Volontaire au canon sur le Queen Elizabeth

Des héros se racontent

Volontaire au canon sur le Queen Elizabeth

Transcription
À quel mois vous êtes partis de Borden? Ça c’est à la fin janvier. Fin de janvier, vous êtes allés de Borden jusqu’à quel endroit? De Borden, là on a pris le train. À Camp Borden, il y a un train qui se rendait sur le terrain et on a pris le train, c’était pas les trains d’aujourd’hui, laissez-moi vous le dire, c’était des bancs de bois, s’il vous plait, rembourrés en bois, et on a couché sur le train pour se rendre à New York. À New York, on a attendu quelque peu, puis ils nous emmenaient, on a débarqué, on s’est rendu, ils nous ont fait prendre un petit bateau qui faisait la navette. Parce que le Queen Mary qu’on a pris pour traverser, ne pouvait pas se rendre proche du quai, pour quelque raison, sécurité probablement. On embarquait sur un petit bateau, peut-être bien une cinquantaine, puis là ils nous emmenaient au Queen Mary, au Queen Elizabeth, pardon. Ils nous emmenaient au Queen Elizabeth. On embarquait dans le Queen Elizabeth, ils nous assignaient une cabine. C’est ça qui était notre embarquement pour se rendre en Angleterre. On pensait que c’était en Angleterre. Donc vous étiez avec le Corps médical, il y avait combien de monde en tout sur le bateau, est-ce que vous savez? Oh mon Dieu, Seigneur, je ne sais pas combien il y en avait de mille, mais ça se comptait par mille, ça se comptait pas par centaine. Mais le deuxième jour, ils ont demandé des volontaires pour s’occuper des canons qu’ils avaient installés. Moi je me suis porté volontaire parce qu’il y avait certains privilèges. On avait un « badge » qui était marqué « G » sur le dessus, « Gunner ». J’étais « gunner » imaginez-vous donc, du Corps médical, j’étais rendu que je m’occupais de ça. On avait une heure « on » et deux heures « off ». On changeait, on était sur des « shifts ». Donc vous regardiez la mer? On regardait la mer, nous autres et s’il y avait quelque chose d’étrange, sur la mer, il fallait le dire au commandant ou celui qui était à l’autre bout du fil, on le voyait pas mais on l’entendait. On a jamais rien vu, mais ça fait rien, il fallait être là au cas où. Étiez-vous dans un convoi ou c’était un navire seul? Non, le Queen Mary et puis le Queen Elizabeth avaient pas de convoi. Eux autres voyageaient seuls parce qu'ils étaient plus vite que n’importe quel autre bateau. Les sous-marins ne pouvaient pas nous poursuivre parce qu’on les perdait. C’est pour ça que le Queen Mary et le Queen Elizabeth avaient pas de convoi. Ils voyageaient tout le temps seuls. Lumières allumées ou lumières fermées? Lumières fermées. C’était le « black-out » complet. Il n’y avait pas de lumière d’aucune sorte. De là, avec notre « badge gunner », parce qu’il y avait 2 repas par jour, un dans l’avant-midi et un autre dans l’après-midi. Il y avait des lignées pour aller manger, des lignées pour aller n’importe où, si ils vendaient quelque chose, nous autres avec notre « badge gunner », on en avait pas de lignée, on passait en avant de la lignée, on avait des privilèges, c’est ça que moi j’aimais. Le temps d’aller manger, nous autres on partait puis on allait manger, on passait avant la ligne, comme de raison, j’aimais ça. Ça allait bien de même. Est-ce que la nourriture était bonne? La nourriture était très bonne. Il n’y avait pas tellement de houle, c’était stable assez pour traverser. Ça nous a pris 7 jours pour traverser. On est arrivés en Écosse. Quand on est arrivés en Écosse, je vous ai dit que pour embarquer, il y avait des petits bateaux, mais là pour débarquer, c’était la même chose. On a pas débarqué direct au quai. En Écosse on a débarqué à Glasgow, on a pris le train, puis de Glasgow, on a débarqué à Aldershot. Le voyage en train c’était la même chose, des wagons en bois, des sièges en bois? Oui, oui, des sièges en bois, mais c’était correct. Aussi confortables qu’au Canada? Aussi confortables qu’au Canada, c’était à peu près pareil. On est arrivés là, ils sont venus nous rencontrer au train, en camion. Là on nous a amenés à nos baraques. Les baraques étaient pas comme les baraques qu’on avait ici, les baraques qu’on avait au Canada, c’était des baraques en H. Mais là-bas, c’est des baraques qu’il y avait dans le temps de la paix, c’est-à-dire qu’elles étaient bâties probablement dans les années 1920 ou quelque chose comme ça. C’était tout en briques et il y avait deux étages. C’était nouveau.
Description

M. Farley se rappelle du départ du Canada vers New York pour prendre place à bord du Queen Elizabeth et de la traversée de l’Atlantique vers l’Écosse où il s’est porté volontaire pour s’occuper d’un canon.

Raymond Farley

Monsieur Farley est né au mois d’octobre 1925 à Crysler, en Ontario. Il s’est enrôlé à 16 ans en 1942 et s’est entrainé au Canada, ainsi qu’en Angleterre avec la 23e Ambulance de campagne, avant de débarquer en France lors du jour J + 1, le 7 juin 1944. Il a soigné des blessés en Normandie, en Belgique, en Hollande, et en Allemagne jusqu’à la fin de la guerre, en mai 1945. Il s’est ensuite porté volontaire pour la guerre dans le Pacifique, mais il était en permission en Ontario et prêt à partir pour l’entrainement en août 1945 lorsque la guerre a pris fin.

Catégories
Médium :
Vidéo
Propriétaire :
Anciens Combattants Canada
Date d’enregistrement :
10 août 2017
Durée :
5:24
Personne interviewée :
Raymond Farley
Guerre ou mission :
Seconde Guerre mondiale
Emplacement géographique :
Océan Atlantique
Campagne :
Bataille de l'Atlantique
Branche :
Armée
Unité ou navire :
23e Ambulance de campagne
Grade militaire :
Soldat
Occupation :
Infanterie

Droit d’auteur ou de reproduction

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