See You in the Morning... La philosophie du vol

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Description

Ce montage de diverses pensées et anecdotes de M. Côté nous aide à comprendre la fibre morale nécessaire au métier de pilote.

Transcript

Puis là, j’ai eu des problèmes de santé, parce que j’étais... c’était des problèmes de santé... c’était la nervosité. Puis, le docteur m’a envoyé à Basingstoke. Ça, c’était l’hôpital neurologique. C’était l’étape avant que tu tombes à LMF. Connaissez-vous LMF (lack of moral fibre) ? Alors, si tu allais plus loin, tu... Alors, le docteur dit: « Tu n’as rien physiquement. » Il dit: « Je t’examine ça. » Il dit: « Je pense que tu as peur. » J’ai dit: « Oui, j’ai peur ! J’ai peur, oui, j’ai peur ! » Il dit: « Il y a deux remèdes pour toi : je peux t’envoyer chez vous et on n’en reparlera plus. » Mais je savais qu’est-ce que ça voulait dire, ça. « Puis, je peux t’envoyer à l’escadrille, puis dans 15 jours tu n’auras plus peur. » J’ai dit: « Okay. Back to squadron ! » Je réalisais que c’était ma vie qui se jouait là, hein. Si j’avais été faible là, j’aurais pas vécu comme je vis aujourd’hui. Alors, j’ai retourné à l’escadrille, puis j’ai fait dix voyages, je pense, en neuf jours. D’ailleurs, quand j’ai arrivé à l’escadrille, je m’étais dit : « Je ne veux pas être le meilleur moi, je veux être le plus vieux. » Alors... On me l’a reproché des fois, mais ça me faisait rire. Après mon accident, j’ai eu deux gunners nouveaux. Puis, on a fait un voyage avec eux autres. Puis, moi je pensais qu’ils étaient corrects, qu’ils étaient satisfaits, que ça allait assez bien. Un nommé Boucher et un dénommé Connell. Et, on a fait un deuxième voyage, puis moi j’étais satisfait de notre travail... Puis, ils m’arrivent au troisième, puis ils disent: « Nous autres, on ne veut pu voler avec toi. Tu n’es pas assez sérieux. You’re not dependable enough. » « Ah ça se peut les gars. Vous êtes libres. » Je dis : « Venez pas avec moi si vous n’êtes pas sûrs. » Fait qu’ils sont partis, puis ils ont dit, puis j’ai... ils me disaient ça, le matin de bonne heure, puis il y a une chance il y avait une opération ce soir-là. Puis j’ai eu le temps d’aller voir le commandant, puis il m’a trouvé deux autres gars pour les remplacer. Puis les autres, il les a envoyés sur deux avions différents. Puis avant de partir, après le briefing, ils ont dit : « Écoute, à soir tu t’en vas sur un gros target, on est allé nous autre déjà. Puis ci, [...] » Fait que, j’ai dis : « OK. » On disait jamais aux gars bonne chance nous autres. On disait : « See you in the morning. » Ça c’est le code. See you in the morning. Ils ne sont pas revenus. Ni l’un ni l’autre.

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