Les Forces armées canadiennes sur le plateau du Golan en Syrie

Introduction

Un gardien de la paix canadien utilisant de grosses jumelles dans un poste d’observation des Nations Unies sur le Plateau du Golan.

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Il n'est jamais facile de se trouver loin de chez soi et de sa famille, particulièrement quand votre travail vous amène dans un endroit hostile et isolé du globe où vous devez remplir vos fonctions entouré de barbelés, de tranchées et de ruines de conflits antérieurs entre deux farouches ennemis, dans une situation où la violence risque d'exploser. Or, pour les nombreux membres des Forces armées canadiennes qui ont servi dans la mission de paix des Nations Unies (ONU) sur le plateau du Golan en Syrie, ceci n'est pas un scénario hypothétique, c'est la réalité, et ils l'ont vécue.

La présence canadienne dans les hautes-terres qui séparent la Syrie d'Israël s'inscrit dans l'un des plus longs engagements internationaux auxquels participe le Canada. En effet, plus de 12 000 Canadiens ont servi en cet endroit depuis que la mission de paix de l'ONU y a débuté en 1974.

Les Canadiens vivent en paix depuis si longtemps qu'il leur est parfois difficile d'imaginer son absence, mais ceux qui ont servi en Syrie savent très bien combien elle est fragile et combien il est important de la protéger.

Syrie

La Syrie est un petit pays arabe qui compte environ 18 millions de personnes et qui se trouve au Moyen-Orient, sur la côte est de la Méditerranée. Une grande partie de l'histoire récente de la Syrie est caractérisée par les tensions et les remous politiques qui sont le lot de cette région instable depuis un demi-siècle. Des conflits ont éclaté de temps à autre entre les pays arabes et Israël, comme la guerre du Kippour en 1973, alors que la Syrie et l'Égypte ont affronté les forces israéliennes et qu'il a fallu un an pour qu'un accord de cessez-le-feu intervienne entre la Syrie et Israël.

Intervention du Canada et de la communauté internationale

En 1974, l'ONU a été appelée à créer une mission, la Force des Nations Unies chargée d'observer le désengagement (FNUOD), afin de superviser le plan du cessez-le-feu et de surveiller la situation par la suite.

Le plan prévoyait une zone tampon entre les forces des deux pays. Cette « zone de séparation », qui fait 80 kilomètres de longueur et entre un kilomètre et dix kilomètres de largeur, est presque entièrement située sur le plateau du Golan. Aucune présence militaire autre que les observateurs de l'ONU n'est admise à l'intérieur de cette zone spéciale et il y a, à l'extérieur de celle-ci, une « zone de limitation » où sont imposées des restrictions sur la présence et les activités militaires des forces israéliennes et syriennes.

Le rôle primordial des Canadiens en Syrie est d'assurer des services de transport, d'approvisionnement, d'entretien, de communication et d'autres services de soutien logistique aux forces de l'ONU qui sont sur place. Sans ces services essentiels, la grande force de paix de l'ONU ne pourrait pas poursuivre ses patrouilles ni les autres activités vitales qui permettent de stabiliser la région.

Statistiques

  • Le plateau du Golan est une région aride et inhospitalière où il n'est pas rare de rencontrer des serpents venimeux et d'autres dangers naturels. En certains endroits, le mercure peut atteindre 40° C en été, alors qu'en hiver il fait froid et qu'il peut pleuvoir ou neiger.
  • Le contingent de paix de l'ONU sur le plateau du Golan a parfois compté plus de 1 000 membres. Des dizaines de milliers de troupes ont en effet servi dans la région au fil des ans, et environ 40 membres de la force de l'ONU, dont quatre Canadiens, y sont morts dans le cadre des efforts de paix.

