Noël et la militaire

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Noël et la militaire

La période de Noël est un moment où on aime se retrouver en famille.

Personne ne veut être éloigné de ses proches durant le temps des Fêtes mais, pour les troupes canadiennes et leurs familles, c’est un sacrifice courant qu’ils ont dû faire.

Que ce soit en temps de guerre ou en temps de paix, les militaires trouvent des moyens de se sentir plus proches de chez eux pendant les fêtes.

La piste du Père Noël

Le 24 décembre 1955 et le Colonel Shoup des Forces aériennes des États-Unis, directeur des opérations au CONAD (Commandement de la défense aérienne continentale), recevait un appel dans son bureau situé à Colorado Springs. C’était loin d’être un appel ordinaire. L’appel était placé vers l’une des lignes téléphoniques classées « très secret ». Le Colonel Shoup répondit au téléphone en s’attendant à ce que ce soit le Pentagone ou un général quatre-étoiles.

« Êtes-vous vraiment le Père Noël? », demanda d’une toute petite voix la personne à l’autre bout du fil.

Il s’agissait de la voix d’une fillette de Colorado Springs, qui suivait les instructions données dans une annonce, qui avait été publiée dans le journal local. L’annonce du magasin L’informait les enfants qu’ils pouvaient savoir où était rendu le Père Noël dans son long voyage et on donnait même un numéro de téléphone où appeler. Mais l’un des chiffres figurant dans le numéro de téléphone était erroné, et donc au lieu d’appeler le Père Noël, les intéressés se trouvaient à entrer en communication avec le Commandement de la défense aérienne continentale!

Il ne fallut que très peu de temps pour que les appels téléphoniques retentissent. Plutôt que de raccrocher, le Colonel Shoup demanda à son personnel de donner aux enfants « l’emplacement actuel » du Père Noël. C’était le tout début de la tradition « sur la piste du Père Noël ». Quand le CONAD fut remplacé par le Commandement de la défense aérospatiale de l'Amérique du Nord (NORAD) en 1958, ce dernier s’appropria cette tradition.

L'annonce à l'origine de tout. Photo courtoisie du NORAD

Des bénévoles recherchés pour le programme « NORAD sur la piste du Père Noël ». Avec la permission du NORAD

L’opération NORAD sur la piste du Père Noël a toujours utilisé les médias : lignes téléphoniques, journaux, radio et télévision. De 1997 jusqu’à présent, la piste du Père Noël a été un site très populaire dans le monde entier avec des millions de visiteurs, originaires de plus de 200 pays, ont suivi la progression du Père Noël la veille de Noël grâce à ce système de suivi.

Le centre opérationnel NORAD suivi la progression du Père Noël la veille de Noël sur la base aérienne de Peterson, au Colorado. Photo : Sergent Gail Braymen / courtoisie du NORAD

L’opération « NORAD sur la piste du Père Noël » est réalisée avec l’aide d’un grand nombre d’entreprises et de bénévoles. En effet, on compte plus de 1 000 bénévoles qui répondent aux appels téléphoniques et aux courriels, et effectuent des mises à jour sur les sites Web de réseautage social. Au fil des ans, les membres du personnel de l'Armée de terre, de la Marine, de la Force aérienne et du Corps des Marines et leurs familles ont grandement contribué aux activités de bénévolat. Des pilotes de chasse canadiens du NORAD sont responsables de voler à bord de leur F-18 pour souhaiter la bienvenue au Père Noël lorsque celui-ci arrive en Amérique du Nord.

Le programme est lancé chaque 1er décembre sur le site Web avec le « Village du compte à rebours ». On y trouve également l’histoire de l’opération « sur la piste du Père Noël », un compte à rebours jusqu’au début de l’envolée du Père Noël, des mises à jour du Village du Père Noël et des jeux. La veille de Noël, une carte illustre le décollage du Père Noël à partir du Pôle Nord et suit sa trace durant son périple autour du monde.

La trêve de Noël de 1914

Une chose incroyable survint le 24 décembre 1914. Les soldats des deux côtés ont déposé les armes, ils sont sortis de leurs tranchées et les ennemis se sont réellement rencontrés entre les tranchées.

La Première Guerre mondiale faisait rage depuis seulement quatre mois. Cette année-là, décembre était froid et humide. Beaucoup de tranchées étaient inondées en permanence. Les soldats étaient couverts de boue et exposés aux engelures et à l'affection du « pied des tranchées », dont il semblait impossible de se débarrasser. Ils craignaient de devoir passer Noël loin de leur famille. Puis, une chose incroyable survint le 24 décembre 1914. Les soldats des deux côtés ont déposé les armes, ils sont sortis de leurs tranchées et les ennemis se sont réellement rencontrés entre les tranchées. Pendant un bref laps de temps, la paix a régné.

Enterrement dans la zone neutre à Noël.

Ce jour de Noël a été marqué par de nombreuses trêves sur le front de l’Ouest, mais pas partout. Les tirs d’artillerie et de fusil ont continué à certains endroits. On avait même convenu, pour certains des arrangements, du moment où la trêve prendrait fin. En beaucoup de points du front, on a annoncé la trêve par l’arrivée d’arbres de Noël miniatures dans les tranchées allemandes. Des voix joviales se faisaient entendre dans les tranchées amies et ennemies, suivies de demandes de ne pas tirer. On voyait ensuite des ombres de soldats qui se rencontraient dans la zone neutre, riant et s’échangeant des plaisanteries et des cadeaux. Cette joie était assombrie de tristesse, car les militaires des deux camps essayaient de profiter de la trêve pour rechercher les corps de leurs camarades tombés au combat pour leur donner une sépulture convenable.

