Prisonnier – conditions

Warning!

This video is only available in French.

Video file

Description

Transféré du camp de prisonniers de Sham Shui Po à celui de North Point, M. Brunet nous raconte un peu les conditions de vie.

Transcript

Les habits que t’avais sauvées, tu les avais, c’est correct. C’est les seuls habits que t’avais ça. Y’avait pas d’autre chose. Moi j’avais une couverte.Là on se couchait… là on se couchait le mieux qu’on pouvait. Moi j’avais trouvé un vieux cot, je me suis couché là-dessus, eux autres ils couchaient… on avait des lits de bois, là y’avait des lits de bois. C’était rempli de punaises, des puces, des rats pis des puces. J’vous dit là, dans la saison des pluies, quand il pleut là, la saison des pluies là, il pleut, ça arrête pas pendant trente, quarante jours de temps, sans arrêter jour et nuit ! Ça coulait comme un vrai panier ça. (inaudible) les couvertures étaient toutes percées. Ç’a avait été percé par des éclats d’obus, c’était tout, tout… c’était tellement vieux. Ç’a avait été construit dans les années 30 ou 35 ça. C’était ben vieux ça.Savez-vous qu’est-ce qu’y’avait comme toilettes là-bas à North Point ? Y’avait pas de toilettes pour s’asseoir là. Là y’avaient construit avec des trois par trois, un rack qui avançait au-dessus de la baie. Tu te mettais à… tu t’accroupis… t’accroupir, à quatre pattes, t’étais accroupi pis tu faisais ta job là. Pis y’avait pas rien pour empêcher les gars de tomber. Même… finalement ils en ont mis parce que y’a trois gars qu’y’ont tombé dans l’eau.Là la maladie c’est commencé à venir à Hong Kong. La dysenterie est venue. Là y’a venu une épidémie de diphtérie. J’ai été pris là-dedans. J’ai été pris avec la malaria. On n’avait pas de medecine. Y’avait pas rien pour nous guérir ! Y’en avait pas de docteur… j’veux dire nos docteurs étaient là, nos docteurs canadiens, mais ils pouvaient pas nous gué… nous donner des… des médicaments, y’en avait pas. Les Japonais voulaient pas nous en donner.Là on s’est faite battre pour des raisons… où que… aussi stupides l’une que l’autre. Si vous saluiez pas le garde, si vous oubliiez de le saluer, ils vous donnaient des tapes sur la, sur la, la… dans le visage sans arrêter. Ils vous donnaient, si c’était pas… des fois ils prenaient un running shoes, s’ils voyaient même un morceau de hose, ils vous frappaient à coups de hose. Si vous faisiez pas la courbette devant le… Si vous aviez pas de chapeau là… quand vous aviez un chapeau, vous étiez supposé de le saluer. Quand vous aviez pas de chapeau, vous étiez obligé d’arrêter, vous mettre à l’attention, pis là faire la courbette à ‘Monsieur’, pis lui là il nous saluait. Même y’en avaient y’étaient tellement ça, ils se cachaient pour nous pincer. Ils disaient : « Tu m’as pas salué. » Donnent trois, quatre claques sur la gueule. C’était vicieux.Pis à Sham Shui… à North Point, on a eu quatre Canadiens, y’a quatre Canadiens qui se sont échappés, des Winnipeg Grenadiers. Y’ont été recapturés le lendemain pis ils se sont faites soit décapiter ou fusiller. Sont morts. Sont maintenant enterrés dans, au cimetière de Sai Wan.

Meta Data