Attention!
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Description
Monsieur Weber nous raconte les quatorze mois de patrouilles côtières du NCSM Athabaskan dans les mers environnant la péninsule de Corée.
Louis Bryant Weber
Monsieur Weber avoue en riant qu’il est devenu militaire très jeune parce qu’il voulait devenir un héros. Enrôlé à dix-sept ans, il est formé à Hamilton (Ontario) et Cornwallis (Nouvelle-Écosse) et devient canonnier pour la Marine Royale du Canada. Volontaire pour la guerre de Corée, il se retrouve à bord du NCSM Athabaskan où il patrouille les côtes de la péninsule coréenne pendant quatorze mois. Il y est chef d’équipe d’une tourelle. De retour au pays, il quitte la vie militaire et choisit de ne pas parler de son expérience pendant de nombreuses années.
Transcription
On a embarqué pis on a parti. C’était une aventure. On savait pas c’est quoi. C’était une aventure.On a arrêté à Hawaï, Midway… c’était pas mal… Là, on a rentré à Sasebo, Japan. On était stationné à Kure, Japan. C’est là qu’on rentrait pour R & R après chaque patrouille.On patrouillait trente, trente-cinq jours, quarante jours. On était en patrouille quarante jour pis on rentrait dans le port pour trois jours. On avait liberty mais… C’était à peu près ça.On n’avait pas beaucoup de temps libre su’ le bateau. On était sur… Death Watch. Tu travailles huit heures, t’es off pour quatre heures là, pis...Là-bas, on faisait le Train Busting puis… des affaires de même. J’étais gunner là, on ancrait là pis… c’est… les trains descendaient avec les supplies pis les troops. On attendait sur une package, pis ils sortaient le package, on tirait. On essayait d’arrêter. Des fois là, tu passais la nuit sur l’action station. Si un train sortait, ben tu blastais la train pis c’est ça. Moi j’étais captain de… une gun turret, pis on vivait ensemble. On était proche. On était huit, huit sur le turret. On était le trainer, layer, loader, pis supplied amunition, c’est ça. C’est moi qui pointais le gun, qui tirait le gun.À part de ça ben… on a sorti trois ROK qui étaient mal amanchés. On a sorti, c’était pas mal dangereux. Y’avait trois ROK qui avaient de l’information qu’on avait besoin. Pis on a envoyé un cutter aller les chercher. Pis y’avait une pile de ROK (sic)… des Reds en arrière là, qui s’en venaient. C’était proche pis on tirait. On a sorti. On n’en a sauvé deux. Une est morte, mais on en a sauvé deux.Mais sur duty c’était rough. Mettons l’hiver, là, t’embarquais sur le lookout. T’es là pour huit heures. Ben huit heures avec des vagues pis tout ça là, t’étais gelé dans ça là. Là, ils venaient te sortir de là, mais ça a pris une demi heure te sortir de là pis tu retournais quatre heures après ! C’était rough.T’es pas couché dans ta hammock, t’es couché sur les bancs, à terre, n’importe où, parce que t’avais pas grand temps. Même, j’ai couché sur le deck, dehors.Interviewer : Est-ce que c’est tous des Canadiens sur le bateau ? Ah oui. Ben, on avait un ROK, un Coréen du sud, qui était interprète. Parce que, des fois, on arrêtait les sampans, pis on fouillait les sampans, parce qu’ils charriaient les munitions pour le nord. Pis là ça prenait lui là pour parler à eux autres pis expliquer eux autres.Une fois, on a eu peur, y’a une mine qui a frotté le côté de notre bateau dans la nuit. Pis on a tiré par après mais… C’est la seule chose qui m’a vraiment fait peur. Pas si pire pour quatorze mois ! (rires)