La trêve de Noël de 1914 n’a pas été une occasion unique dans l’histoire militaire. C’était le retour d’une tradition établie depuis longtemps. Il est fréquent, dans les conflits rapprochés marqués par de longues périodes de combat, que des trêves informelles et des gestes généreux se produisent entre ennemis. On rapporte des événements semblables dans toute l’histoire, et il s’en produit encore.

Noël à Ortona

En décembre 1943, les Alliés avaient atteint le port maritime historique d’Ortona sur la côte italienne de l’Adriatique. Les parachutistes d’élite d’Hitler occupaient la ville. Il leur avait personnellement ordonné de la défendre à tout prix. Les troupes canadiennes avance rapide le long de la côte orientale de l’Italie et ils rencontrèrent les Allemands sur le fleuve Moro, à moins de sept kilomètres d’Ortona. Ils s’attendaient à un jour de combat, tout au plus. Les Canadiens ont plutôt été contraints de se battre pendant huit journées terribles pour entrer dans la ville.

Members of the Seaforth Highlanders sit down for their Christmas dinner. Photo: Library and Archives Canada PA-152839

Le 25 décembre 1943, c’était Noël à Ortona. Dans une église détruite par les bombes à Santa Maria di Constantinopoli, les militaires du Seaforth Highlanders se réunirent, par quarts de veille, pour un dîner de Noël à quelques pâtés de maisons des combats.

Ils réussirent à trouver les éléments essentiels de ce repas particulier – nappes, porcelaine, bière, vin, porc rôti, compote de pommes, choux-fleurs, purée de pommes de terre, sauce, chocolats, oranges, noix et cigarettes. Un organiste interpréta Sainte Nuit et, pendant quelques instants, la vie parut normale quand les soldats chantèrent ces mots au cœur de la guerre. Mais ils devaient retourner au combat. Pour certains d’entre eux, ce repas fut leur dernier.

Les Allemands se retirèrent deux jours après Noël. Les Canadiens atteignirent leur objectif, mais à quel prix! Ortona était libérée, mettant ainsi fin au mois qui passerait à l’histoire comme le « décembre sanglant ». Ce fut le mois de guerre le plus sanglant de la campagne d'Italie et 213 Canadiens périrent en cette seule semaine de Noël. Les pertes subies par les Canadiens à Ortona représentaient presque le quart de leurs pertes totales pendant toute la campagne d'Italie.

Cher père Noël

En décembre 1944, Thérèse Perrault avait neuf ans et vivait à Athabasca, au Québec. Même si elle ne croit plus beaucoup au père Noël, elle lui écrit tout de même plusieurs lettres. Mais ce n'est pas pour lui demander un cadeau. La poupée qu'elle aurait pu recevoir, elle souhaite qu'il la donne plutôt à une autre petite fille en Europe, où la guerre fait rage. Si le père Noël voulait vraiment lui faire plaisir, son plus beau cadeau serait de recevoir des nouvelles de son grand frère, Richard, parti au front. Plusieurs mois s’étaient écoulés depuis que sa famille avait reçu sa dernière lettre...

Cher père Noël,

Avant d'aller à la messe de minuit, mes parents sont passés saluer nos voisins, les Maheu. Maman leur avait cuisiné des pâtés à la viande et des tartes. J'ai lu la douleur sur leur visage. Ils portaient leur brassard noir en signe de deuil. Pourquoi tant de misère, dites-moi, père Noël?

Une fois à l'église Saint-Christophe, j'ai prié avec toute ma ferveur, à en avoir mal aux genoux et aux mains que je tenais serrées. J'espérais que mes prières monteraient si haut dans le ciel qu'elles atteindraient le petit Jésus. En cette sainte nuit, je souhaitais un miracle.

À la fin de la célébration, les paroissiens étaient invités à échanger des voeux de circonstance : paix, amour, santé et prospérité. Nous avons quitté l'église rapidement, c'était assez difficile comme cela. C'est aussi parce qu'une autre messe nous attendait à la maison. Elle était diffusée à la radio nationale, depuis Londres, en Angleterre.

Quand nous avons allumé le poste de radio, un homme chantait en français « Sainte nuit ». Il en était au dernier couplet...

Ensuite, l'annonceur a parlé en anglais. Mon père traduisait comme il le pouvait. Il disait des mots comme : « militaire », « régiment de la Chaudière », « Minuit, chrétiens », et là, j'ai entendu la plus belle voix du monde.…

C'est... Richard qui chante! D'abord incrédules, mes parents ont vite réalisé que j'avais raison. C'était lui. C'ÉTAIT BIEN LUI!!!

Nous nous sommes tus pour écouter la fin du cantique. Il n'y avait plus de doute possible. Il n'y avait que Richard pour chanter ainsi le « Minuit, chrétiens ».

Extrait du livre Lettres de décembre 1944, par Alain M. Bergeron

Des héros se racontent

Écoutez et regardez des vétérans partager des récits de leur service militaire pendant les fêtes de Noël.

Seconde Guerre mondiale

 

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