Le Canada se souvient

Le journal Le Canada se souvient est destiné aux 12 à 18 ans. Il vise à renseigner les étudiants plus âgés au sujet du patrimoine et de la riche histoire militaire du Canada.

 

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Des Terre-Neuviens à Beaumont-Hamel

Des soldats de Terre-Neuve avant leur attaque à Beaumont-Hamel.
Photo gracieusement fournie par les Archives provinciales de Terre-Neuve-et-Labrador (PANL NA-3105)

Le 1er juillet est la fête du Canada, mais à Terre- Neuve-et-Labrador, c’est aussi le jour du Souvenir.

L’importance du jour du Souvenir à Terre-Neuve-et-Labrador remonte à la Première Guerre mondiale. Le 1er juillet 1916, près du village français de Beaumont-Hamel, environ 800 soldats du Newfoundland Regiment ont pris part aux combats lors du premier jour de la bataille de la Somme. Les soldats ont courageusement progressé sous les tirs intenses de l’ennemi. On raconte qu’ils ont instinctivement baissé leur menton dans leur cou, comme s’ils affrontaient une tempête de neige.

En moins d’une demi-heure, le régiment a été décimé. Des centaines d’hommes ont été tués, blessés ou portés disparus. Le lendemain, seuls 68 soldats étaient en mesure de répondre à l’appel. Ces pertes ont été ressenties dans presque toutes les communautés de Terre-Neuve. Le régiment s’est reconstruit après cette bataille dévastatrice. Plus tard, le titre Royal Newfoundland Regiment lui a été décerné en reconnaissance du courage et de la détermination de ses membres.

Les sacrifices consentis à Beaumont-Hamel n’ont jamais été oubliés. Cent dix ans plus tard, les gens de Terre-Neuve-et-Labrador prennent encore une pause à l’occasion du jour du Souvenir pour se souvenir des personnes qui ont servi et qui sont mortes.

Bataille de Beaumont-Hamel

 

Pour en apprendre plus au sujet de la bataille de Beaumont-Hamel.

 

Enraciné dans le sacrifice

L’arbre du danger – hier et aujourd’hui.
Photos : Université Memorial de Terre-Neuve

Des spécialistes de l’Université Memorial à St. John’s, Terre-Neuve-et-Labrador, utilisent la technologie moderne pour raconter une histoire très ancienne. Pendant la Première Guerre mondiale, un prunier situé au milieu du champ de bataille de Beaumont-Hamel a été un point de repère important pour les soldats du Newfoundland Regiment. Tout en les aidant à s’orienter pendant l’attaque, il a également été la cible de tirs allemands intenses et le théâtre de nombreuses pertes humaines. Cet arbre brisé est devenu célèbre sous le nom de « Danger Tree » (l’arbre du danger), et il constitue un puissant symbole de courage et de tristesse.

Au fil du temps, l’arbre d’origine s’est détérioré et a été remplacé par des répliques. Des ingénieurs, des historiens et des artistes de l’Université Memorial ont créé un nouvel arbre du danger, plus résistant aux intempéries et composé principalement de fibre de verre. Il a été transporté par avion en France et installé sur le champ de bataille à l’occasion des cérémonies organisées le 1er juillet 2026 pour souligner le 110e anniversaire de la bataille.

L’arbre du danger est enraciné dans le passé, ancré dans le présent et tourné vers l’avenir. Il aidera les nouvelles générations à se souvenir de celles qui les ont précédées.

Se battre pour servir

Deux membres du 2e Bataillon de construction pendant la guerre.
Photo : Domaine public

Le 2e Bataillon de construction était une unité militaire canadienne unique qui a laissé un héritage important.

Les Canadiens noirs avaient hâte de servir leur pays pendant la Première Guerre mondiale. Cependant, en raison de la discrimination généralisée qui régnait à cette époque, il leur était souvent difficile de s’enrôler dans le Corps expéditionnaire canadien. En réponse à la pression exercée par les communautés noires, le 2e Bataillon de construction a été formé à Pictou, en Nouvelle-Écosse, le 5 juillet 1916. Il est devenu la plus grande unité noire de l’histoire militaire canadienne. Le recrutement s’est déroulé dans tout le pays, bien que la plupart des volontaires soient originaires des Maritimes. À la fin de la guerre, quelque 800 hommes avaient servi dans l’unité connue sous le nom de « Bataillon des Noirs ».

