Retour de la guerre

La force francophone

Transcription
Retour de guerre Le bateau qu’on est venus avec, d’oversea, au Canada, on a été, je pense, que c’est trente-deux mille sur le bateau. (inaudible) p’tit bateau, « L’Île-de-France ». Bateau qui a six deck de haut, là, un plus beau bateau, un beau bateau, le plus beau bateau de luxe qu’il y avait pas au monde. Il y a trente-six mille soldats dessus. Puis quand on arrivait à Halifax, on arrivait le soir, on a rien que pu débarquer le lendemain matin, à six heures, nous autres. Toutes les, les, les… chaque troupe, de l’Ontario, d’autre qui venaient de là-bas, de l’Alberta, d’autres qui venaient de Winnipeg, et d’autre qui est de Montréal et Québec, puis là-bas, quand on a frappé le Nouveau-Brunswick, on était rendus à six heures, le lendemain matin. Ça a débarqué, puis ça a débarqué comme ça, tout le temps. Au quai d’Halifax, c’était de même. Quand nous avons arrivés, c’est ce qui m’a le plus impressionné quand on est arrivés à Halifax, en bateau. Je crois qu’il y avait quarante ou quarante-cinq bateaux qui ont venu nous rencontrer avec des bands, puis des fanfares à bord, puis la musique, puis ils ont venu nous recevoir. Ça, c’était beau, c’était beau à voir. Ça c’était le plus grand souvenir, c’est ce qui m’a le plus impressionné de tout ça. Ensuite, on a embarqué sur le train. C’était un train spécial pour les soldats. Il y avait pas personne d’autre que les soldats. Puis toutes les stations qu’on a arrêté, il y en avait un qui débarquait. Il y en avait un des fois qui avait rien qu’un bras, l’autre, rien qu’une jambe, puis les parents venaient les recevoir. Ça, c’était, ça, ça a frappé… Ça, j’ai jamais oublié ça. C’était triste, ça. Nous autres on a été corrects, moi j’ai été correct, j’étais rien que blessé dans une oreille. Mais les autres, rien qu’une jambe, rien qu’un bras, des affaires de même, comment c’qu’y’avaient été blessés. Il y en a qui ont débarqué sur une chaise roulante. C’était pas un cadeau. Là, c’était triste à voir. Les femmes, puis les enfants, là, qui attendent quand on rentre à Bathurst, ça arrivait à Bathurst dans ce temps-là. Arrivé à Bathurst, qui est venu vous chercher? Mes sœurs, il y avait une de mes sœurs, puis un de mes frères. Ils m’ont reçu à Bathurst, icit’, puis il y avait une de mes sœurs qui travaillait à Bathurst aussi, à l’hôtel de Bathurst. Ça fait qu’j’ai couché à Bathurst, puis le lendemain, ils ont descendu, me mené en bas pis me haller en taxi. Il y en avait que ça venait de partout, il y en avait qui venait de Shippagan, Lamèque, Miscou… C’était tous des soldats ensemble. Puis il y en avait qui manquaient à l’appel. Il y en avait qui s’étaient enrôlés avec nous autres qui étaient pas avec nous autres ; d’autres qui étaient avec nous autres puis on s’est rencontrés de nouveau. Ça faisait chaud au cœur, dans ce temps-là, quand tu rencontres de nouveau les… cinq ans que tu les as pas vus, là…
Description

Sur les quais de gare et de train, les familles reçoivent parfois des fils estropiés…

Léonard Gionet

M. Gionet grandit à Caraquet durant la Dépression. Il travaille sur les terres et dans les bois et gagne très peu d’argent. À 21 ans, il s’enrôle volontairement dans l’armée. Son instruction militaire de base à Saint?Jérôme, au Québec. Il part de Halifax en direction de Liverpool, en Angleterre. Il y reste deux ans avant d’être envoyé participer à la campagne d’Italie.

Catégories
Médium :
Vidéo
Propriétaire :
Anciens Combattants Canada
Durée :
2:52
Personne interviewée :
Léonard Gionet
Guerre ou mission :
Seconde Guerre mondiale
Emplacement géographique :
Canada
Branche :
Armée
Unité ou navire :
Royal Canadian Dragoons
Grade militaire :
Soldat
Occupation :
Parachutiste

Droit d’auteur ou de reproduction

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