Retrouver sa liberté : les séquelles de la guerre

La force francophone

Retrouver sa liberté : les séquelles de la guerre

Transcription
Retrouver sa liberté et séquelles de la guerre On avait toujours dans notre, dans notre esprit qu’on gagnerait la guerre. Fallait pas penser autrement. On pensait… puis après un mois, puis deux mois, on gagnait du terrain, on avançait. On a dit, faut que, ça va mal, faut que, il nous reculent. On continue. Ça fait que on avait un espoir qu’on viendrait à voir, à voir la fin, mais quand? Il y a personne qui pouvait le dire. Quand on a traversé en Allemagne, on a dit si on peut survivre à travers l’Allemagne, on a des bonnes chances. Puis ben, il en a, il en a qui ont pas été chanceux, mais moi j’en ai sorti, tsé, tsé… Mais, on en a cinquante mille pareil qui se sont fait tuer! Alors… presque autant de blessés. Ça fait du monde, oui… Mon meilleur souvenir de guerre La journée que j’ai sorti de l’armée, oui. La libération! La liberté! C’est le précieux de tous les biens. Dans l’armée, t’es pas libre. Tu te lève à c’t’heure là, tu marches par là, tu tournes à gauches, tu tournes à droite, puis tu vas pas là. Ça fait que tu viens que t’es pris. Tu peux plus rien décider par toi-même. C’est pas ben quand tu viens dans la vie civile, parce que t’es trop habitué à te faire mener. T’es trop habitué à te faire dire fais ci, fais ça. Mais quand tu sors de l’armée, c’est pas eux qui vont te dire, c’est toi faut qu’il dit je fais ci, je fais ça. Ça change pas mal les… Puis c’est tout des jeunes. Tu passais quatre, cinq ans là-dedans, des fois plus, fait que c’est, c’est… Ça fait une drôle de différence. Revoir ma famille Ah, ils étaient fiers de nous voir revenir, c’est sûr! Ils avaient qu’on arrive. Fait que, on était chanceux de les avoir, parce que ceux qui avaient pas de parents, t’allais où? Tu sais qu’est-ce que c’est! Quand t’as pas d’argent, t’as pas de métier, puis il y a pas d’ouvrage. Il y en a qui ont eu la vie dure. Puis moi j’étais chez nous, après la guerre, tsé, j’ai pris un an de repos pour essayer de me remettre en, en forme. J’avais perdu beaucoup de poids… J’avais perdu beaucoup de poids, puis après ça c’est revenu correct. Ça te laisse toujours avec certaines nervosités. Tsé c’est… C’est pour ça que tu vois très peu de soldats qui parlent de la guerre. On n’aime pas parler de ça. Ça rappelle… Des rêves de guerre… Ben, ça nous arrive, moi ça m’arrivait souvent de rêver quand on était au front. Le lendemain, tu l’oublies, qu’est-ce tu veux? Tu travailles. Une fois que t’es pris avec une famille, puis, ça te tient occupé, ça t’éloigne de ces choses-là, tsé. Mais moi, j’ai jamais parlé de la guerre, j’aime pas ça. Ça me… Mes enfants connaissent mon histoire Je leur ai écrit un petit livre. Interviewer - Qu’est-ce qui était leur réaction quand ils l’ont lu? Ah, je leur en avais parlé un petit peu. Ils étaient fiers. J’ai dit : « je va vous écrire, je va vous écrire ma vie, je va vous la donner. » Fait que, ils l’ont!
Description

Réflexions sur la liberté, la motivation de continuer à faire la guerre, le retour à la famille et les séquelles de la guerre.

Rufin Gionet

Durant sa jeunesse, M. Gionet s’occupe de la ferme familiale. À l’âge de 16 ans, il va travailler dans des chantiers de construction au Nouveau-Brunswick. Il travaille ensuite dans les bois. Il ne croit pas pouvoir entrer dans l’armée, ayant subi une blessure à la main, mais une fois les examens passés, il apprend qu’il est accepté. Il se porte alors volontaire. Sa formation militaire de base a lieu à Edmundston avec le North Shore Regiment du Nouveau-Brunswick. Il est ensuite transféré chez les New Brunswick Rangers. Après deux mois d’entraînement, il se rend au Labrador pour garder l’aéroport pendant douze mois. Il est ensuite envoyé en Angleterre pour terminer son entraînement. Il participe à plusieurs missions en France. Il débarque en Normandie après le jour J, puis il est envoyé en Belgique, aux Pays?Bas, et en Allemagne. Après la guerre, il travaillera pendant huit ans pour le journal l’Évangéline et à la construction de bateaux.

Catégories
Médium :
Vidéo
Propriétaire :
Anciens Combattants Canada
Durée :
4:06
Personne interviewée :
Rufin Gionet
Guerre ou mission :
Seconde Guerre mondiale
Emplacement géographique :
Europe
Branche :
Armée
Unité ou navire :
New Brunswick Rangers
Grade militaire :
Caporal
Occupation :
Fantassin

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