L’unité s’est vu confier des rôles de soutien et a servi avec honneur en France, rattachée au Corps forestier canadien. Ses membres ont fourni du bois pour l’entretien des tranchées sur les lignes de front, amélioré les routes et aidé à construire une voie ferrée.

En 2022, le gouvernement du Canada a présenté des excuses officielles pour la discrimination que les membres du 2e Bataillon de construction ont été forcés de vivre. Aujourd’hui, on se souvient de leur service comme d’un chapitre important de l’histoire des Canadiens noirs en uniforme et de l’évolution des attitudes au sein de notre société.

 

Se battre dans les collines de la Corée

Peinture de guerre « Holding at Kapyong » de Ted Zuber.
Image : Collection d’art de guerre Beaverbrook. Musée canadien de la guerre 19900084-001

Au cours d’une nuit désespérée dans les collines de Kapyong, le courage des soldats canadiens a été mis à l’épreuve.

Les Canadiens ont connu des combats acharnés pendant la guerre de Corée. L’une de leurs batailles les plus intenses s’est déroulée au printemps 1951 près de la rivière Kapyong, en Corée du Sud. Là-bas, le 2e Bataillon du Princess Patricia’s Canadian Light Infantry s’est joint à d’autres forces du Commonwealth. Ensemble, ils se sont battus pour défendre une vallée fluviale qui servait de voie de passage clé à travers les collines.

Dans la nuit du 24 au 25 avril 1951, des vagues de soldats chinois ont attaqué les positions canadiennes en profitant de l’obscurité. Nos soldats ont essuyé des tirs nourris et, par moments, nos troupes étaient complètement submergées. La situation est devenue tellement dangereuse qu’ils ont même demandé à l’artillerie du Commonwealth de tirer sur leur position afin de repousser les assaillants. Alors que la bataille s’éternisait, les munitions se sont épuisées et de nouveaux ravitaillements ont dû être largués par avion.

Lorsque les combats ont finalement pris fin, 10 Canadiens avaient été tués et 23 autres, blessés. Mais contre toute attente, l’infanterie avait tenu bon. Pour sa bravoure, le bataillon a reçu la United States Presidential Unit Citation, un honneur rare pour une unité qui n’appartient pas à l’Armée américaine.

 

Dans ses propres mots

Gerald Gowing, de l’Ontario, a combattu à Kapyong.​

« Nous étions encerclés… et les tirs faisaient rage. Nous étions pratiquement à court de munitions et de vivres… croyez-moi, c’était terrifiant. »​

 

Une image vaut mille mots

Photo : MDN

Cette photo montre la lieutenante d’aviation Marian Neilly lors d’un exercice militaire en mai 1955. Elle était infirmière militaire au sein de l’Aviation royale canadienne et était une « para-belle ». Ces infirmières spécialisées étaient formées pour sauter en parachute à partir des avions de sauvetage afin d’aider les personnes blessées pendant les situations d’urgence. Leurs casques robustes et leur combinaison rembourrée les aidaient à se protéger lorsqu’elles devaient sauter dans des environnements difficiles, comme les montagnes et les forêts.

 

Surveillance sur le plateau du Golan

Un soldat de la paix canadien travaille sur un véhicule de l’ONU sur le plateau du Golan en 2002.
Photo : MDN

Pendant des décennies, les troupes canadiennes ont contribué à maintenir une paix fragile dans une région en proie à des tensions.

Les membres des Forces armées canadiennes ont été déployés pour la première fois sur le plateau du Golan en 1974. Ils faisaient partie d’une mission des Nations Unies (ONU) mise en place pour superviser un cessez-le-feu entre la Syrie et Israël après la guerre du Kippour. Le Canada a continué de participer à cette mission pendant des décennies, ce qui en fait l’un des plus longs efforts de maintien de la paix de notre pays.

Nos soldats de la paix ont accompli d’importantes tâches de soutien pour la force de l’ONU là-bas. Ils ont assuré l’entretien des véhicules, traité les communications et rempli d’autres rôles logistiques clés qui ont aidé à assurer le fonctionnement quotidien de la mission. Plus de 12 000 Canadiens ont servi sur le plateau du Golan avant que la plupart d’entre eux ne soient retirés en 2006. Pendant plusieurs années encore, une présence nettement réduite a été maintenue.