Héroïsme et bravoure

Les enjeux des missions de paix sont variés. En 1984, le lieutenant-colonel canadien Donald Ethell assurait provisoirement le commandement de la Force dans la région, quand il a vu aux délicats préparatifs de dernière minute d'un imposant échange de prisonniers et de victimes entre Israël et la Syrie. Le climat était tendu, et il y avait un risque sérieux de violence, mais le lcol Ethell a pu effectuer l'échange de plus de 300 prisonniers de guerre et dépouilles de soldats. Un an plus tard, il a organisé avec succès un autre échange d'environ 150 prisonniers.

Au cours de la guerre du Golfe en 1991, les forces de l'ONU stationnées sur le plateau du Golan étaient sur un pied d'alerte. Pendant un certain temps, les missiles Scud lancés d'Iraq en direction d'Israël survolaient la région presque toutes les nuits. Pour les Canadiens stationnés dans le territoire occupé de la Syrie, ce fut une période de tension et d'insomnie, car le plateau du Golan était encore une fois exposé aux périls de la guerre.

Cependant, les membres des Forces armées canadiennes qui servent dans les endroits éloignés et dangereux trouvent des moyens d'atténuer la tension. Sur le plateau du Golan, par exemple, le contingent canadien s'est doté d'une mascotte, le chien Digger. Celui-ci vit avec le peloton de maintenance et porte le titre de sergent honoraire. Il est avec le contingent depuis plus de 20 périodes de service, et il s'est même fait photographier avec M. Jean Chrétien quand celui-ci était premier ministre du Canada et qu'il a visité les troupes.

Sacrifices

Des gardiens de la paix canadiens suivent une formation contre les armes chimiques sur le Plateau du Golan.

La présence des troupes de l'ONU sur le plateau du Golan permet de prévenir le déclenchement d'hostilités sans limites entre Israël et la Syrie, mais le prix de cette trêve est élevé.

L'événement singulier qui a coûté le plus de vies canadiennes depuis que notre pays participe à des missions de paix internationales s'est en effet produit en Syrie. Neuf membres des Forces armées canadiennes faisant partie de la mission de paix de l'ONU en Égypte qui exécutaient un vol régulier d'approvisionnement à la mission sur le plateau du Golan ont été tués le 9 août 1974 quand leur appareil a été abattu dans une attaque au missile de la Syrie.

Le tir ennemi, les mines terrestres et les accidents de véhicule sont les dangers les plus manifestes dans les zones de conflit, mais ce sont loin d'être les seuls. Des troubles physiques et psychologiques découlant des conditions difficiles sont parfois un lourd tribut qui peut durer toute la vie.

Établir une base solide de paix durable dans une région déchirée par des années de dissension peut exiger beaucoup de temps. Comme les rotations sont habituellement de six mois, les Canadiens qui servent dans ces régions ne voient pas nécessairement le fruit de leur labeur pour la paix. En raison de la nature de ce travail, il faut parfois des années avant d'en voir et d'en comprendre les résultats, ce qui peut ajouter au stress que ressentent les membres des Forces armées canadiennes quand ils rentrent au pays et accroître la difficulté qu'ils éprouvent à réintégrer la vie civile quand ils quittent les Forces.

Toutes les personnes qui ont servi dans les efforts de paix occupent une place d'honneur aux côtés des anciens combattants canadiens qui ont tant accompli et sacrifié au cours des deux guerres mondiales et de la guerre de Corée. Au fil des ans, environ 130 Canadiens ont perdu la vie au cours d’opérations de soutien de la paix à l’étranger, faisant le sacrifice ultime pour venir en aide aux habitants dans ces régions déchirées par des conflits. Plusieurs autres ont été blessés lors de ses efforts.

Programme Le Canada se souvient

Le programme Le Canada se souvient, d'Anciens Combattants Canada, encourage le peuple canadien à se renseigner sur les réalisations des anciens combattants du Canada et les sacrifices qu'ils ont consentis en temps de guerre, de conflit armé ou de paix, et à participer aux activités du Souvenir qui permettent de préserver pour les générations à venir l'héritage qu'ils ont légué.

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