Échappée belle

Attention!

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Description

Après leur premier bombardement réussi, M. Cauchy et son équipage sont touchés.

Jean Cauchy

À la fin des années trente, Monsieur Jean Cauchy joint le mouvement scout avec son frère aîné Louis afin de vaincre sa timidité, et c’est le scoutisme qui lui donne le goût de la discipline et de la vie militaire. Quelques années plus tard, son frère s’enrôle comme aviateur et est porté disparu. M. Cauchy s’enrôle donc aussi avec l’intention de le « venger ». Malgré de piètres résultats théoriques (les cours et les tests des écoles de pilotage de l’Aviation royale du Canada étant uniquement en anglais à l’époque), il devient pilote de talent et est recommandé comme pilote de chasse. Une fois à Bournemouth en Angleterre, une surabondance de chasseurs fait en sorte qu’il est muté comme pilote de bombardier à l’escadrille 425 (les Alouettes) le 22 novembre 1943. De l’été à l’hiver 1944, M. Cauchy, son équipage et leur bombardier Halifax nommé Doug, pilonnent les usines de guerre allemandes. Le 24 décembre, Doug est endommagé et mis au rancart. Malheureusement, lors de sa première mission avec son second avion, M. Cauchy est abattu près de Hanovre et est interné au camp de prisonniers Stalag Luft I. Environ un mois avant la fin de la guerre, le camp est libéré par l’armée soviétique, mais lui et les autres prisonniers y resteront jusqu’au 13 mai, jour où les bombardiers alliés viennent enfin les récupérer. Il est intéressant de noter que M. Cauchy a été promu lieutenant d’aviation alors qu’il était prisonnier en Allemagne; nouvelle qu’il apprendra uniquement à son retour au pays à l’été 1945.

Transcription

D’abord, premièrement, j’avais mon bombardier qui était flambant neuf.J’m’en va à une mission pour une, une seule fois de jour, le vingt-quatre décembre, la veille de Noël. Et puis c’était pour aller bombarder l’aéroport de Düsseldorf.En sortant de ce bombardement-là, avec mon avion… On a bombardé, on a vu ça là, le feu pis tout ça… Alors on s’en retourne et puis… passé au-dessus de la ligne Siegfried en Allemagne, on s’est faite toucher par les, un obus anti-avion. Pis j’ai perdu un moteur.Puis là le groupe, notre groupe à nous autres, s’en retourne à l’aéroport, mais il s’en retourne à pleine vitesse eux autres, la vitesse désirée.Alors, de mon côté moi, je pouvais pas aller aussi vite. En plus de ça, en bombardant, y’a une bombe qui avait été restée accrochée dans le… dans la soute. L’ingénieur a essayé de la… ça pouvait se faire… essayé de la décrocher. Y’a pas été capable.Les portes ont été fermées, la bombe était là, alors fallait faire attention c’est tout.Évidemment, le groupe là, eux autres y’ont disparu. Là j’étais seul. Alors on s’en allait clopin-clopant. Le vingt-quatre décembre, moi je m’ennuyais terriblement. On avait préparé une messe de minuit sur l’escadrille, pis un beau réveillon pis tout ça là. Alors on avait hâte d’arriver à l’escadrille pour… y’avait un gros spécial en arrivant.Puis un moment donné, au-dessus du Pas de Calais, là les éclats d’obus-là ça éclate tout alentour !Là on était entraîné pour ça. Immédiatement y’avait une technique à suivre, hein. Fighter Affiliation… Alors on donnait un coup à droite, descendre mille pieds, continuer à gauche, remonte à mille pieds… Alors fallait revenir sur le trajet après avoir fait toutes sortes de zigzags. C’est comme ça qu’on a réussi à éviter d’être descendu. Parce que… on avait été touché dans les ailes, en particulier, et puis même notre sans-fil-mitrailleur a eu… reçu un éclat d’obus ici sur son battle dress.Finalement, fallait atterrir. On a demandé d’atterrir sur une… atterrissage d’urgence. Tout près de La Manche là y’avait un immense terrain qu’on pouvait atterrir. Très beau terrain, d’la place en masse et puis tout ça.Alors avant d’atterrir, puisque j’avais une bombe… Faut dire que, en descendant, en bas de dix-mille pieds, ben là il faisait plus chaud, hein, la bombe a décroché puis était retenue par les portes de bombes seulement.Alors… là pas besoin de vous dire que les gars y’ont dit : « Penses-tu d’être correct Cauchy ? »Je dis : « Oui. Ah, faites-moi confiance ! » Pis je ferme mon micro tout de suite parce que je commençais à être… à être anxieux, t’sais.Fait que… on se prépare pour atterrir et c’est… je dis ça en toute humilité là… je suis pas un gars qui se vante là moi… j’aime pas ça me vanter, non, c’pas mon genre. Mais j’ai faite le plus bel atterrissage que j’avais jamais faite, avec la bombe !Parce que, quand on arrive là, là y’a pus personne, hein. Y’a juste des camions pour le feu, des camions d’urgence, mais y’a pus d’avion alentour là, parce que quand ça éclate, hein, c’est un moyen feu d’artifice ! Fait que j’ai faite…Tout de suite, ils m’ont guidé en-dehors de l’aéroport, dans le champ en-dehors là, puis là y’ont… sont venus me chercher. C’était fini, j’ai perdu mon avion. Je pouvais pus voler avec.Y’ont dit : « Non. C’est… elle est plus… pas possible de retourner à votre… à votre aéroport… c’est pas possible… y’est fini. »

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