Les missions de maintien de la paix peuvent avoir un coût élevé. Le 9 août 1974, neuf membres des Forces armées canadiennes sont morts lorsque leur avion a été abattu par un missile alors qu’ils acheminaient du ravitaillement vers le plateau du Golan. Il s’agit à ce jour du plus lourd bilan en vies humaines enregistré en une seule journée par le Canada lors d’une mission de maintien de la paix. La journée du 9 août est désormais célébrée chaque année au Canada comme la Journée nationale des Gardiens de la paix.

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Les Canadiennes en uniforme

Une tireuse depuis la porte d’un hélicoptère de l’Aviation royale canadienne.
Photo : MDN

Aujourd’hui, les femmes dans l’Armée canadienne peuvent piloter des avions de chasse, commander des navires de guerre et mener des missions partout dans le monde. Mais pendant des décennies, on leur a dit : Il n’y a aucune place pour vous dans l’armée.

Les femmes font partie intégrante de l’Armée canadienne depuis plus de 125 ans. Au début des conflits, leurs possibilités de servir en uniforme étaient limitées. Les femmes ont assumé des rôles d’infirmières militaires, prenant soin de soldats malades et blessés pendant la guerre d’Afrique du Sud et la Première Guerre mondiale.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, leurs contributions ont pris de l’ampleur. En 1941, le Service féminin de l’Armée canadienne et l’Aviation royale canadienne (division féminine) ont été créés.

Le Service féminin de la Marine royale canadienne a suivi en 1942. Au début, leurs membres occupaient des postes de soutien, comme le travail de bureau, la cuisine et le nettoyage. Ces rôles se sont élargis au fil du temps. Les femmes sont devenues mécaniciennes, conductrices, cryptographes, opératrices de radar, plieuses de parachute et plus encore. Plus de 50 000 Canadiennes avaient servi lorsque la guerre a pris fin en 1945.

Les progrès se sont poursuivis au cours des décennies qui ont suivi, mais non sans résistance. Une percée majeure est survenue en 1989, lorsque presque tous les métiers des Forces armées canadiennes ont été officiellement ouverts aux femmes. Ce changement n’a pas tassé tous les obstacles, mais il a marqué un moment décisif. Aujourd’hui, les femmes peuvent servir dans tous les rôles, et elles représentent plus de 16 % du personnel militaire canadien.

 

Notre histoire : Les Canadiennes en uniforme

Des infirmières dans des tentes de campagne boueuses jusqu’aux plus hauts échelons du commandement, les femmes militaires du Canada ont défié les attentes. Elles ont brisé les barrières. Elles ont changé le cours de l’histoire. Leur engagement, c’est l’histoire du Canada… et la vôtre aussi.

Canadiennes en uniforme

 

Pour en apprendre plus au sujet des Canadiennes en uniforme.

 

Défendre Hong Kong

La défense de Hong Kong a été la première grande bataille à laquelle les soldats canadiens ont participé pendant la Seconde Guerre mondiale.

À la fin d’octobre 1941, environ 1 975 soldats canadiens ont quitté Vancouver pour se rendre à Hong Kong. Leur mission était d’aider à défendre cette colonie de la Couronne britannique en Asie de l’Est contre une éventuelle invasion japonaise.

Le 8 décembre, seulement quelques semaines après leur arrivée, les forces ennemies ont lancé une attaque. Les défenseurs alliés, en infériorité numérique, se sont battus courageusement pendant plus de deux semaines avant que les Japonais ne les forcent à se rendre. C’était le jour de Noël.

Le tribut a été monumental. Environ 290 soldats canadiens ont été tués, près de 500 ont été blessés et plusieurs ont été faits prisonniers de guerre. La vie dans les camps japonais était dure et menait souvent à la mort. Plus de 260 autres Canadiens sont morts à cause de la malnutrition, des travaux forcés et des mauvais traitements dans les camps avant la libération, à la fin de la guerre, au mois d’août 1945.

