Les « cent jours du Canada »

Introduction

Les Canadiens avancent sur la place publique à Cambrai, en France.

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Le Canada a apporté de grandes contributions et consenti d’immenses sacrifices pendant la Première Guerre mondiale. Ses nombreux triomphes sur le champ de bataille ont été couronnés de trois mois victorieux vers la fin de la guerre, qu’on appela par la suite les « cent jours du Canada ».

Le front occidental

La Première Guerre mondiale s’est étalée de 1914 à 1918, et était la guerre la plus sanglante que l’on ait vue à l’époque. Peu après l’éclatement de la guerre, les combats en France et en Belgique ont pris rapidement l’allure d’une guerre de tranchées. Le « front occidental » était une chaîne de tranchées s’étendant de la mer du Nord à la frontière de la Suisse, un « no man’s land » impitoyable de barbelés, de cratères d’obus et de boue où s’affrontaient les armées alliées et allemandes.

Il était très difficile, devant les mitrailleuses, les tireurs d’élite et l’artillerie, de percer les défenses ennemies. Les chefs militaires des deux côtés s’évertuaient à mettre au point de nouvelles tactiques pour affronter efficacement les réalités de ce type de guerre. Trop souvent, on donnait l’assaut, tout simplement, et les soldats devaient attaquer les tranchées ennemies de front, ce qui coûta de nombreuses vies, sans pour autant permettre de gagner du terrain. Il a fallu attendre jusqu’en 1918 avant qu’une importante percée ne soit effectuée sur le front occidental.

Les offensives allemandes du printemps de 1918

Au début de 1918, l’heure était grave pour les Alliés. En mars, l’Allemagne lança une série d’offensives musclées, parvenant à repousser les Alliés et à avancer à moins de 70 km de Paris. S’il s’agissait d’une grande victoire pour l’Allemagne, c’était cependant son dernier effort massif en vue de gagner la guerre, car elle avait déjà dispersé excessivement ses forces militaires. De plus, après des années de guerre, ses ressources humaines et matérielles étaient épuisées, tandis que les Alliés recevaient des renforts des États-Unis, après l’engagement de ceux-ci dans la guerre en 1917. Les Alliés ont regroupé leurs forces et ont réussi à contrer l’avancée des Allemands, pour ensuite lancer leur propre attaque en vue de mettre fin à la guerre, une fois pour toutes.

Les « cent jours du Canada »

Les troupes canadiennes se mettent à l'abri dans un fossé le long de la route d'Arras à Cambrai.

Au fur et à mesure que la guerre progressait, les victoires du Canada dans des batailles comme celles de la crête de Vimy, en France, et de Passchendaele, en Belgique, ont valu à l’Armée canadienne la réputation de meilleure force offensive des troupes alliées sur le front occidental. Lorsque les Alliés planifièrent les offensives qui leur permettraient finalement de remporter la guerre, ce sont les Canadiens qui furent chargés de mener l’attaque.

La réputation du Corps canadien était si bien assise que la seule présence de Canadiens dans une section du front révélait à l’ennemi qu’une attaque se préparait. Cette situation exigeait la plus grande discrétion à l’égard des déplacements du Corps canadien. Une importante offensive était planifiée en France au mois d’août 1918, et on transporta les troupes canadiennes au nord à Ypres, en Belgique, afin de faire croire aux Allemands qu’une attaque massive y serait lancée, puis on les renvoya à la hâte et en secret à Amiens pour la véritable attaque. Le 8 août, le Canada menait une offensive qui a permis d’avancer de 20 km en 3 jours. Cette offensive a été engagée sans les longs bombardements d’artillerie habituels (qui auraient prévenu l’ennemi de l’imminence d’une attaque), et les Allemands ont été complètement pris par surprise. Cette percée a été un jalon crucial qui a démoralisé l’ennemi, le haut commandant allemand la désignant comme le « jour de deuil de l’armée allemande ».

L’espoir de la fin de la guerre l’année même étant alors solide chez les chefs alliés, ils continuèrent de combattre les Allemands avec acharnement. Les braves Canadiens ont ainsi eu peu d’occasions de se reposer. On les renvoya au nord dans le secteur d’Arras, et on les chargea de percer la « ligne Hindenburg », alors la principale ligne de défense de l’ennemi. Après une semaine de combats acharnés contre les meilleures troupes allemandes sur un terrain concédant l’avantage à l’ennemi, le 2 septembre, les Canadiens avaient percé la ligne Drocourt-Quéant, devant la ligne Hindenburg.

Le prochain objectif était le canal du Nord, qui faisait partie de la ligne Hindenburg même. Les ouvrages de terre du canal inachevé en faisaient une position difficile à prendre, mais le commandant du Corps canadien, le Lieutenant-général sir Arthur Currie, élabora un plan audacieux. Ses hommes, accompagnés d’une division britannique, traverseraient une section sèche de 2 500 m de large du canal. Il s’agissait cependant d’une section rétrécie du canal qui ferait des troupes et de l’équipement alliés des cibles faciles s’ils y restaient coincés. Pour couvrir l’avancée, Currie lança le plus intense des bombardements effectués en une seule journée de toute la guerre, et l’attaque du 27 septembre a été un succès retentissant. Les Canadiens ont réussi à percer trois lignes de défense allemandes et ont continué sur leur lancée pour prendre le bois de Bourlon. Grâce à d’autres victoires sur le front britannique, on avait réussi à percer la ligne Hindenburg.

