Le Canada et l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord - Feuillet historique

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Au fil des ans, l’un des rôles clés des militaires canadiens a été de se tenir aux côtés de nos alliés pour aider à défendre la paix et la sécurité internationales. L’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord (OTAN) a été créée en 1949 et cet important partenariat a perduré pendant des décennies dans un monde qui a subi de nombreux changements importants.

La guerre froide

Les origines de l’OTAN remontent aux années tumultueuses qui ont suivi la fin de la Seconde Guerre mondiale en 1945. Alors que l’Union soviétique avait été une puissance alliée majeure pendant le conflit, des tensions apparurent rapidement entre le régime soviétique communiste, qui cherchait à élargir son influence mondiale, et des pays démocratiques occidentaux comme les États-Unis, le Royaume-Uni, la France et le Canada.

Un « rideau de fer » s’abattit bientôt sur l’Europe centrale lorsque les pays libérés de l’occupation allemande par les forces soviétiques virent des gouvernements communistes prendre le pouvoir. Les idéologies opposées de l’Est et de l’Ouest se faisaient face de part et d’autre d’une frontière fortement armée. La mise au point d’armes nucléaires hautement destructrices au cours de cette période entraîna une augmentation exponentielle des enjeux d’un conflit éventuel. Cette impasse internationale qui débuta pendant la deuxième moitié des années 1940 et qui dura des décennies fut baptisée guerre froide au fil des ans.

CF-104 Starfighter

La naissance de l’OTAN

L’Organisation des Nations Unies fut créée en 1945 mais, malgré le rôle important qu’elle ait joué par la suite au sein de la communauté internationale, son pouvoir d’endiguer l’escalade de la guerre froide était limité. Des épisodes dramatiques, comme le blocus de Berlin de 1948-1949, contribuèrent à attiser la méfiance et les pays d’Europe occidentale et d’Amérique du Nord ressentirent de plus en plus le besoin de s’unir pour tenter de fournir un contrepoids à la menace communiste.

Créée le 4 avril 1949 avec la signature du Traité de l’Atlantique Nord à Washington, D.C., l’OTAN, cette alliance politique et militaire, fut formée afin de protéger la liberté de ses citoyens et défendre les principes de la démocratie et de l’État de droit. Le Canada joua un rôle de premier plan dans la création de l’OTAN et fut l’un de ses 12 membres fondateurs, avec à ses côtés les États-Unis, le Royaume-Uni, la France, la Belgique, le Danemark, l’Islande, l’Italie, le Luxembourg, la Norvège, les Pays-Bas et le Portugal.

Réaction du Canada

Immédiatement après la Seconde Guerre mondiale, le Canada décida de considérablement réduire ses effectifs militaires. Cependant, l’éclat de la guerre froide et le déclenchement de la guerre de Corée en 1950 (qui vit les forces communistes du Nord envahir le Sud démocratique) inquiétèrent notre gouvernement. Le Canada recruta des milliers de nouveaux soldats, marins et aviateurs pour défendre ses propres frontières et pour servir en Europe et dans l’océan Atlantique au sein des forces de l’OTAN. En fin de compte, des centaines de milliers de Canadiens prirent part aux efforts de notre pays pendant la guerre froide entre la fin des années 1940 et le début des années 1990.

Sur terre

Le premier déploiement important de notre armée en Europe dans le cadre de la guerre froide remonte à 1951, lorsque la 27e Brigade d’infanterie canadienne fut envoyée à Hanovre, en Allemagne de l’Ouest (elle s’installa ensuite dans la région de Soest en 1953). Un groupe-brigade canadien élargi fut plus tard mis sur pied dans les années 1950 avec des forces blindées supplémentaires. Les chars jouèrent un rôle important dans les plans de guerre de l’OTAN et le passage de Fulda (les basses terres entre l’Allemagne de l’Est et l’Allemagne de l’Ouest auraient été probablement utilisées pour les attaques soviétiques) deviendrait un terrain connu des troupes canadiennes. Au milieu des années 1960, le groupe-brigade canadien comprenait trois bataillons d’infanterie mécanisée, un escadron de reconnaissance équipé de véhicules blindés et d’hélicoptères, de l’artillerie et de vastes capacités de soutien logistique.

Le quartier général des forces terrestres canadiennes en Europe de l’Ouest déménagea à Lahr, en Allemagne de l’Ouest, à la fin des années 1960, et la taille et les capacités de notre armée à l’étranger varièrent pendant le reste de la guerre froide. Malgré tout, nos soldats continuèrent courageusement de servir jusqu’à la fin de la guerre froide, qui entraîna la dissolution du groupe-brigade canadien en 1993 et son rapatriement.

Des officiers canadiens

Dans les airs

La première Division aérienne de l’Aviation royale du Canada (ARC) fut établie en Europe de l’Ouest au début des années 1950. Elle était initialement composée de 12 escadrons stationnés dans deux bases en France (stations de l’ARC Marville et Grostenquin) et deux bases en Allemagne de l’Ouest (stations de l’ARC Zweibrücken et Baden-Soellingen). Des avions de combat canadiens patrouillaient le ciel avec les forces de l’OTAN, prêts à intercepter les bombardiers et les chasseurs ennemis et à appuyer les forces terrestres en cas d’affrontement actif. Les escadrons canadiens furent transférés hors de la France dans les années 1960 et la présence des forces aériennes de notre pays en Europe fut ensuite concentrée sur la base canadienne nouvellement construite à Lahr.

