Attention!
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Description
En février 1945, les prisonniers du camp où se trouve M. Brunet sont dispersés vers d’autres camps de labeur. M. Brunet se retrouve dans une mine de charbon un peu plus au nord du pays.
Lucien Brunet
M. Brunet et son frère veulent être pilote mais leur niveau d’éducation ne leur permet pas et l’Aviation royale canadienne (ARC) refuse leur candidature. Puis en 1940, il est appelé par les forces dans le cadre de la Loi sur la mobilisation des ressources nationale. Il est brièvement formé à Huntingdon. Il est ensuite invité à s’enrôler dans l’armée régulière, mais il refuse. De retour à la maison, il reçoit une lettre lui apprenant qu’il a été versé dans un régiment en tant que réserviste. Il participe alors à des sessions de formation deux à trois fois semaine. Ayant postulé à toute sorte d’endroit pour se trouver un emploi, un jour il reçoit une lettre du gouvernement canadien lui disant qu’il avait obtenu une place au sein du Service postal de l’armée canadienne. Il joint les forces le premier août 1941 et s’occupe du courrier destiné aux hommes du front européen. Après environ un mois à Ottawa, le gouvernement commence à former la Force C (destinée à prêter main fort aux Britanniques à Hong Kong) et il est choisi en tant que postier du quartier général (QG) de la brigade de la Force C. Il quitte Ottawa en octobre vers Vancouver. De là il s’embarque sur le Awatea (navire néo-zélandais) vers Hong Kong. Il arrive au camp de Sham Shui Po en novembre, mais la guerre dans le pacifique est déclarée le 8 décembre. Du jour au lendemain, sans véritable formation militaire, il devient fantassin et sert comme garde et messager sur le mont Victoria. En décembre, après l’invasion de l’île par les Japonais, un bombardement tue ses officiers et il est appelé au QG où il sert comme garde jusqu’à la reddition des troupes alliées de Hong Kong. Le lendemain il est fait prisonnier. Il demeure prisonnier de guerre un an à Hong Kong puis trois ans au Japon, jusqu’à la fin de la guerre en août 1945. Il quitte les forces en 1946.
Transcription
Dans les mines de charbon là, là après trois mois là-dedans là, j’avais pus de moral, on voulait tous mourir, quasiment toutes.La température variait de 95 à 120 degrés de chaleur. T’arrivais en haut de la mine là, tu voyais le, la vapeur qui sortait de là tellement c’était chaud. Avant d’arriver fallait se déshabiller tout nu. On avait un g-string pour se cacher le, le principal, pis on avait nos running shoes japonais; y’avait un split toe qu’y’appelaient là, comme une mitaine, le gros orteil rentre là-dedans.En bas de la mine, au f… où était la mine, vous travaillez dans l’eau jusqu’aux genoux. Notre corps était enflé après la chaleur.Quand vous partiez pour la mine, vous étiez une moyenne au moins de quatorze heures parti du camp, quatorze à seize heures. En arrivant au camp là, le garde il disait, il disait : « Allez vider les latrines. » Pis fallait marcher encore, pas loin de la mine, un gros un mille et demi. Fallait marcher avec ça, deux gars avec une pole là. On emmenait c’te… ces excréments-là là, tout en liquide pis remplis de millions, de millions de, de, des petits vers blancs, des maggots. T’emmenais ça pis t’allais étendre ça dans le jardin qu’y’avait.Leur ration de riz eux autres était pas solide, elle était plutôt en soupe. Donc c’était moins solide que du riz solide, hein.Donc le moral, y’en avait pus. Là, autant vous dire, quand même que la mort serait venue, ça aurait été un bienfait parce que là on en pouvait pus. On n’avait pus de nouvelles, on n’avait pas aucune, aucune rumeur qui venait.Pis quand la fin de la guerre est venue. Y’est arrivé le 14 de août 1945, on le croyait pas. On a dit : « La journée qu’on arrêtera de travailler, ça se ra la journée qu’on dira, qu’on croira que la guerre est finie. » Le 15, à 11 h : « Va chercher votre ration. » la rumeur devenait de plus en plus forte. Le 15, on va travailler encore. Le 16 on s’en va encore travailler. Là le 17 au matin, les gars disent : « Aye ! Il parait que la guerre est finie. La guerre est finie ! » On va voir le cook. On dit : « On va voir le cook. On va voir. On va le savoir si la guerre est finie ou non. » On s’en va voir le cook. « Coudonc, on vient tu chercher notre ration pour le shift d’une heure moins dix là ? » Il dit : « J’ai pas reçu d’ordre de pas vous préparer votre ration. Venez la chercher comme d’habitude. » D’un coup, à 11 h 30, midi moins quart : « The war is over because of the atomic bomb. »On savait même pas que ça existait !