Attention!
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Description
Transféré du camp de prisonniers de Sham Shui Po à celui de North Point, M. Brunet nous raconte un peu les conditions de vie.
Lucien Brunet
M. Brunet et son frère veulent être pilote mais leur niveau d’éducation ne leur permet pas et l’Aviation royale canadienne (ARC) refuse leur candidature. Puis en 1940, il est appelé par les forces dans le cadre de la Loi sur la mobilisation des ressources nationale. Il est brièvement formé à Huntingdon. Il est ensuite invité à s’enrôler dans l’armée régulière, mais il refuse. De retour à la maison, il reçoit une lettre lui apprenant qu’il a été versé dans un régiment en tant que réserviste. Il participe alors à des sessions de formation deux à trois fois semaine. Ayant postulé à toute sorte d’endroit pour se trouver un emploi, un jour il reçoit une lettre du gouvernement canadien lui disant qu’il avait obtenu une place au sein du Service postal de l’armée canadienne. Il joint les forces le premier août 1941 et s’occupe du courrier destiné aux hommes du front européen. Après environ un mois à Ottawa, le gouvernement commence à former la Force C (destinée à prêter main fort aux Britanniques à Hong Kong) et il est choisi en tant que postier du quartier général (QG) de la brigade de la Force C. Il quitte Ottawa en octobre vers Vancouver. De là il s’embarque sur le Awatea (navire néo-zélandais) vers Hong Kong. Il arrive au camp de Sham Shui Po en novembre, mais la guerre dans le pacifique est déclarée le 8 décembre. Du jour au lendemain, sans véritable formation militaire, il devient fantassin et sert comme garde et messager sur le mont Victoria. En décembre, après l’invasion de l’île par les Japonais, un bombardement tue ses officiers et il est appelé au QG où il sert comme garde jusqu’à la reddition des troupes alliées de Hong Kong. Le lendemain il est fait prisonnier. Il demeure prisonnier de guerre un an à Hong Kong puis trois ans au Japon, jusqu’à la fin de la guerre en août 1945. Il quitte les forces en 1946.
Transcription
Les habits que t’avais sauvées, tu les avais, c’est correct. C’est les seuls habits que t’avais ça. Y’avait pas d’autre chose. Moi j’avais une couverte.Là on se couchait… là on se couchait le mieux qu’on pouvait. Moi j’avais trouvé un vieux cot, je me suis couché là-dessus, eux autres ils couchaient… on avait des lits de bois, là y’avait des lits de bois. C’était rempli de punaises, des puces, des rats pis des puces. J’vous dit là, dans la saison des pluies, quand il pleut là, la saison des pluies là, il pleut, ça arrête pas pendant trente, quarante jours de temps, sans arrêter jour et nuit ! Ça coulait comme un vrai panier ça. (inaudible) les couvertures étaient toutes percées. Ç’a avait été percé par des éclats d’obus, c’était tout, tout… c’était tellement vieux. Ç’a avait été construit dans les années 30 ou 35 ça. C’était ben vieux ça.Savez-vous qu’est-ce qu’y’avait comme toilettes là-bas à North Point ? Y’avait pas de toilettes pour s’asseoir là. Là y’avaient construit avec des trois par trois, un rack qui avançait au-dessus de la baie. Tu te mettais à… tu t’accroupis… t’accroupir, à quatre pattes, t’étais accroupi pis tu faisais ta job là. Pis y’avait pas rien pour empêcher les gars de tomber. Même… finalement ils en ont mis parce que y’a trois gars qu’y’ont tombé dans l’eau.Là la maladie c’est commencé à venir à Hong Kong. La dysenterie est venue. Là y’a venu une épidémie de diphtérie. J’ai été pris là-dedans. J’ai été pris avec la malaria. On n’avait pas de medecine. Y’avait pas rien pour nous guérir ! Y’en avait pas de docteur… j’veux dire nos docteurs étaient là, nos docteurs canadiens, mais ils pouvaient pas nous gué… nous donner des… des médicaments, y’en avait pas. Les Japonais voulaient pas nous en donner.Là on s’est faite battre pour des raisons… où que… aussi stupides l’une que l’autre. Si vous saluiez pas le garde, si vous oubliiez de le saluer, ils vous donnaient des tapes sur la, sur la, la… dans le visage sans arrêter. Ils vous donnaient, si c’était pas… des fois ils prenaient un running shoes, s’ils voyaient même un morceau de hose, ils vous frappaient à coups de hose. Si vous faisiez pas la courbette devant le… Si vous aviez pas de chapeau là… quand vous aviez un chapeau, vous étiez supposé de le saluer. Quand vous aviez pas de chapeau, vous étiez obligé d’arrêter, vous mettre à l’attention, pis là faire la courbette à ‘Monsieur’, pis lui là il nous saluait. Même y’en avaient y’étaient tellement ça, ils se cachaient pour nous pincer. Ils disaient : « Tu m’as pas salué. » Donnent trois, quatre claques sur la gueule. C’était vicieux.Pis à Sham Shui… à North Point, on a eu quatre Canadiens, y’a quatre Canadiens qui se sont échappés, des Winnipeg Grenadiers. Y’ont été recapturés le lendemain pis ils se sont faites soit décapiter ou fusiller. Sont morts. Sont maintenant enterrés dans, au cimetière de Sai Wan.