Au cours de plus de 40 ans de service au sein de l’OTAN, l’organisation et les capacités de la puissance aérienne de notre pays outre-mer ont évolué, mais des avions de guerre canadiens emblématiques de la guerre froide, comme le F-86 Sabre, le CF-104 Starfighter et le CF-18 Hornet, sont devenus familiers dans le ciel d’Europe.

Le Canada contribuait aussi de d’autres façons aux capacités aériennes de l’OTAN; d’ailleurs, notre pays  servit de terrain d’entraînement aux forces aériennes de nos alliés pendant des décennies. Étant donné que de nombreux pays européens membres de l’OTAN étaient relativement densément peuplés, les grands espaces du Canada constituaient une solution de rechange attrayante.

En mer

Pendant la guerre froide, la principale responsabilité de la Marine canadienne était de patrouiller l’océan Atlantique et d’assurer la défense contre les forces navales ennemies. C’était une affaire sérieuse, car les sous-marins nucléaires soviétiques pouvaient potentiellement utiliser leur caractère furtif pour atteindre les côtes de l’Amérique du Nord et lancer des attaques dévastatrices de missiles sans avertissement.

HMCS Charlottetown

Pour perfectionner leurs compétences, les navires de guerre canadiens se joignirent à la flotte de l’OTAN pour des exercices réguliers dans les eaux de l’océan Atlantique et de la mer Méditerranée. Parfois, la menace constante d’une guerre montait d’un cran, comme pendant la crise des missiles de Cuba au mois d’octobre 1962. Cette confrontation de la guerre froide concernant la présence de missiles soviétiques à Cuba fut probablement le moment où notre planète s’est le plus rapproché d’une véritable guerre nucléaire. Les navires de guerre et les aéronefs canadiens patrouillaient inlassablement l’Atlantique à la recherche d’activité navale soviétique durant cet épisode tendu.

De nombreux vétérans de la Marine canadienne se souviennent de leurs années de service en mer à bord de navires aussi robustes que nos destroyers de classe Tribal et nos frégates de classe St-Laurent, ainsi que de porte-avions comme les NCSM Magnificent et Bonaventure. Dans le ciel, des hélicoptères Sea King et des avions de patrouille à long rayon d’action, comme les Tracker, Argus et Aurora, patrouillaient les océans à l’affût des navires soviétiques qui sondaient nos défenses.

Après la guerre froide

La chute du mur de Berlin en 1989 a rapidement été suivie de la chute des régimes communistes en Union soviétique et en Europe orientale au début des années 1990. Bien que l’objectif initial de l’OTAN se soit estompé avec la fin de la guerre froide, il prouverait bientôt sa pertinence pour la stabilité internationale par de nouveaux moyens. L’OTAN a coordonné une force de sécurité multinationale dans les Balkans à la suite du conflit qui s’est déclenché après le démantèlement de la Yougoslavie. Des milliers de membres des Forces armées canadiennes ont contribué à rétablir la paix et ont participé aux activités de relèvement dans le cadre des missions de la Force de mise en œuvre (IFOR) et de la Force de stabilisation (SFOR) de l’OTAN à partir du milieu des années 1990.

L’OTAN a joué un rôle de premier plan dans les efforts militaires internationaux en Afghanistan à la suite des attaques terroristes du 11 septembre 2001. Plus de 40 000 membres des Forces armées canadiennes ont servi dans le théâtre d’opérations en Afghanistan entre 2001 et 2014, et la plupart l’ont fait dans le cadre de la Force internationale d’assistance à la sécurité (FIAS) de l’OTAN. La marine et l’aviation canadiennes ont également participé à la campagne de l’OTAN pour aider le peuple libyen à renverser le gouvernement du dictateur Mouammar Kadhafi en 2011.

Plus récemment, dans un rappel à l’objectif initial de l’Alliance, l’OTAN s’est montrée résolue à défendre la paix et la sécurité face aux nouvelles menaces en Europe centrale et orientale. L’armée, la marine et l’aviation canadiennes ont participé à des exercices de l’OTAN dans le cadre de l’opération Reassurance en Pologne, en Lettonie, en Roumanie et dans la mer Noire. Nos hommes et nos femmes en uniforme participent également à d’importantes initiatives de l’OTAN ailleurs dans le monde, notamment en jouant un rôle de premier plan dans une mission de formation en Iraq pour aider le pays à connaître une paix et une sécurité durables.

Malgré les nombreux changements qui se sont produits dans le monde depuis 1949, les principes qui sous-tendent l’OTAN sont toujours solides et la taille de l’Alliance s’est considérablement élargie. Aujourd’hui, on compte 29 pays membres et sept décennies plus tard, le Canada en demeure un collaborateur clé.

Le Programme Le Canada se souvient

Le programme Le Canada se souvient d’Anciens Combattants Canada incite tous les Canadiens et les Canadiennes à se renseigner sur les sacrifices et les réalisations de tous ceux et celles qui ont servi et qui continuent de servir leur pays en temps de guerre et en temps de paix. Il invite aussi les citoyens à prendre part aux activités commémoratives qui aident à préserver l’héritage qu’ils nous ont légué et à le transmettre aux générations à venir.

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