Une grande amitié avec un cuisinier allemand

Des héros se racontent

Une grande amitié avec un cuisinier allemand

Transcription
On était à Nimègue, on avait passé l’hiver 1944-1945 là. J’ai fait des amis Allemands. Il était dans l’armée allemande. Il était cuisinier pour les Allemands. Il est devenu un grand ami. Dans quel contexte l’avez-vous rencontré? Je l’ai rencontré, c’est parce que on s’est rendus là pour passer l’hiver dans un hôpital, et puis c’est les Allemands qui avait là, un hôpital allemand. Nous autres, on a pris la place des Allemands. Il y avait des blessés allemands et puis deux Canadiens entre autres qui étaient là. Ça a pas pris de temps que les blessés qui étaient là ont été envoyés en Angleterre pour ce qu’ils avaient des meilleurs soins, parce que la guerre était pas finie encore. Moi j’ai fait ami avec ce cuisinier là et le soir, après son ouvrage, on allait parler ensemble, on jasait de toutes sortes d’affaires, des choses qu’on avait vues, les avions que les Alliés avaient dit qu’ils avaient, que les avions étaient tous rentrés. Lui en avait vu des avions alliés tomber. C’est pour vous dire que la propagande il y en avait, et il y en avait sur les deux bords. C’est de même qu’on s’est fait amis, on parlait des choses, il m’avait dit, moi si je suis prisonnier, s’ils m’envoient être prisonnier en Angleterre, je vais essayer de me sauver. Mais s’ils m’envoient prisonnier au Canada, je vais rester. C’est de même qu’on était perçus des Allemands. Les Canadiens? Les Canadiens, on était « friendly » on était ami, on pouvait vivre et laisser vivre. C’est ça que c’était son avis. Lui, il m’avait donné un souvenir, je l’ai encore. Donc c’est assez particulier, c’est toujours la guerre, vous êtes en guerre contre les Allemands, et puis vous êtes capable de tisser des liens d’amitié? Oui, on peut être ensemble et on peut être amis même si on est ennemis réellement. Mais là, eux autres, ils n’étaient plus offensifs, ils n’avaient plus rien. Nous autres, on était dans le Corps médical, il n’y avait pas de danger non plus, on pouvait être amis. On pouvait se parler et se dire les choses telles qu’elles sont.
Description

M. Farley explique comment une amitié improbable avec un Allemand s’est développée pendant la guerre.

Raymond Farley

Monsieur Farley est né au mois d’octobre 1925 à Crysler, en Ontario. Il s’est enrôlé à 16 ans en 1942 et s’est entrainé au Canada, ainsi qu’en Angleterre avec la 23e Ambulance de campagne, avant de débarquer en France lors du jour J + 1, le 7 juin 1944. Il a soigné des blessés en Normandie, en Belgique, en Hollande, et en Allemagne jusqu’à la fin de la guerre, en mai 1945. Il s’est ensuite porté volontaire pour la guerre dans le Pacifique, mais il était en permission en Ontario et prêt à partir pour l’entrainement en août 1945 lorsque la guerre a pris fin.

Catégories
Médium :
Vidéo
Propriétaire :
Anciens Combattants Canada
Date d’enregistrement :
10 août 2017
Durée :
2:37
Personne interviewée :
Raymond Farley
Guerre ou mission :
Seconde Guerre mondiale
Emplacement géographique :
Hollande/Pays-Bas
Campagne :
Bataille de l'Escaut
Branche :
Armée
Unité ou navire :
23e Ambulance de campagne
Grade militaire :
Soldat
Occupation :
Infanterie

Droit d’auteur ou de reproduction

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