédérales – Division G)
- 2018-2019 : Détachement de Sipekne’katik (Indian Brook)
- 2019-2025 : Halifax (N.-É.) (Section de la sécurité routière du Sud-Est, Groupe des communications stratégiques, Division H)
Avertissement : Cette histoire comporte des discussions sur l’ESPT et des événements traumatisants et violents qui pourraient bouleverser certains lecteurs. Pour un public averti.
S’engager dans la GRC
Bryan Martell a eu une enfance idéale, ayant grandi dans le quartier Spryfield, à Halifax, en Nouvelle-Écosse. Il jouait au hockey, était un excellent capitaine d’équipe et rêvait de devenir enseignant.
Mais au milieu de son programme d’études, il a changé d’idée. Il aimait exercer un rôle de leadership, mais il voulait une carrière plus dynamique et stimulante. Il a donc décidé de présenter sa candidature à la Gendarmerie royale du Canada (GRC).
« Ça me semblait être une bonne manière d’avoir une carrière stimulante et de voyager dans le pays. »
Travailler au sein de la GRC
En août 2008, Bryan est arrivé à la Division Dépôt de Regina, en Saskatchewan, et s’est immédiatement senti à sa place.
Au début de son entraînement, il a assisté à une cérémonie commémorative en hommage aux agents de la paix. On y mettait en évidence les risques liés à son métier, ce qui a renforcé les liens de camaraderie entre lui et les autres recrues.
« J’ai pu travailler avec eux tous dans différents endroits du pays et je les vois encore régulièrement. »
Après avoir obtenu son diplôme à la Division Dépôt en février 2009, Bryan a commencé sa carrière à la GRC à Chilliwack, en Colombie-Britannique. Chaque jour, il intervenait sur le terrain pour répondre à des incidents, au son des sirènes et avec des armes à feu dégainées.
Malgré le danger, c’était tout ce qu’il avait toujours souhaité.
« Nous étions constamment en train de courir et nous faisions juste des choses stimulantes. C’était exactement comme ça que j’avais imaginé la police. »
Les conséquences du travail
Après quelques années de carrière, les répercussions de son travail ont commencé à se faire sentir.
Pendant une patrouille de routine à Chilliwack, on a demandé à Bryan et à son partenaire de se rendre à une résidence pour mettre fin à une agression. Lorsqu’ils sont arrivés, il a vu l’horreur : une mineure se faisait agresser par son beau-père.
Même s’ils ont mis fin à l’agression, l’incident l’a traumatisé.
« On sait que ce genre de chose arrive dans le monde, mais le voir en vrai, c’est une tout autre histoire. »
Au fil de ses affectations aux quatre coins du Canada, Bryan traînait ses traumatismes avec lui. Travailler comme agent de police est devenu difficile, puisqu’il faisait face à des situations plus stressantes.
Ses relations familiales sont aussi devenues tendues. Il ne parlait pas de ses difficultés à sa femme et ne lisait plus d’histoires à ses filles avant qu’elles s’endorment.
Il a pris rendez-vous avec un psychologue, qui lui a posé un diagnostic d’ESPT, de dépression et d’anxiété. Il a dit qu’il voulait se rétablir pour sa famille, mais avec son travail, il sentait que ce serait impossible.
« Je n’avais jamais envie d’aller au travail, parce que j’avais peur de ce qui allait arriver ce jour-là, ce qui allait nuire à ma guérison. »
Trouver de l’aide
En 2022, un collègue de Bryan lui a demandé s’il avait un dossier à Anciens Combattants Canada (ACC). Bryan lui a demandé ce qu’il voulait dire, puis son collègue lui a suggéré d’appeler pour en savoir plus sur les avantages auxquels il pourrait avoir droit.
Prêt à reprendre sa vie en main, Bryan a appelé ACC. On lui a offert la possibilité d’aller au Newly Institute, une clinique de santé mentale à Fredericton, au Nouveau-Brunswick, qui offre de la psychothérapie avec soutien médical à des patients souffrant de problèmes de santé mentale, de dépendance ou de douleur. Dans cette clinique, il a suivi un programme de traitement de l’ESPT pendant deux mois, au sein d’un groupe composé d’autres membres de la GRC et de vétérans, où il a pu faire part de ses expériences.
Pour la première fois de sa carrière, il a dit qu’il ne se sentait pas seul.
« Le fait de rencontrer des personnes qui étaient aux prises avec les mêmes problèmes… ça a changé beaucoup de choses pour moi. »
Il a commencé à s’ouvrir davantage, à se confier à sa femme et à d’autres personnes concernant ses expériences. Il a instauré une tradition avec ses filles : il leur pose une question chaque soir avant qu’elles aillent se coucher.
Grâce à tout cela, il a commencé à affronter ses traumatismes et s’est enfin senti comme la figure paternelle qu’il a toujours voulu être.
« Cela m’a permis de revenir en arrière et d’avoir un lien avec mes filles, d’une façon qui me semblait impossible avant. »
La vie après le service
En 2026, après 17 ans de service, Bryan a décidé de prendre sa retraite de la GRC, à la suite d’un bref congé pour raisons médicales.
Il se concentre maintenant sur sa guérison et sur sa famille, se tenant occupé en étant père au foyer pour ses filles. Il est l’entraîneur de l’équipe de ringuette de l’une de ses filles, accompagne son autre fille à ses cours d’équitation, et apprécie leurs vacances en famille à leur chalet du Cap-Breton, en Nouvelle-Écosse.
Il compte présenter des demandes d’emploi lorsqu’il sera prêt.
« Éventuellement, je vais… essayer de faire un travail qui est un peu plus en coulisses à un endroit, mais, pour l’instant, je m’en tiens à être un bon père. »
Il continue à s’investir dans sa communauté, en tant que membre du conseil d’administration de l’association de ringuette, et participe chaque année aux commémorations du jour du Souvenir à l’école de ses filles.
Il part aussi régulièrement en voyage de golf avec des collègues de la GRC. Bon nombre d’entre eux font face à des traumatismes semblables à ceux de Bryan. En jouant au golf, ils entretiennent leurs liens et guérissent ensemble.
« Ça nous touche tous, donc on se sert du golf comme thérapie de groupe après tout ça. »
Encore aujourd’hui, Bryan a recours aux avantages d’ACC pour soutenir sa guérison physique et mentale liée aux exigences rattachées à son emploi pour la GRC.
Malgré ses difficultés, il garde de bons souvenirs de son service, et il est optimiste quant au fait que les soins offerts par ACC aideront d’autres membres de la GRC sur la voie du rétablissement.
« Ça change une vie de pouvoir compter sur ces avantages. »
Avec courage, intégrité et loyauté, Bryan Martell a laissé sa trace. Il est l’un de nos vétérans canadiens. Découvrez d’autres histoires.
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