Fuir

Attention!

Cette vidéo contient des scènes au contenu graphique qui pourraient choquer, et est réservée à un auditoire averti.

Video file

Description

Une première tentative d’évasion pour M. Nadeau. Le 5 août 1943.

Jacques Nadeau

Septième d'une famille de dix enfants, Jacques Nadeau tente de s'enrôler avec le Royal 22e Régiment dès1939, mais il est refusé à cause de son jeune âge et de sa trop petite taille. Cependant, le 6 juillet 1940, il réussit à se joindre aux fusiliers Mont-Royal. Après une période de formation à Montréal et à Valcartier, il traverse en Angleterre comme renfort pour son régiment. Il s'embarque pour Dieppe le soir du 18 août 1942, mais l'opération est vouée à l'échec et l'ordre de se rendre est donnée. Prisonnier de guerre pendant presque trois ans, M. Nadeau sera interné dans deux camps (le Stalag VIII b et le Stalag II d) et ira aux travaux forcés dans un moulin à farine du sud de l’Allemagne, un oléoducte polonais, et une ferme du nord de l’Allemagne. Au pringtemps 1945 il est libèré par l'armée russe et rapatrié au Canada après un détour en Crimée. Il est démobilisé à Montréal en septembre 1945.

Transcription

Quand on allait à la bibliothèque, moi j’avais trouvé un livre pis y’avait tout un paquet de, de, de renseignements sur les Alpes autrichiennes et suisses. Ça fait que j’avais tout dé… calqué ça. J’avais agrandit ça pis j’avais… j’voulais m’évader avec mon chum Langlois.On a demandé une interview avec le, le, le sous-officier en charge des évasions, et puis on lui a dit qu’on avait des choses très importantes qui pourraient aider à d’autres à s’évader. Ça fait que je lui ai montré mes, mes, mes dessins. Ça fait que j’lui ai dit, j’ai dit : « On t’amène ça, mais tu vas nous donner de l’aide pour s’évader. »Fait qu’y’a accepté qu’on tente une évasion, et puis il nous a donné des boussoles faites avec un bouchon et puis un morceau de lame de rasoir. Et puis… éventuellement, ben c’est ce qui est arrivé.On a changé d’identité avec des Australiens, et puis on est allé travailler en dehors du camp. La première… le premier commando qu’y’appelait ça, des commandos de travail, les Arbeit Kommando. Ç’a été dans un moulin à farine.Et puis le moulin à farine… Nos baraquements étaient un ancien garage avec des skylights dessus là, des puits de lumière qu’y’appellent en français. Et puis quand on a été prêt, j’ai… dans le moulin à farine y’avait un Polonais. Le Polonais nous a aidé avec des cartes et puis des renseignements de l’heure des trains, pis ainsi de suite.On est passé par le skylight. Moi j’ai passé facilement, mais mon gars… Moi je tirais dehors pis il y en a d’autres qui le poussaient. Y’était un peu plus costaud que moi.On s’est rendu à la gare, on a sauté par-dessus la clôture. On n’a pas trouvé de porte de wagon ouvrable, ça fait qu’on s’est mis dans la cabine du serre-frein.Fait que on s’en va vers la Pologne, pis le train diminue en arrivant à un pont. On débarque pis on attend l’autre train qui devait, qui devait s’en venir dans la direction opposée. Ça fait que… (rire) on saute à bord du train, pis cette fois-là on a trouvé un wagon qui était pas complètement barré. Ça fait qu’on a rentré dedans. C’tait tout des calorifères. Fait que on s’est en allé dans, dans un coin. On a commencé à dépiler pour se faire une cachette. Et puis… on s’endort.Pis on entend de la musique dehors, une fanfare. Fait que y’avait des fentes. Je regarde en dehors pis c’était des, des, d’la jeunesse hitlérienne qui paradait.Et puis y’ont fouillé les wagons qui étaient là, pis quand ils sont arrivés dedans le nôtre, ils se sont bien aperçu que y’avait quelqu’un dedans.Et puis y’a un Gestapo, il s’en vient à nous autres pis il commence à nous parler en Anglais. Ça fait qu’il dit : « Essayez pas de vous évader de nouveau parce… » qu’il dit « … on va toujours vous reprendre. »Fait que moi j’ai dit : « Danke shön. Merci beaucoup ! » (rire)Et puis on a passé devant le… une cour martiale quoi. Pis quand ils m’ont demandé comment-ce que j’avais faite, on leur a pas dit qu’on s’était évadé de notre camp de travail. Moi je leur ai dit qu’on était sorti du camp, du Stalag VIII b.Il dit : « Comment est-ce que t’as faite ? »J’ai dit : « En 36… » j’ai dit « … j’étais avec l’équipe canadienne qui est venue aux olympiques. » (rire)L’officier, il me regardait pis y’avait les yeux pas mal… Pis il dit : « Pis après ça… » il dit « … quecé qu’y’était ta discipline ? »J’ai dit : « Saut à la perche. » (rire)Le voir... faisant un paquet de grimaces. (rire) Il dit : « Comment est-ce que t’as faite… » il dit « …pour te trouver une pole pour sauter par-dessus les barbelés ? »Les barbelés, viarge ! Y’avait deux rangés de barbelés pis y’avait huit pieds entre les deux ! (rire) Pis y’avait, à part de ça, du barbelé à terre là, à peu près à ça de terre, pour pas que tu rampes en-dessous. (rire)Ça fait que y’était… y’en pouvait pus. Il me fait sortir, pis aussitôt que j’ai passé la porte, y’étaient deux autres officiers avec lui, y’ont pouffé de rire tous les trois ! (rire)Fait que mon Langlois, il me dit : « Quecé que t’as tant faite… » il dit « …pour les faire rire ? »Ça fait que j’dis : « J’te le dirai plus tard. » (rire)Fait que, ils nous ont faite rentrer. Ils nous ont donné sept jours au pain pis à l’eau dans un cachot.

Catégories