Attention!
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Description
À la frontière de la Belgique et des Pays-Bas, la région de l’Escaut – endiguée sous le niveau de la mer – a beaucoup fait souffrir nos hommes. M. Leblanc nous raconte la seule nuit sèche qu’il y a passé.
Léonard Leblanc
Seul volontaire de sa nombreuse fratrie, monsieur Leblanc arrive en France comme renfort du Régiment de la Chaudière à l’été 1944. De là, il termine la campagne de Normandie et participe à de nombreuses batailles (dont l’Escaut) tout en traversant à pied la Belgique et les Pays-Bas. C’est justement aux Pays-Bas que lui et les survivants de sa compagnie sont faits prisonniers, à la suite d’un combat à découvert. Il est incarcéré neuf jours en Belgique avant d’être libéré par les Alliés. Il reprend ensuite le combat et termine la campagne des Pays-Bas. Il se trouve en Allemagne à la capitulation inconditionnelle des Allemands. Il demeure cependant six mois de plus en Europe avec les forces d’occupation avant de revenir au pays. À son retour il quitte l’armée et se marie, mais décide de s’enrôler de nouveau plusieurs années plus tard. Il participe alors à la contribution des Forces Canadienne aux efforts de l’OTAN en Europe (Allemagne).
Transcription
On s’est couché mouillé souvent.Y’a une fois, on a fait une attaque, et puis… pas une attaque, une patrouille la nuit. Et puis… tranquillement on s’en… on n’était… il fait noir là ! On avançait, tout d’un coup, un bazooka.Là y’a fallu se cacher. J’étais justement moi… y’avait l’espèce de trail, le chemin là, dans le côté y’avait de l’eau. Dans l’eau, y’avait des arbres qui poussaient. Moi j’me suis jeté dans l’eau. Les autres ont toutes retraité. Moi j’essaie de me part… de, de me démancher. Ma maudite pelle que j’avais dans le dos, elle a resté pris dans les arbres. J’ai jamais été capable de me démancher de là. C’que j’ai fait, j’ai débouclé ma ceinture, j’ai toute laissé ça là, j’m’en ai été.J’ai perdu mon équipement plusieurs fois comme ça. J’ai perdu mon équipement. J’ai tout laissé ça là.Interviewer : C’était pas un trop gros problème ça ? Ils vous en redonnaient d’autres.Ben non ! Y’en avait en masse, hein. Tu prends l’équipement d’un autre qui est mort ou ben n’importe quoi.Là on s’en est allé dans une place, dans une grange. On était couché, on était mouillé là, ben mouillé. On était couché dans le foin. Comme t’es beaucoup fatigué pis tu t’endors, j’me suis endormi. Pis là… commençais à sécher. T’étais bien dans le foin.Pis là, un appel, fallait repartir. Là ç’a été dur. Tu te lèves là, t’es ben là, ben tu commences à sécher là, pis là on est parti après une autre affaire. Pas drôle. Après une, c’était l’autre.