Pour Tim Joyce, président de Sound Venture Productions, le lien est personnel. « Mon grand-oncle a combattu à Vimy, et il a été tué la veille de la bataille lors d’un raid nocturne, a-t-il dit lors d’une entrevue en 2019. Cent ans plus tard, jour pour jour, je me tenais devant sa tombe. Ce fut une expérience très émouvante pour moi. »
C’est l’Aviation royale du Canada qui a amené Tim dans la campagne maintenant sereine dans le cadre des activités du centenaire de la bataille de la crête de Vimy en 2017. Son rôle était de promouvoir une série de documentaires, des répliques d’avions et des cartes créés par Sound Venture, en partenariat avec la Société géographique royale du Canada (SGRC), mais il gardait à l’esprit son grand-oncle.
Lors d’un raid dangereux, le lieutenant Alfred Philip Gibaut aurait utilisé l’une des armes les plus importantes de l’arsenal des soldats alliés : des cartes détaillées des tranchées, des fortifications et de l’artillerie de l’ennemi, récemment mises à disposition par reconnaissance aérienne.
Le rôle de la cartographie aérienne a évolué rapidement de 1914 à 1918. Le haut commandement des Alliés l’a d’abord écarté en le considérant comme insignifiant, mais s’est vite rendu compte que connaître l’emplacement exact d’un nid de mitrailleuses ou d’une pièce d’artillerie était essentiel pour l’éviter ou le détruire. Les Canadiens ont joué un rôle de premier plan dans cette transformation de la guerre, des milliers de pilotes et d’arpenteurs topographiques canadiens contribuant à la cartographie des lignes de front. Les compétences qu’ils ont acquises ont ouvert la voie à la cartographie des régions sauvages largement inexplorées du Canada dans les décennies qui ont suivi la guerre.
Cartes géantes : du ciel, aux tranchées, au plancher de la salle de classe
Pour aider les élèves à découvrir cet aspect de l’histoire militaire du Canada, Sound Venture et la SGRC ont conçu de grandes cartes de sol destinées à une utilisation en salle de classe. L’une d’elles, Des cartes gagnantes, met en lumière l’étendue du Front de l’Ouest, l’autre montre l’emplacement de La crête de Vimy. Les deux cartes étaient disponibles en format de classe (5 m x 4 m) et géant (11 m x 8 m), et étaient des répliques du type de carte qu’un soldat dans les tranchées aurait pu avoir dans ses poches. Chaque carte était accompagnée d’un guide de l’enseignant, de photos, de fiches d’information et de 10 activités d’apprentissage conçues pour aider les jeunes à en apprendre davantage sur la guerre.
Grâce à Canadian Geographic, les cartes de sol ont été utilisées dans des écoles partout au Canada. « Chaque carte fait le tour de 20 écoles dans une année, a dit Ellen Curtis de Canadian Geographic, et environ 50 à 100 élèves l’utilisent lors d’une visite. Certaines écoles invitent d’autres écoles à venir voir la carte quand elles l’ont. » Elle a fait remarquer qu’avoir une carte sur laquelle marcher et à découvrir était beaucoup plus engageant que de mémoriser des noms et des dates à partir d’un livre; il y avait aussi un lien personnel, car beaucoup d’élèves se sont rendus compte que la carte était une réplique de quelque chose qui pourrait avoir été porté par un pair du même âge, dans une tranchée, loin du gymnase d’une école secondaire.
Le Programme de partenariat pour la commémoration
De 2016 à 2018, puis de 2019 à 2020, le projet des cartes de sol a bénéficié du soutien du Programme de partenariat pour la commémoration d’Anciens Combattants Canada (ACC). Ce financement a appuyé l’élaboration et la distribution initiale des cartes, contribuant ainsi à les rendre accessibles aux éducateurs partout au pays.
« ACC a joué un rôle important pour maintenir l’élan, a fait remarquer Tim. Sans ce soutien, ces cartes seraient laissées sur des tablettes dans un entrepôt. Nous avions besoin du financement du Programme de partenariat pour la commémoration afin de les faire parvenir au réseau d’enseignants. »
Les cartes de sol demeurent l’une des réalisations les plus durables du projet. Selon Tim, Sound Venture entend poursuivre son travail de commémoration. « Il y a un grand désir pour plus d’éducation sur l’histoire du Canada, en particulier l’histoire de la guerre. Nous ne voulons jamais cesser de promouvoir les occasions d’apprendre. »
Pour en apprendre davantage sur les cartes de sol, consultez le site Web d’Éducation Canadian Geographic.
Soutien pour les projets communautaires
Les organismes qui planifient des projets similaires peuvent demander un soutien par l’intermédiaire du Programme de partenariat pour la commémoration. Du financement est offert dans le cadre de deux volets :
- Engagement communautaire – pour des activités éducatives ou des initiatives de communication narrative
- Monuments commémoratifs de guerre dans les collectivités – pour la restauration ou la construction de monuments
Pour en apprendre davantage ou pour présenter une demande, visitez Programmes de financement.