Prisonnier – mines de charbon

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Description

En février 1945, les prisonniers du camp où se trouve M. Brunet sont dispersés vers d’autres camps de labeur. M. Brunet se retrouve dans une mine de charbon un peu plus au nord du pays.

Transcript

Dans les mines de charbon là, là après trois mois là-dedans là, j’avais pus de moral, on voulait tous mourir, quasiment toutes.La température variait de 95 à 120 degrés de chaleur. T’arrivais en haut de la mine là, tu voyais le, la vapeur qui sortait de là tellement c’était chaud. Avant d’arriver fallait se déshabiller tout nu. On avait un g-string pour se cacher le, le principal, pis on avait nos running shoes japonais; y’avait un split toe qu’y’appelaient là, comme une mitaine, le gros orteil rentre là-dedans.En bas de la mine, au f… où était la mine, vous travaillez dans l’eau jusqu’aux genoux. Notre corps était enflé après la chaleur.Quand vous partiez pour la mine, vous étiez une moyenne au moins de quatorze heures parti du camp, quatorze à seize heures. En arrivant au camp là, le garde il disait, il disait : « Allez vider les latrines. » Pis fallait marcher encore, pas loin de la mine, un gros un mille et demi. Fallait marcher avec ça, deux gars avec une pole là. On emmenait c’te… ces excréments-là là, tout en liquide pis remplis de millions, de millions de, de, des petits vers blancs, des maggots. T’emmenais ça pis t’allais étendre ça dans le jardin qu’y’avait.Leur ration de riz eux autres était pas solide, elle était plutôt en soupe. Donc c’était moins solide que du riz solide, hein.Donc le moral, y’en avait pus. Là, autant vous dire, quand même que la mort serait venue, ça aurait été un bienfait parce que là on en pouvait pus. On n’avait pus de nouvelles, on n’avait pas aucune, aucune rumeur qui venait.Pis quand la fin de la guerre est venue. Y’est arrivé le 14 de août 1945, on le croyait pas. On a dit : « La journée qu’on arrêtera de travailler, ça se ra la journée qu’on dira, qu’on croira que la guerre est finie. » Le 15, à 11 h : « Va chercher votre ration. » la rumeur devenait de plus en plus forte. Le 15, on va travailler encore. Le 16 on s’en va encore travailler. Là le 17 au matin, les gars disent : « Aye ! Il parait que la guerre est finie. La guerre est finie ! » On va voir le cook. On dit : « On va voir le cook. On va voir. On va le savoir si la guerre est finie ou non. » On s’en va voir le cook. « Coudonc, on vient tu chercher notre ration pour le shift d’une heure moins dix là ? » Il dit : « J’ai pas reçu d’ordre de pas vous préparer votre ration. Venez la chercher comme d’habitude. » D’un coup, à 11 h 30, midi moins quart : « The war is over because of the atomic bomb. »On savait même pas que ça existait !

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