Si l’armée allemande battait en retraite, elle ne cessait pas pour autant de résister. Après d’autres violents combats, les Canadiens ont participé à la prise de la ville de Cambrai et, le 11 octobre, le Corps avait atteint le canal de la Sensée. Cela a été la dernière opération du Corps en tant qu’un ensemble, mais les divisions n’ont pas pour autant cessé de combattre, brisant ainsi la résistance coriace des Allemands et contribuant à la prise de Mont-Houy et de Valenciennes avant le début de novembre.

Les Alliés anéantirent la résistance allemande et l’on signa enfin l’Armistice le 11 novembre 1918. Les Canadiens se sont battus jusqu’à la toute fin de la guerre. Le dernier Canadien à perdre la vie au front était le Soldat George Lawrence Price qui, tragiquement, a été tué seulement deux minutes avant la fin officielle des combats. Ce jour-là, les militaires canadiens se trouvaient à Mons, en Belgique, un lieu d’une grande valeur symbolique, car c’est là que l’armée britannique engagea sa première grande bataille contre l’envahisseur allemand à l’été 1914.

La guerre était enfin terminée. Les succès remportés par le Corps canadien du 8 août au 11 novembre sont exceptionnels : plus de 100 000 Canadiens ont avancé sur 130 km et capturé environ 32 000 prisonniers, et saisi près de 3 800 pièces d’artillerie, mitrailleuses et mortiers.

Héroïsme

Au cours des « cent jours du Canada », 30 Canadiens et Terre-Neuviens se sont mérité la Croix de Victoria (V.C.), la décoration la plus prestigieuse pour bravoure militaire qu’ils pouvaient recevoir. Les expériences de deux de ces hommes – l’un s’étant vu décerner la Croix de Victoria au début de cette période et l’autre, lors des deux dernières semaines de la guerre – témoignent du courage que manifestaient de nombreux militaires :

Le 8 août, premier jour de la bataille d’Amiens, le Lieutenant Jean Brillant du 22e Bataillon, blessé, monta à l’assaut et prit un nid de mitrailleuses. Il dirigea ensuite une autre attaque, s’emparant de 15 mitrailleuses allemandes et faisant 150 prisonniers. Blessé à nouveau, il mena une charge contre l’artillerie allemande. Il mourut deux jours plus tard et reçut la V.C. à titre posthume.

La dernière Croix de Victoria décernée à un Canadien pendant la guerre a été remise au Sergent Hugh Cairns, du 46e Bataillon. À Valenciennes, il donna l’assaut à plusieurs nids de mitrailleuses, qu’il réussit à mettre hors de combat et à maîtriser. Il était grièvement blessé et mourut des suites de ses blessures le 2 novembre, neuf jours seulement avant l’Armistice.

Sacrifices

Les victoires remportées pendant les « cent jours du Canada » sont impressionnantes, mais ont entraîné de lourdes pertes. Plus de 6 800 Canadiens et Terre-Neuviens y ont trouvé la mort et environ 39 000 ont été blessés au cours des trois derniers mois des combats. À la fin de la Première Guerre mondiale, plus de 650 000 hommes et femmes avaient servi dans les forces militaires du Canada qui comptait à l’époque moins de huit millions d’habitants. Le conflit a eu de terribles conséquences, faisant plus de 66 000 morts et 170 000 blessés chez les Canadiens et les Terre-Neuviens. Les sacrifices et les réalisations de ceux et de celles qui ont tant donné en vue de rétablir la paix et la liberté ne sont pas tombés dans l’oubli.

Héritage

Après plus de quatre ans de combats, la guerre était enfin terminée. Bon nombre des soldats canadiens ont ensuite servi dans les forces d’occupation en Allemagne, mais ils sont finalement revenus chez eux en 1919. Le Canada, par ses réalisations, avait mérité, tant au pays que dans le reste du monde, le respect et la reconnaissance – il était devenu un pays indépendant à part entière. Cette nouvelle réputation lui a valu le droit d’apposer sa propre signature au Traité de Versailles, qui mettait officiellement un terme à la Première Guerre mondiale. La guerre a permis également de mettre en évidence l’engagement du Canada envers la paix et la liberté, un engagement qui a été réitéré à de nombreuses reprises au cours des années qui allaient suivre.

Le programme Le Canada se souvient

Troupes canadiennes au repos sur la place publique de Mons, en Belgique. 11 novembre 1918.

Le programme Le Canada se souvient, d’Anciens Combattants Canada incite tous les Canadiens et les Canadiennes à se renseigner sur les sacrifices et les réalisations de tous ceux et celles qui ont servi et qui continuent de servir leur pays en temps de guerre et en temps de paix. Il invite aussi les citoyens à prendre part aux activités commémoratives qui aident à préserver l’héritage qu’ils nous ont légué et à le transmettre aux générations à venir.

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