Attention!
Cette vidéo contient des scènes au contenu graphique qui pourraient choquer, et est réservée à un auditoire averti.
Description
Jean-Luc Dutil s’est enrôlé dans la marine marchande à l’âge de seize ans. Il nous parle de ce qui l’a poussé à devenir marin.
Jean-Luc Dutil
Jean-Luc Dutil est né à Alma le 7 septembre 1927. Alors qu’il était encore très jeune, sa famille et lui ont déménagé à Québec. Lorsque la guerre éclate, il a douze ans. Il est confronté aux horreurs de la guerre en croisant plusieurs blessés de guerre. C’est en 1944, à seize ans, qu’il décide de s’embarquer sur un vaisseau de la marine marchande. Il devient mécanicien et est également représentant syndical. Il quitte la marine marchande en 1949 et demeure très actif au sein de l’Association de la marine marchande canadienne.
Transcription
JE VOULAIS VOIR LE MONDEAu Québec, à c'moment-là, y avait une formation contrôlée par le clergé très conservateur et négatif. Il faut l'reconnaître, d'ailleurs, eux-mêmes le reconnaissent aujourd'hui. Alors, y avait beaucoup, beaucoup d'interdits. Interdit de faire ci, pis interdit de dire ça, pis interdit de penser comme ci et comme ça, et cætera. Alors, moi, j'en avais soupé très jeune. C'est pour ça qu'à seize ans, j'étais dans une école laïque, ici, à Québec, j'avais appris suffisamment d'anglais, selon mon évaluation, pour pouvoir aller faire un tour à l'extérieur du Québec. Et c'est comme ça que j'suis allé au bureau d'l'assurance-chômage, qu'on app'lait dans c'temps-là, et j'avais d'mandé qu'est-ce que j'pouvais faire comme travail d'été, pis c'est comme ça que j'suis allé travailler à bord d'un navire. Et puis le chef-ingénieur m'a d'mandé si j'voulais faire le travail avec lui, partir en bateau... Ah ! la grande déception d'mes parents. J'ai commencé à faire d'la marine, c'que j'ai beaucoup aimé, pis c'qui m'a fait voir le monde... Le monde qui c'tait fait démolir en Europe, en Angleterre, en France, en Belgique, j'suis allé en Allemagne, j'suis allé en Norvège, j'ai vu cette partie-là du monde, de même que j'ai vu le Brésil, pis j'ai vu l'Australie, pis l'Afrique du Sud et puis, en somme, bref... Lorsque j'suis revenu ici, pis j'ai travaillé à terre, j'avais une vison différente de ce monde qu'aujourd'hui on connaît beaucoup plus facilement par la télévision. Mais, à c'moment-là, on réalisait qu'y avait beaucoup d'évolution et que l'on se ressemblait tous. Que l'on soit à Cape Town, à Melbourne, ou à Rio, ou à Hambourg, en Allemagne, nous sommes tous des êtres humains et nous nous ressemblons beaucoup. Nous avons tous besoin de manger, de dormir, nous avons tous besoin de travailler, nous avons tous besoin de se sentir utile, de se sentir aimé, de se sentir apprécié pour notre travail, pour notre comportement, et cætera. C'est vrai partout dans l'monde.