Des soldats canadiens s’entraînent à Hong Kong avant l’invasion par le Japon.
Photo : IWM KF 189

 

Dans ses propres mots

George MacDonell, de l’Ontario, n’avait que 19 ans lorsqu’il a combattu à Hong Kong. Il a ensuite évoqué avec fierté le service et les sacrifices de nos soldats sur place :

« L’histoire de Hong Kong n’est pas celle de la défaite des Canadiens, mais celle de leur combat, mené avec courage et distinction, contre une force écrasante. »​

 

Un bras canon

Photo : Domaine public

William « Bill » O’Hara est né à Toronto en 1881. C’était un athlète talentueux qui a joué au baseball pour les Orioles de Baltimore, les Giants de New York et les Cardinals de St. Louis. Reconnu pour sa puissance et son lancer précis, le voltigeur a éliminé de nombreux coureurs qui s’étaient trop éloignés des bases.

Lorsque la Première Guerre mondiale a éclaté, Bill a décidé de revêtir un autre type d’uniforme. Après avoir brièvement piloté des avions au sein de l’Aviation, il a été transféré à l’infanterie et s’est joint au 24e Bataillon du Corps expéditionnaire canadien. Au cours de la bataille de la Somme en 1916, le lieutenant O’Hara a su mettre à profit ses compétences en baseball. Sa grande précision dans le lancer des grenades lors d’un raid de tranchée lui a valu une recommandation pour l’attribution de la Croix militaire. Bill a été blessé lors de la bataille de la crête de Vimy et il est retourné au Canada en 1918.

 

Aucun raccourci

La majore Doucette en uniforme.
Photo : MDN

Ayant grandi au Cap-Breton, en Nouvelle-Écosse, Lynn Doucette rêvait de servir dans la Gendarmerie royale du Canada (GRC). Mais elle n’a pas hérité du gène de la taille et les exigences relatives à la taille des agents de la GRC étaient strictes; Lynn était trop petite d’un centimètre. L’un des frères de Lynn s’était enrôlé dans l’armée et, en 1979, elle a décidé de se joindre à lui.

Elle a excellé dès le début, et elle a rapidement été sélectionnée pour la formation des officiers. En moins de huit ans, elle a atteint le grade de majore dans l’Aviation. Elle a servi au Canada et à l’étranger. Peu après la fin de la guerre du Golfe en 1991, la majore Doucette a été affectée à une base aérienne américaine en Türkiye. Elle est devenue la première femme commandante d’équipage de mission canadienne à bord d’un appareil équipé du système aéroporté d’alerte et de contrôle (AWACS). Ces grands avions de guerre américains étaient équipés d’un radar puissant qui en faisait des yeux vigilants dans le ciel de la région.

Lynn a pris sa retraite de l’Aviation royale canadienne en 2014 après 35 ans de service. Elle a atteint des sommets dans le ciel et gravi les échelons dans l’armée… et tout ça grâce à un seul centimètre.

Que se passe-t-il?

Un gardien de la paix en congé cale un roulé sur un terrain de golf en sable, en Égypte.​
Photo : MDN​

Une photo de quelqu’un qui joue au golf n’est pas si impressionnante, mais regarde de plus près : elle date de 1962. Et dans du sable, pas de l’herbe! Il s’agit d’un militaire canadien qui prend une pause de ses fonctions de maintien de la paix en Égypte.

Pourquoi penses-tu que l’activité physique est importante pour garder les troupes en bonne santé physique et mentale?

 

La Légion royale canadienne fête ses 100 ans

Œuvre réalisée par Emma Cervinka dans le cadre du concours d’affiches de la Légion royale canadienne.
Image : © Légion royale canadienne

Au cours du dernier siècle, la Légion royale canadienne a été très présente dans les communautés de tout le pays. L’une de ses activités les plus connues est la Campagne annuelle du coquelicot. Grâce à celle-ci, des millions de Canadiens portent un coquelicot chaque automne pour rendre hommage aux personnes qui ont servi et qui sont mortes pour notre pays.

Un autre élément clé du travail de la Légion consiste à aider les jeunes à se renseigner sur le Souvenir. Chaque année, elle organise les Concours nationaux du Souvenir pour les jeunes.

Ces concours encouragent les jeunes Canadiens à se souvenir au moyen de l’art, de récits et de vidéos. L’art visuel et les réflexions écrites sont de puissants outils pour exprimer nos pensées et réfléchir à ce que signifie le Souvenir.

 

Comment utiliseras-tu ta créativité pour rendre hommage aux vétérans et vétéranes du Canada?
Pour en savoir plus sur les Concours nationaux du Souvenir pour les jeunes organisés par la Légion royale canadienne, consulte le site concoursdusouvenir.ca.

N’oublie pas de te souvenir!

