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Description
Après s’être évadé d’un hôpital où il était en convalescence en Angleterre, M. Thibault tente de retrouver son régiment en France.
Adélard Thibault
M. Thibault s’enrôle à 18 ans. Il est formé comme fantassin au Québec et au Nouveau-Brunswick avant d’être envoyé en Angleterre, où il poursuit sa formation tout en remplissant des tâches de garde et autres besoins opérationnels. En juin 1944, il débarque sur la plage de Bernières-sur-Mer et survit au jour J. Blessé à Carpiquet, il se retrouve convalescent en Angleterre, mais se sauve de l’hôpital et retrouve son régiment, en France, par ses propres moyens. Connu de ses camarades et ses supérieurs comme « le tanant », c’est lui qui mène les hommes de son peloton quand les commandants sont blessés ou tués. À l’Escaut, comme tant d’autres des « rats d’eau » canadiens, il perd presque ses pieds à l’humidité. Remis, il poursuit le combat à travers la Belgique et les Pays-Bas jusqu’à la fin de la guerre.
Transcription
Ils m’ont enlevé le plâtre. Le même soir, l’oiseau a sorti de l’hôpital. Y’est pas revenu.Interviewer : Puis là, ils vous ont renvoyé en France…Non, non. (rire) C’pas eux autres qui m’ont renvoyé en France. J’ai jumpé de l’hôpital, j’ai été jusqu’à Bournemouth, à Bournemouth le, le chose, le bateau qui traverse, y’avait un bateau qui traversait pratiquement à tous les jours, il traversait des soldats pour fournir le, la ligne en avant…Ça fait… il dit : « Non, j’ai tout mon monde… » il dit «… j’suis plein. »« C’est correct. »J’suis parti, j’suis allé me coucher sur la grève. J’ai attendu qui fasse noir. J’ai parti pis j’me suis en allé, pis j’ai regardé ça un peu… Y’avait pas personne qui checkait. J’embarque su’l bateau, j’me suis caché en arrière des bouées de sauvetage. Fait que ça paraissait pas.Et puis arrive l’autre bord, quand il m’a aperçu l’autre bord, sortir de là, y’était pas de bonne humeur le p’tit bonhomme. Un grand six pieds avec une moustache à peu près comme ça. (rires) Le capitaine était pas de bonne humeur ! Mais j’ai dit : « Chut ! Fâche-toi pas. Moi je te ferai pas de trouble, j’m’en va. »« T’es mieux ! » Il parlait seulement que l’Anglois lui, il parlait pas le François.Fait que j’ai disparu de là. J’ai volé trois Jeep américains. J’en ai volé un qui avait du gaz, j’en ai volé qui juste à moitié, l’autre était plein. Quand y’était vide, (inaudible) là, j’en cherchais un autre. (rires)J’suis arrivé à mon régiment, j’ai arrivé, quand le major m’a vu la face la première fois : « Qu’est-ce tu fais icitte ? »« Ben j’viens, j’viens faire comme vous autres, esprit ! Sauver mon pays, pis ma famille, pis moi. »« Tu n’en n’a pas assez eu d’une ? (il montre sa blessure) T’en veux d’autres ? »J’ai dit : « Veux-tu que je reste avec toi ou ben donc je m’en retourne avec un autre régiment, ou ben donc une autre compagnie ? »« Envoye ! Va-t-en là-bas. »Quand les gars m’ont vu arriver : « Tiens ! » Ç’a été la fête au village ! (rires)