Prisonniers de guerre de la Seconde Guerre mondiale

Canadiens faits prisonniers à Dieppe. La photo a probablement été prise par un membre du personnel allemand, le 19 août 1942. <br /><em>(Photo : Anciens Combattants Canada)</em>

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Environ 9 000 soldats, aviateurs, marins de la Marine et de la marine marchande du Canada ont été faits prisonniers de guerre au cours de la Seconde Guerre mondiale. Imaginez comment la vie a dû être difficile pour ces prisonniers de guerre.

Les Prisonniers de guerre canadiens

La plupart des Canadiens qui ont été capturés au cours de la Seconde Guerre mondiale, y compris les 1 946 qui ont été capturés à l'occasion du raid de Dieppe en 1942, ont été incarcérés dans des camps allemands. Les conditions dans ces camps étaient difficiles mais, généralement, la plupart des prisonniers avaient suffisamment à manger et étaient traités assez humainement. Toutefois, à mesure que la guerre progressait et que l'Allemagne nazie a commencé à s'effondrer sous l'assaut des Forces alliées, les conditions se sont détériorées. Les rations alimentaires des prisonniers de guerre se sont raréfiées, et certains prisonniers ont dû faire de longues marches forcées.

Certains militaires canadiens capturés ont tenté de s'évader des camps de prisonniers, bravant les gardes armés, les barbelés et les tours-vigie en quête de liberté. Un Canadien, le lieutenant d'aviation Clarke Wallace Floody, a été désigné « l'architecte » de la « grande évasion » – peut-être la plus célèbre évasion de prisonniers de guerre de la Seconde Guerre mondiale au cours de laquelle 76 prisonniers alliés se sont évadés du Stalag Luft 3 en 1944. Après avoir été descendu en France, capturé puis incarcéré au camp, Floody a mis à contribution son expérience de mineur pour aider à faire les levés d'arpentage, à concevoir et à construire trois tunnels baptisés Tom, Dick et Harry, lesquels devaient servir de voies d'évasion possibles. « Harry », le tunnel que les hommes ont plus tard emprunté pour s'évader, mesurait plus de 100 mètres de long et se trouvait à une profondeur de 10 mètres.

Les Canadiens qui ont été faits prisonniers de guerre en Asie ont été mis à plus dure épreuve encore, car les camps japonais étaient souvent dirigés avec une grande brutalité, et les rations alimentaires fournies aux prisonniers étaient particulièrement insuffisantes. La grande majorité des 1 700 Canadiens capturés à Hong Kong à la fin de 1941 ont souffert pendant presque quatre ans, bien que deux infirmières militaires qui faisaient partie de cette force canadienne aient été libérées et ont pu rentrer chez elles en 1943. Plusieurs de ces Canadiens seront forcés de travailler dans les mines et les chantiers au Japon, où les conditions de travail étaient également terribles. En outre, plus de 40 autres Canadiens en service en Asie devaient être capturés par les Japonais à Java, en Birmanie (au Myanmar) et au Siam (l'actuelle Thaïlande).

Les Canadiens au camp de concentration de Buchenwald

Certains prisonniers canadiens ont vécu une expérience très différente des autres. Il s'agit des 26 aviateurs canadiens qui, avec 142 autres aviateurs britanniques, américains, australiens et néo-zélandais, ont passé plusieurs mois au camp de concentration de Buchenwald, dans l'est de l'Allemagne, au cours de l'été et de l'automne 1944.

Parmi les nombreuses horreurs qui allaient être mises au jour après la Seconde Guerre mondiale, il s'en trouve peu pour soutenir la comparaison avec les camps de concentration établis par l'Allemagne nazie. Buchenwald a été construit en 1937 afin d'emprisonner les adversaires du régime nazi et d'autres considérés par les Nazis comme étant des « indésirables » (notamment les Juifs, les homosexuels, les Témoins de Jéhovah et les handicapés mentaux). Mais lors du déclenchement de la guerre, il a servi à emprisonner des ressortissants d'autres pays. Plus de 250 000 personnes ont été emprisonnées au camp entre 1937 et 1945, et plus de 50 000 d'entre elles y ont perdu la vie.

Les aviateurs alliés qui ont été envoyés à Buchenwald avaient été descendus au-dessus de la partie occupée de l'Europe et avaient réussi à communiquer avec la Résistance française dans un effort pour recouvrer la liberté. Ils avaient de faux papiers et étaient vêtus en civils pour favoriser leur évasion. Un traître parmi les membres de la Résistance les a trahis, et ils ont fait l'objet d'une rafle, puis ont été arrêtés comme espions et non pas comme prisonniers de guerre militaires dont les droits sont protégés par la Convention de Genève. On les a interrogés, battus et soumis à d'autres formes de cruauté. À mesure que les Forces alliées avançaient vers l'occupant allemand en France à l'été 1944, ces prisonniers alliés (et de nombreux autres prisonniers politiques) ont été entassés dans des wagons couverts encombrés et envoyés à Buchenwald lors d'un voyage des plus pénibles de cinq jours au cours duquel ils ont eu très peu à manger et à boire.