Les notes adhésives nous aident à nous souvenir des choses importantes. En novembre, elles  transforment le slogan « N’oublions jamais » en actions. Écris des remerciements ou le nom d’un vétéran dont tu te souviens sur les carrés rouges. Ajoute un centre noir pour créer un coquelicot du souvenir!

Pour en apprendre plus au sujet de l’activité N’oublie pas de te souvenir.

 

La commémoration en ligne

Les monuments commémoratifs ne sont pas tous faits de pierre. Le Mémorial virtuel de guerre du Canada rend hommage à plus de 120 000 Canadiens et Terre-Neuviens qui sont morts en uniforme depuis la Confédération. Tous les militaires tombés au combat ont leur propre page commémorative. Les familles, les amis et les membres du public peuvent télécharger des photos et de l’information pour donner vie à leurs histoires.

As-tu des photos à partager?

Faire des recherches sur un Canadien tombé au combat issu de ta famille ou de ta communauté est une excellente façon de rendre hommage à sa mémoire. Tu peux partager des photos et des renseignements que tu trouveras sur le Mémorial virtuel de guerre du Canada! N’oublie pas de jeter un coup d’œil au tableau d’honneur quotidien et aux autres collections. Apprends-en plus sur les Canadiens qui ont donné leur vie pour la liberté dont nous jouissons aujourd’hui.

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Devoir difficile en Afghanistan

Un soldat canadien devant un véhicule blindé léger III en Afghanistan.
Photo : MDN

La mission du Canada en Afghanistan a été le plus important déploiement militaire outre-mer de notre pays depuis la Seconde Guerre mondiale.

Plus de 40 000 membres des Forces armées canadiennes ont servi en Afghanistan entre 2001 et 2014. Le terrain sec et montagneux de l’Asie du Sud-Ouest et les dangers changeants de la guerre moderne ont rendu la mission particulièrement difficile. Les objectifs du Canada en Afghanistan comprenaient la lutte contre le terrorisme international, l’amélioration de la sécurité et l’aide à la reconstruction de la société afghane.

Les membres de l’armée, de la marine et de l’aviation ont tous joué un rôle important. Des militaires canadiens patrouillaient dans les eaux au large de l’Asie du Sud-Ouest, échangeaient des tirs avec des forces ennemies et appuyaient des projets de reconstruction. Ils ont également aidé à former les forces de sécurité afghanes dans des conditions difficiles et dangereuses.

Pour de nombreux Canadiens, la mission en Afghanistan est étroitement associée à la province de Kandahar. De 2005 à 2011, les troupes canadiennes ont mené des opérations de combat dans cette région accidentée. C’était un foyer d’activités d’insurrection. Chaque fois que des soldats sortaient du périmètre de sécurité, le risque d’une attaque par les talibans était bien réel. Les batailles, les engins explosifs improvisés (EEI) et les embuscades ont fait de nombreuses victimes. Les soldats canadiens tombés au champ d’honneur ont trop souvent fait l’objet de reportages aux nouvelles.

La mission militaire du Canada en Afghanistan a pris fin en mars 2014. Au total, 158 membres des Forces armées canadiennes sont morts et plus de 2 000 ont été blessés. Bien que la mission soit terminée, les vétérans et les vétéranes en ressentent encore les effets aujourd’hui.

Qu’est-ce que tu vois?

Photo : MDN

Quelle histoire cette photo d’un soldat qui revient de l’Afghanistan te raconte-t-elle au sujet des répercussions du service sur les militaires et leur famille?

 

Se souvenir de l’Afghanistan

Interprétation artistique du concept du monument.
Image © Team Stimson

Un important nouveau monument commémoratif de guerre est en cours de construction au Canada. Le Monument commémoratif national de la mission du Canada en Afghanistan devrait être inauguré en 2028.

Le monument a été conçu par l’artiste Adrian Stimson de la nation des Siksika (Pieds-Noirs). Il a passé du temps en Afghanistan en 2010 dans le cadre du Programme d’arts des Forces canadiennes.

