See You in the Morning... La philosophie du vol

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Description

Ce montage de diverses pensées et anecdotes de M. Côté nous aide à comprendre la fibre morale nécessaire au métier de pilote.

Jacques Côté

M. Jacques Côté est né à Joliette (Québec). Il avait 19 ans lorsqu’il s’est enrôlé à Montréal. Il a quitté le Canada pour l’Europe à partir du port d’Halifax en 1943. À son arrivée, il a été cantonné à Bournmouth, en Angleterre. Pilote d’avions Wellington, M. Côté a été affecté au 425e Escadron, qu’on surnommait les « Alouettes », et en 1943 il a été appelé au combat. Il a participé à plus de 32 missions opérationnelles pendant son service. M. Côté est récipiendaire de la Croix du service distingué de l’Aviation en raison de ses exploits comme pilote. Il a sauvé son équipage d’attaques ennemies à plus d’une reprise. En novembre 1944, il a été affecté à Rockliffe (Ontario). M. Côté s’est retiré de l’Aviation royale du Canada en 1945. Il a été courtier jusqu’à sa retraite

Transcription

Puis là, j’ai eu des problèmes de santé, parce que j’étais... c’était des problèmes de santé... c’était la nervosité. Puis, le docteur m’a envoyé à Basingstoke. Ça, c’était l’hôpital neurologique. C’était l’étape avant que tu tombes à LMF. Connaissez-vous LMF (lack of moral fibre) ? Alors, si tu allais plus loin, tu... Alors, le docteur dit: « Tu n’as rien physiquement. » Il dit: « Je t’examine ça. » Il dit: « Je pense que tu as peur. » J’ai dit: « Oui, j’ai peur ! J’ai peur, oui, j’ai peur ! » Il dit: « Il y a deux remèdes pour toi : je peux t’envoyer chez vous et on n’en reparlera plus. » Mais je savais qu’est-ce que ça voulait dire, ça. « Puis, je peux t’envoyer à l’escadrille, puis dans 15 jours tu n’auras plus peur. » J’ai dit: « Okay. Back to squadron ! » Je réalisais que c’était ma vie qui se jouait là, hein. Si j’avais été faible là, j’aurais pas vécu comme je vis aujourd’hui. Alors, j’ai retourné à l’escadrille, puis j’ai fait dix voyages, je pense, en neuf jours. D’ailleurs, quand j’ai arrivé à l’escadrille, je m’étais dit : « Je ne veux pas être le meilleur moi, je veux être le plus vieux. » Alors... On me l’a reproché des fois, mais ça me faisait rire. Après mon accident, j’ai eu deux gunners nouveaux. Puis, on a fait un voyage avec eux autres. Puis, moi je pensais qu’ils étaient corrects, qu’ils étaient satisfaits, que ça allait assez bien. Un nommé Boucher et un dénommé Connell. Et, on a fait un deuxième voyage, puis moi j’étais satisfait de notre travail... Puis, ils m’arrivent au troisième, puis ils disent: « Nous autres, on ne veut pu voler avec toi. Tu n’es pas assez sérieux. You’re not dependable enough. » « Ah ça se peut les gars. Vous êtes libres. » Je dis : « Venez pas avec moi si vous n’êtes pas sûrs. » Fait qu’ils sont partis, puis ils ont dit, puis j’ai... ils me disaient ça, le matin de bonne heure, puis il y a une chance il y avait une opération ce soir-là. Puis j’ai eu le temps d’aller voir le commandant, puis il m’a trouvé deux autres gars pour les remplacer. Puis les autres, il les a envoyés sur deux avions différents. Puis avant de partir, après le briefing, ils ont dit : « Écoute, à soir tu t’en vas sur un gros target, on est allé nous autre déjà. Puis ci, [...] » Fait que, j’ai dis : « OK. » On disait jamais aux gars bonne chance nous autres. On disait : « See you in the morning. » Ça c’est le code. See you in the morning. Ils ne sont pas revenus. Ni l’un ni l’autre.

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