Un ancien combattant canadien qui avait été emprisonné à Buchenwald se remémore l'arrivée des aviateurs au camp : « À mesure que nous approchions du camp et voyions ce qui se trouvait à l'intérieur, une crainte et une horreur terribles, terribles s'emparaient de nos coeurs. Nous pensions : De quoi s'agit-il? Où allons-nous? Pourquoi sommes-nous ici? Et à mesure que nous approchions du camp, et alors que nous y entrions et apercevions ces squelettes humains qui déambulaient – des vieillards, des jeunes hommes, des garçons, la peau et les os, nous nous demandions dans quoi nous nous étions engagés quel sort nous attendait. » – Extrait de The Lucky Ones : Allied Airmen and Buchenwald (Office national du film du Canada, 1994, dirigé par Michael Allder).

Une fois à Buchenwald, les prisonniers alliés ont été totalement rasés et forcés de dormir à l'extérieur, sans chaussures et sans abri, pendant les trois premières semaines. Plus tard, on les a déplacés dans une hutte très surpeuplée où ils ont été forcés de dormir dans des couchettes de bois tellement rapprochées que pour qu'une personne puisse s'y retourner, les quatre autres personnes devaient se retourner en même temps. Pendant qu'ils se trouvaient à Buchenwald, ils ont dû subir des conditions inhumaines, la faim, la fièvre et la constante présence menaçante de gardes sadiques. La nourriture des prisonniers était souvent un petit bol de soupe faite d'herbe ou de feuilles de chou avec un peu de pain et trois petites pommes de terre. Un pilote a perdu plus de 29,5 kg au cours de son séjour de six semaines à cet endroit. Ces hommes étaient témoins de coups, de pendaisons et de torture horribles. Buchenwald était également un camp d'extermination utilisé par les Nazis pour anéantir systématiquement ceux qu'ils voulaient éliminer; les aviateurs alliés qui y étaient emprisonnés voyaient les amoncellements de cadavres empilés en attendant de passer au four crématoire. Ce n'est qu'en octobre 1944 que ces prisonniers de guerre alliés ont été transférés vers un camp de prisonniers de guerre allemand réglementaire à l'intention des aviateurs abattus où ils ont passé le reste de la guerre.

Sacrifice

Les expériences des Canadiens qui ont été faits prisonniers de guerre au cours de la Seconde Guerre mondiale ont été ardues, éprouvantes et même parfois mortelles, surtout dans le cas de ceux qui avaient été capturés par les Japonais. Plus de 9 000 Canadiens ont séjourné dans les camps de prisonniers de guerre ennemis, et des centaines ont perdu la vie en captivité. De nombreux autres ont été libérés, mais en sont sortis souffrant de traumatismes physiques et émotifs qui allaient durer toute la vie. Les Canadiens faits prisonniers à la suite de la défense de Hong Kong ont été durement éprouvés, car plus de 260 d'entre eux n'ont pas survécu aux conditions pénibles des camps de prisonniers japonais à Hong Kong et au Japon. À Buchenwald, les prisonniers de guerre alliés ont également été grandement affectés par leurs expériences dans le camp. Plusieurs sont tombés malades, deux sont décédés et tous ont subi des séquelles émotives durables par suite de leurs dures expériences.

Héritage

Prisonniers de guerre canadiens dans un camp au Japon. <br /><em>(Photo : Anciens Combattants Canada)</em>

En très grande partie, les Canadiens qui sont devenus des prisonniers de guerre au cours de la Seconde Guerre mondiale étaient des aviateurs capturés pendant des raids de bombardement, des soldats capturés au combat ou des marins de la Marine capturés lorsque leurs navires étaient coulés par l'ennemi. Il s'agissait d'une partie du quelque million de Canadiens, hommes et femmes, qui ont porté l'uniforme militaire au cours de la Seconde Guerre mondiale. Les efforts de tous ces Canadiens étaient nécessaires pour réaliser le but crucial de la victoire lors de la Seconde Guerre mondiale. Le sacrifice de ceux qui ont souffert comme prisonniers de guerre n'est pas tombé dans l'oubli; nous rendons hommage à tous ceux qui ont ainsi participé à l'effort vital en vue de rétablir la paix et la liberté dans le monde.

Le programme Le Canada se souvient

Le programme Le Canada se souvient d'Anciens Combattants Canada incite tous les Canadiens et les Canadiennes à se renseigner sur les sacrifices et les réalisations de tous ceux et celles qui ont servi et qui continuent de servir leur pays en temps de guerre et de paix. Il invite aussi les citoyens à prendre part aux activités commémoratives qui aident à préserver l'héritage qu'ils nous ont légué et à le transmettre aux générations à venir.

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