La forme circulaire du monument s’inspire de la roue de médecine, symbole d’équilibre, de guérison et de réflexion partagé par de nombreuses Premières Nations. Les quatre entrées des murs incurvés sont orientées vers le nord, le sud, l’est et l’ouest. Ces différents espaces aident les visiteurs à réfléchir aux raisons pour lesquelles les Canadiens ont servi, à la façon dont les vétérans et leurs familles ont été touchés et à l’importance de la commémoration. À l’intérieur du cercle se trouve un espace paisible. Certains des murs qui l’entourent montrent les noms des membres des Forces armées canadiennes et des civils canadiens qui sont morts au cours de la mission. Au centre, quatre gilets pare-balles nous rappellent les membres qui ont servi et la façon dont ils se sont protégés et ont aidé le peuple afghan.

Pour en savoir plus, consulte notre nouvelle vidéo sur le Monument commémoratif national de la mission du Canada en Afghanistan!

 

Enseignements du bâton à exploits

Un porteur du bâton à exploits des Forces armées canadiennes, 2018.
Photo : MDN

Dans les cultures autochtones, le bâton à exploits fait partie intégrante des cérémonies depuis des temps immémoriaux. Plus que de simples objets, ce sont des symboles qui unissent les générations et relient les êtres vivants à leurs ancêtres.

Les Autochtones servent depuis longtemps dans les forces militaires canadiennes. Cependant, ils ressentaient souvent une pression les poussant à dissimuler leur identité culturelle et leurs traditions. Il y a vingt-cinq ans, un petit groupe de membres autochtones des Forces armées canadiennes s’est réuni pour discuter des difficultés que vivaient leurs pairs en uniforme. Ils ont alors compris que la création d’un symbole porteur de sens pourrait contribuer à leur reconnaissance. C’est ainsi qu’est né le bâton à exploits des Forces armées canadiennes et du ministère de la Défense nationale. Cette longue branche de frêne est ornée d’une tête d’aigle sculptée, de plumes d’aigle, d’une ceinture fléchée métisse, d’une défense de narval et d’autres représentations symboliques des peuples autochtones d’un océan à l’autre.

Ce bâton à exploits a été intégré à de nombreuses cérémonies commémoratives au fil des ans. Il rend hommage aux sacrifices des militaires autochtones, tout en respectant les traditions autochtones. Il s’agit d’un pas de plus sur le long chemin de la réconciliation.

 

Le bâton à exploits

La sergente Spence avec le bâton à exploits aux cérémonies du jour J en 2024.
Photo : MDN

Le bâton à exploits du ministère de la Défense nationale et des Forces armées canadiennes est un puissant symbole de la longue tradition du service militaire autochtone dans notre pays. Voici quelques-unes des significations particulières de sa conception.

Sculpture d’aigle : Un puissant rapace qui vole vers le Créateur pour offrir des prières.

Drapeaux canadien, provinciaux et territoriaux : Symbolise les personnes qui partagent cette terre avec les peuples autochtones.

Coeur de l’éthique : Symbolise les sept enseignements sacrés des aînés : amour, respect, honnêteté, sagesse, vérité, humilité et courage.

Main d’un vétéran : Empreinte de main noircie rendant hommage aux gens qui nous ont précédés.

13 plumes d’aigle : Représente chaque calendrier lunaire et les peuples autochtones de chaque province et territoire.

Ceinture métisse, arc de frêne des Premières Nations, défense de narval inuite : Symbolise les différents peuples autochtones de cette terre.

 

 

Chaque monument raconte une histoire

Nous concevons et construisons des monuments commémoratifs pour rendre hommage aux gens, commémorer des événements majeurs et aider les générations futures à comprendre l’histoire. Ils peuvent avoir une importance locale, nationale ou internationale.

Voici quelques-uns des principaux monuments commémoratifs militaires canadiens au pays et à l’étranger.

Mémorial national du Canada à Vimy

Photo : ACC

Lieu : Pas-de-Calais, France

Objectif : Rendre hommage à tous les Canadiens qui ont servi pendant la Première Guerre mondiale, marquer le lieu de la bataille de la crête de Vimy et se souvenir des noms de ceux qui sont morts sans sépulture connue en France.

Artiste : Walter Allward, de Toronto (Ontario)

Année d’inauguration : 1936

Matériel : Calcaire

 

Monument national érigé en l’honneur des anciens combattants autochtones

Photo : ACC

Lieu : Ottawa (Ontario) Objectif : Rendre hommage aux membres des Premières Nations, aux Métis et aux Inuits du Canada qui ont porté l’uniforme militaire.

