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Le jour J – ma tâche première

Des héros se racontent

Le jour J – ma tâche première

Transcription
J'ai été sur le, le Beach Party qu'y'appellent. Vu que je parlais anglais, j'ai débarqué avec le régiment anglais de Queen's Own Rifles et puis je suis le premier Canadien-Français à mettre les pieds sur la terre française le six de juin à six heures et vingt le matin.T'as pas le droit de mouiller ton arme. Pis quand j'ai débarqué, y'avait dix pieds d'eau, d'après les Français. Je sais pas nager. Et puis quand y'ont ouvert le panneau, pis j'suis le deuxième en arrière… le deuxième en avant. Y'en a trente-cinq qui poussent en arrière. C'est pas le temps de dire : « Maman, viens chercher ton fils ! » C'est : « À l'eau canard ! »Pis t'as pas le droit de mettre les mains sur un bâton qui est… y'ont mis des bâtons debout eux autres là, partout, des affaires de même. Ça c'était miné. Si tu touchais à ça, tout revolait; un bras, une tête, un chapeau, quoi que ce soit, ça part dans les airs. Y'ont dit ça tout le long de la traversée su'l bateau, su'l gros bateau, ils nous le disaient : « Touchez pas à rien. Tenez-vous dans l'eau. » Y'en a un qui s'est allongé le bras, y'avait un beau mur de ciment. Il s'est allongé le bras… Tam ! Lui, sa guerre était finie là.Pis moi, mon devoir était, quand j'ai débarqué du bateau, c'était d'aller, m'en aller du long du mur, y'avait un mur là, m'en aller du long du mur, pis le suivre, pis aller dire à mon colonel Paul Mathieu que l'artillerie avait faite, du temps que nous autres on avait parti du bateau, s'en venir au bord de… au sec, l'artillerie a faite, avait faite un trou dans la… une brèche dans le mur, pis d'y dire de passer par là. C'est ça qui était mes ordres à moi. Là je m'en retournais de bord, je m'en revenais.Pis y'en avait dans le clocher de l'église. Parce que Bernières-sur-Mer c'est pas une grosse ville. C'était un petit village dans le temps. Y'étaient cachés dans le haut de l'église, fait qu'ils voyaient toute la plage au complet pis tout le village au complet.J'ai été chanceux. Beaucoup.
Description

Chaque fantassin débarquant lors du jour J avait une tâche bien précise. M. Thibault nous raconte la sienne.

Adélard Thibault

M. Thibault s’enrôle à 18 ans. Il est formé comme fantassin au Québec et au Nouveau-Brunswick avant d’être envoyé en Angleterre, où il poursuit sa formation tout en remplissant des tâches de garde et autres besoins opérationnels. En juin 1944, il débarque sur la plage de Bernières-sur-Mer et survit au jour J. Blessé à Carpiquet, il se retrouve convalescent en Angleterre, mais se sauve de l’hôpital et retrouve son régiment, en France, par ses propres moyens. Connu de ses camarades et ses supérieurs comme « le tanant », c’est lui qui mène les hommes de son peloton quand les commandants sont blessés ou tués. À l’Escaut, comme tant d’autres des « rats d’eau » canadiens, il perd presque ses pieds à l’humidité. Remis, il poursuit le combat à travers la Belgique et les Pays-Bas jusqu’à la fin de la guerre.

Catégories
Médium :
Vidéo
Propriétaire :
Anciens Combattants Canada
Durée :
2:21
Personne interviewée :
Adélard Thibault
Campagne :
Normandie
Branche :
Armée
Unité ou navire :
Régiment de la Chaudière
Grade militaire :
Sergent
Occupation :
Fantassin

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