La marine marchande

Un convoi de navires marchands dans le nord de l'Atlantique, prise à bord d'un avion de l'Aviation royale du Canada.  Photo : Archives nationales du Canada/PA 115005

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Les réalisations et les sacrifices énormes consentis par des Canadiens et des Canadiennes durant la Seconde Guerre mondiale ont été l'aboutissement d'efforts très variés. Le danger qui planait en temps de guerre n'était pas uniquement le lot des militaires en uniforme. Les personnes qui ont servi dans la marine marchande du Canada, notre flotte de bâtiments chargés du transport vers l'Europe et partout au monde de matériel, de carburant, de marchandises et de personnel dont on avait désespérément besoin, devaient jouer un rôle vital tout en sachant que leurs navires étaient la cible de l'ennemi.

La plupart des personnes qui ont servi dans la marine marchande se sont retrouvées dans la bataille de l'Atlantique, sur le théâtre du conflit entre les Alliés et les Allemands pour le contrôle de l'océan Atlantique. Les marins marchands ont fait preuve d'une extraordinaire bravoure sur le « champ de bataille » maritime et démontré l'héroïsme de Canadiens et de Canadiennes ordinaires qui ont choisi de tant risquer pour aider à protéger les droits des autres.

  • Quelque 12 000 hommes et femmes ont servi dans la marine marchande du Canada.
  • Plus de 25 000 traversées ont été effectuées par la marine marchande pendant la guerre.

Partir pour la guerre

On a su dès le départ que les navires marchands du Canada auraient un rôle important à jouer dans l'effort de guerre. En fait, les premiers renseignements obtenus par les services secrets britanniques sur les déplacements des navires allemands ont amené le Canada à réquisitionner tous les navires marchands deux semaines avant que la guerre soit déclarée. Le 26 août 1939, la Marine royale du Canada a pris les commandes du transport des marchandises. Même s'ils n'y étaient pas obligés, la plupart des marins marchands ont navigué en eaux dangereuses.

  • Au début de la guerre, le Canada possédait 38 navires marchands hauturiers. À la fin de la guerre, 410 navires marchands avaient été construits au Canada.
  • Beaucoup de marins marchands connaissaient les risques associés à la navigation en temps de guerre. Ils avaient connu les dangers que représentaient les mines et les sous-marins durant la Première Guerre mondiale.
  • Les équipages des navires marchands étaient formés dans des écoles spéciales comme L'École de mécanique maritime de Prescott (Ontario).

Face aux « meutes de loups »

Les « meutes » de sous-marins allemands, appelés U-boot, s'attaquaient aux navires marchands et leur infligeaient des pertes considérables ainsi qu'un taux de mortalité élevé chez les membres d'équipage. Le terme U-boot est dérivé du mot allemand qui désigne les sous-marins : Unterseebooten.

  • Pour protéger les navires marchands, le Corps d'aviation royal canadien fournissait des escortes aériennes, et la Marine royale du Canada regroupait les navires en convois, lesquels étaient accompagnés par des escortes navales armées. Les escortes de la Marine comprenaient des bateaux qui, comme les corvettes, étaient conçus pour être tactiquement supérieurs aux U-boot.
  • Les Allemands étaient tellement efficaces dans la production de U-boot qu'ils pouvaient en fabriquer à un rythme plus rapide que celui de leur destruction par les Alliés.
  • La marine allemande continua à améliorer la technologie des sous-marins pendant la guerre. Par exemple, des chercheurs allemands inventèrent le schnorkel, un appareil respiratoire qui permettait aux U-boot de charger leurs accumulateurs sous l'eau et de rester submergés pendant dix jours de suite. Jusque-là, les sous-marins devaient refaire surface fréquemment. Le nouveau procédé fournit aux U-boot un avantage tactique inestimable, vu la supériorité des Alliés en matière d'aviation et de détection par radar.

La bataille de l'Atlantique

Dès le début de la guerre, les sous-marins allemands essayèrent de couper les itinéraires de ravitaillement dans tout l'Atlantique, et menacèrent ainsi le transport du personnel et des marchandises de première nécessité vers la Grande-Bretagne. Avec le ARC et la Marine royale du Canada, la marine marchande joua un rôle de premier plan dans la campagne qui visait à éliminer les U-boot de l'Atlantique, laquelle dura six ans. Cela n'avait rien de facile, ils étaient la proie des violentes attaques des sous-marins allemands et des conditions atmosphériques extrêmement dangereuses dans l'Atlantique Nord; mais ils ont risqué leur vie pour la paix et la liberté dans le monde.

  • Durant la Seconde Guerre mondiale, la bataille de l'Atlantique fut la seule à se dérouler près des côtes nord-américaines. Les U-boot allemands réussirent à détruire la navigation côtière, des Caraïbes à Halifax. À l'été 1942, ils réussirent même à pénétrer loin dans le golfe du Saint-Laurent et à faire couler des navires.
  • Au début de la guerre, beaucoup de navires marchands furent perdus parce que des avions escorteurs atteignaient les limites de leur capacité de vol et devaient donc retourner avant que les navires n'aient atteint leur destination. La Marine résolut le problème en construisant des ponts d'envol sur les navires marchands et en créant même des navires marchands porte-avions - des navires-citernes ou des céréaliers, équipés d'un pont d'envol et de trois ou quatre avions.
  • La bataille de l'Atlantique n'a pas seulement exigé l'usage d'armes à feu, elle s'est aussi jouée sur le plan technologique. Lorsque les Allemands mirent au point des torpilles acoustiques guidées par le bruit des hélices des navires, les Alliés réagirent en 17 jours en installant un appareil générateur de bruit. Traîné derrière le navire, celui-ci détournait ainsi la torpille de sa cible.
  • Beaucoup de marins marchands ont péri dans la bataille de l'Atlantique. Leur taux de mortalité était de un sur sept - un pourcentage plus élevé que dans tout autre service de combat du Canada. Environ 1 500 Canadiens, dont huit femmes, ont perdu la vie. En outre, 59 navires marchands enregistrés au Canada ont été détruits.

Le legs

Le « libérateur » G.R. Formation en V d'avions de la défense côtière de la <abbr title='Royal Air force'>RAF</abbr> escortant un convoi qui traverse l'Atlantique, vers 1943. Photo : Archives nationales du Canada/PA 107907

Les expériences et les histoires collectives de tous les Canadiens et de toutes les Canadiennes durant la Seconde Guerre mondiale, y compris celles de la marine marchande constituent pour notre pays un legs glorieux et durable.


Programme Le Canada se souvient

Le programme Le Canada se souvient d’Anciens Combattants Canada incite tous les Canadiens et les Canadiennes à se renseigner sur les sacrifices et les réalisations de tous ceux et celles qui ont servi et qui continuent de servir leur pays en temps de guerre et de paix. Il invite aussi les citoyens à prendre part aux activités commémoratives qui aident à préserver l’héritage qu’ils nous ont légué et à le transmettre aux générations à venir.

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