Artiste : Lloyd Pinay de la Première Nation Peepeekisis en Saskatchewan

Année d’inauguration : 2001

Matériel : Sculpture en bronze et base en pierre

Faits saillants: Le monument représente quatre membres de différents groupes autochtones au Canada et cinq animaux qui ont une signification spirituelle particulière dans les cultures autochtones, soit un aigle, un loup, un wapiti, un bison et un ours.

 

Coup de tonnerre – Le Monument national 2ELGBTQI+

Image : Patrimoine canadien​

Lieu : Ottawa (Ontario)

Objectif : Commémorer la discrimination historique à laquelle les personnes 2ELGBTQI+ ont fait face au Canada, y compris pendant la Purge LGBT des Forces armées canadiennes.

Artiste : Shawna Dempsey et Lorri Millan, ainsi que l’aîné Albert McLeod

Année d’inauguration : 2026

Matériel : Sculpture, sentier et parc Hauteur : 10 mètres

Faits saillants : Le concept s’inspire du symbolisme d’un nuage orageux, qui incarne la force, l’activisme et l’espoir des communautés 2ELGBTQI+. L’intérieur, revêtu de tuiles miroir, représente les obstacles qu’ils ont dû surmonter. L’aménagement paysager comprend un cercle de guérison composé de pierres.

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Une idée révolutionnaire

Des militaires canadiens en 1957 dans le cadre d’une mission de maintien de la paix de l’ONU en Égypte.
Photo : BAC

La Crise de Suez de 1956 a été un moment déterminant dans l’histoire militaire du Canada. Elle a  contribué à introduire le concept du maintien de la paix internationale.

Des dizaines de milliers de membres des Forces armées canadiennes ont servi au Moyen-Orient. Leur participation remonte à la Première Guerre mondiale, et elle comprend des missions de maintien de la paix, des missions pendant la guerre du Golfe et des efforts plus récents. Au fil des ans, les Canadiens ont mené des opérations de combat, imposé des embargos commerciaux, fourni de l’aide humanitaire et travaillé aux côtés d’alliés pour promouvoir la stabilité dans la région.

L’une des contributions les plus importantes du Canada dans la région a commencé il y a 70 ans, lors de la Crise de Suez de 1956. Cette confrontation armée a eu lieu dans la péninsule du Sinaï, en Égypte. Les forces égyptiennes ont affronté des troupes d’Israël, de la Grande-Bretagne et de la France. La situation était extrêmement tendue et menaçait d’entraîner une nouvelle guerre mondiale.

Les Nations Unies (ONU) ont agi rapidement pour trouver une solution pacifique, et le Canada a joué un rôle de premier plan. Lester B. Pearson, ministre des Affaires étrangères du Canada et futur premier ministre, a proposé un nouveau genre de mission internationale : la création d’une force multinationale de l’ONU. Des soldats de plusieurs pays, dont le Canada, seraient envoyés dans la région. L’idée était qu’ils contribueraient à l’imposition d’un cessez-le-feu et surveilleraient le retrait des troupes étrangères.

Cette idée a pris forme et elle est devenue un modèle pour les futures missions de maintien de la paix dans le monde. Elle a également contribué à définir le rôle et l’identité du Canada sur la scène internationale au cours des décennies suivantes. En reconnaissance de son leadership, Lester B. Pearson a reçu le prix Nobel de la paix en 1957.

L’histoire dans les graffitis

Le soldat Charles Auguste Desrosiers, de Québec, a gravé son nom dans un tunnel près de la crête de Vimy.
Source : Les Tranchées de Mémoire

Tout au long de l’histoire, les gens ont laissé leur marque sur les murs. Que ce soit en utilisant de la peinture en aérosol de nos jours, ou en gravant des mots et des images dans la pierre il y a des siècles, les humains ont toujours cherché des moyens de dire au monde : « J’étais ici ». Les soldats n’ont pas fait exception.

Des millions de soldats ont combattu dans le nord de la France pendant la Première Guerre mondiale. La découverte de leurs graffitis a eu lieu plus d’un siècle plus tard. Certains soldats créaient des sculptures complexes dans les tunnels souterrains. D’autres ont griffonné leur nom et leur numéro matricule sur les murs des bâtiments.

Patrice Machin, un passionné d’histoire de la France, travaille à préserver ces fragiles vestiges du passé. Il photographie des graffitis de guerre, puis utilise des bases de données modernes pour faire des  recherches sur les noms et les numéros matricules qu’il trouve. M. Machin a créé le site Web Les Tranchées de Mémoire pour faire connaître ses découvertes. Jusqu’à maintenant, il a identifié plus de 250 militaires canadiens. Grâce à son travail, de simples marques laissées il y a longtemps aident à raconter l’histoire de ceux qui ont servi.

