Mémorial de Runnymede

Au cours de la Seconde Guerre mondiale, plus de cent seize mille hommes et femmes des forces aériennes du Commonwealth britannique sont morts au champ d'honneur. Plus de dix-sept mille d'entre eux étaient membres de l'Aviation royale canadienne ou des Canadiens qui servaient dans la Royal Air Force. Presqu'un tiers des morts n'ont pas de sépulture connue. Situé à Englefield Green, près d'Egham, à trente-deux kilomètres à l'ouest de Londres, le Mémorial de Runnymede honore les noms de vingt mille quatre cent cinquante morts.

Mémorial de Runnymede

L'architecture du Mémorial de Runnymede est originale et impressionnante. La pierre du Souvenir repose au centre d'un cloître qui domine une tour carrée perchée sur le sommet de la colline de Cooper qui surplombe la Tamise. Les allées du cloître aboutissent à deux observatoires, l'un donnant sur Windsor, l'autre sur l'aéroport de Londres à Heathrow. Les trois mille cinquante aviateurs canadiens tués au combat sont parmi ceux dont les noms sont gravés sur les revers de pierre des fenêtres étroites des allées cloîtrées et des observatoires.

Au-dessus de l'entrée à trois arches qui conduit au cloître, trône un aigle de pierre surmonté de la devise de la Royal Air Force « Per Ardua ad Astra ». De chaque côté, figure une inscription en anglais dont voici la traduction :

« CE CLOÎTRE HONORE LES NOMS DE 20 000 AVIATEURS SANS SÉPULTURE CONNUE QUI SONT MORTS POUR LA LIBERTÉ LORS DES OPÉRATIONS AÉRIENNES AU-DESSUS DES ÎLES BRITANNIQUES, ET DES TERRES ET MERS DU NORD ET DE L'OUEST DE L'EUROPE. »

Dans la tour se trouve un sanctuaire voûté, paisible et propice à la méditation. On peut y lire, orné d'enluminures, un extrait d'un poème anglais de Paul H. Scott, dont voici la traduction :

« ... Ici, au coeur même de l'Angleterre, à mi-chemin entre Windsor la Royale et Londres la Noble, ici, d'où les arbres descendent en enfilade vers la prairie de Runnymede, lieu de signature de la Grande Charte, prairie de la Liberté . . . Jamais n'a-t-on vu Mémorial plus apte à témoigner que les principes enchassés en ces lieux sont encore chers à l'âme humaine. »

Aviateurs du Commonwealth et des pays alliés *

Les aviateurs dont les noms sont gravés ici venaient de toutes les parties de la Grande-Bretagne, des autres pays du Commonwealth, de l'Empire britannique, ainsi que des pays alliés à la Grande-Bretagne. Servant dans les divers commandements de la RAF, ils survolèrent le nord-ouest et le centre de l'Europe, les îles britanniques et l'océan Atlantique.

Les membres du Coastal Command surveillaient constamment les voies maritimes, protégeant les convois vitaux et poursuivant une lutte incessante contre les sous-marins ennemis. Le Fighter Command acquit sa première expérience en attaquant les bombardiers allemands au-dessus de la mer du Nord; mais c'est pendant la bataille de France, au-dessus de Dunkerque, que se déroula vraiment la première épreuve de force entre la Luftwaffe et la RAF. C'est aussi u cours de cet été de 1940 que se déroulèrent les jours critiques de la Bataille d'Angleterre, lorsque les pilotes épuisés du Fighter Command méritèrent ce fameux hommage de Winston Churchill: « Never in the field of human conflict was so much owed by so many to so few. » (Jamais, dans l'histoire des guerres, tant d'hommes n'ont dû autant à si peu d'hommes.)

Les premières missions de reconnaissance et de propagande du Bomber Command au-dessus de l'Europe occidentale se transformèrent en des attaques stratégiques de mille appareils sur les ports et les industries ennemis au coeur de l'Allemagne, en vue de réduire le potentiel militaire ennemi et de miner le moral de la population civile. Une partie de ce programme de bombardements stratégiques était dirigée contre les aérodromes ennemis, afin d'affaiblir l'aviation de combat de la Luftwaffe en prévision de l'invasion de la Normandie en juin 1944. La suprématie alliée sur les forces aériennes allemandes ayant été assurée avant le jour J, le débarquement fut appuyé par un nombre écrasant de sorties de toutes espèces.

Au cours de la bataille de Normandie et des combats subséquents qui conduisirent à la victoire finale en Europe, les armées alliées reçurent une aide inestimable des forces aériennes tactiques, y compris parfois l'utilisation d'appareils du Bomber Command pour assurer le soutien rapproché des forces terrestres. La traversée du Rhin par les Alliés, en mars 1945, se fit de concert avec l'opération aéroportée la mieux réussie de toute la guerre. Plus de mille cinq cent cinquante appareils de la RAF constituaient l'apport britannique au transport aérien et à la protection des planeurs, ainsi qu'au largage de deux divisions aéroportées de l'autre côté du Rhin.

À la fin de la guerre, les bombardiers lourds assumèrent un nouveau rôle. Ils ont assuré le transport de ravitaillement à la population affamée des Pays-Bas, et ils ont ramené en Grande-Bretagne les prisonniers de guerre libérés.

* Les noms des Canadiens morts au cours de campagnes menées au-dessus de la mer pendant la Seconde Guerre mondiale, et dont la sépulture est inconnue, sont honorés et inscrits sur le Mémorial d'Halifax, situé au Canada.

Indications routières

Perché sur le sommet de la colline Cooper's, le mémorial surplombe la Tamise, à Englefield Green, entre Windsor et Egham sur la A308, à 6 km de Windsor.

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