Une réflexion historienne

Image : Durand Group​
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Voici des graffitis laissés dans le tunnel Goodman, un tunnel utilisé par les soldats avant la bataille de la crête de Vimy en 1917. Tu peux voir une photo du mur entier sur notre site Web.

Quels noms vois-tu? Choisis-en un et essaie de faire des recherches sur ce soldat!

 

Le mémorial itinérant du centenaire

Les élèves du conseil scolaire Sir Wilfrid Laurier en pleine construction du monument en 2023.
Photo : D. Johnson, conseil scolaire Sir Wilfrid Laurier

François « Franck » Dupéré est né à Sept-Îles, au Québec, en 1980. Il s’est joint au Royal 22e Régiment alors qu’il était encore adolescent. Durant sa carrière dans les Forces armées canadiennes, il a servi outre-mer en Bosnie et en Afghanistan.

En avril 2011, lors de sa deuxième mission en Afghanistan, le caporal Dupéré a été grièvement blessé dans une explosion. Il a perdu un œil et un poumon, et a subi d’autres blessures graves. Il a passé trois mois à l’hôpital, mais s’est suffisamment rétabli pour poursuivre son service jusqu’à sa libération des Forces armées en 2015.

Franck abordait la vie avec plein d’énergie et de détermination. Il a gravi le mont Kilimandjaro et fait des randonnées dans l’Himalaya en compagnie d’autres vétérans. Il a participé à la Marche de Nimègue aux Pays-Bas et a collaboré avec l’Institut Dallaire en Afrique afin d’aider à prévenir le recours aux enfants soldats. Il s’est également rendu dans des écoles de Montréal pour raconter son histoire et inspirer les jeunes par sa résilience et son optimisme.

Franck est décédé dans un accident en 2021. Pour rendre hommage à sa vie, des élèves du conseil scolaire Sir Wilfrid Laurier ont lancé un projet commémoratif du centenaire. Le Mémorial du caporal François (Franck) Dupéré est une exposition commémorative en bois qui parcourt le Canada. Chaque année, l’école-hôte ajoutera le nom gravé d’un vétéran local qui a été un exemple de courage et de service. En 2026, c’est l’école secondaire James M. Hill Memorial à Miramichi, au Nouveau-Brunswick qui l’accueillera.

À quel membre de ta communauté rendrais-tu hommage avec ce monument militaire unique?

 

Choix de conception

Monument Mémoire de Flandre à Ottawa.

Monument Mémoire de Flandre à Ottawa.
Photo : ACC
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Les monuments commémoratifs peuvent mettre en valeur de nombreuses personnes ou ne commémorer qu’une seule personne. Le monument Mémoire de Flandre rend hommage à John McCrae, un poète canadien et médecin de l’armée pendant la Première Guerre mondiale. Il est l’auteur du célèbre poème Au champ d’honneur.

Les concepteurs de monuments commémoratifs choisissent soigneusement chaque élément dans leurs créations. Quels symboles vois-tu sur cette photo?

 

Un poème, plusieurs voix

Le poème de John McCrae est encore lu lors des cérémonies du jour du Souvenir dans le monde entier. Visite notre site Web pour visionner, lire et entendre Au champ d’honneur dans plus de 25 langues autochtones et internationales parlées au Canada aujourd’hui!

 

Lire entre les lignes

Affiche canadienne de la Seconde Guerre mondiale.

Image: LAC
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Jette un coup d’œil à cette affiche canadienne de la Seconde Guerre mondiale, créée par l’artiste Ted Harris.

  • Qui est la personne mise en valeur sur l’affiche?
  • Est-ce une civile ou une militaire? Comment peux-tu le savoir?
  • Qui est à l’arrière-plan?
  • Selon toi, quel message principal l’affiche essaie-t-elle de communiquer?
  • Selon toi, qui est le public cible?
  • Que signifie « RCAF »?
  • On peut y lire : « Moi aussi, je suis de l’équipe. » Fais des recherches et dresse une liste des types de tâches que les femmes avaient le droit d’accomplir (ou non) pendant la Seconde Guerre mondiale.
 

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