Il a réussi à s'échapper

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Description

Lors de travaux forcés près de Leipzig, M. Fraser et ses camarades réussissent à s’évader. Il nous raconte certaines de leurs péripéties.

Arthur Fraser

Enrôlé chez les Fusiliers Mont-Royal à l’âge de dix-sept ans, Monsieur Fraser monte la garde à l’aéroport de Saint-Hubert jusqu’à son dix-huitième anniversaire, car on lui interdit d’aller au front outre-mer si jeune. Puis il se retrouve en Angleterre où il participe à une formation de commando avant d’être mobilisé pour le raid de Dieppe. À Dieppe, il est fait prisonnier et se retrouve au camp de prisonniers Stalag VIII B. Là, il pratique le marché noir de nourriture afin de survivre. Il va ensuite aux travaux forcés dans des mines de charbon en Pologne, mais comme il a caché sa véritable identité, il est renvoyé en Allemagne au camp Stalag II D, où il travaille à la ferme. Il s’évade et survit en forêt quelque temps avant que les Américains et les Russes occupent l’Allemagne et qu’il puisse retourner à la maison.

Transcription

On a été chanceux, sur la route, ça se trouvait à être un dimanche martin, un dimanche matin, on rencontre six Français, six soldats français. Eux autres, ces six soldats français, d’où ils étaient, c’était toutes des petites fermes allemandes individuelles que ces Français-là travaillaient dessus. Fait que on s’identifie à eux autres. On dit : « Savez-vous où-ce qu’y’est le front ? » Il dit : « Oui. » Il dit : « Le front est à peu près à onze kilomètres d’icitte… » Pis il dit : « Y’a une p’tite rivière là… » Pis il dit : « Les Américains sont l’autre bord… » Pis il dit : « Les Allemands sont ce côté-ci. » Mais il dit : « Allez pas là, ils vont vous tuer, garanti. » « Oui. » Il dit : « Restez dans le bois. » Mais je dis : « On a rien à manger, pis on n’a pas d’eau. »Ils nous ont nourri puis ils venaient nous porter à manger, ces affaires-là. Mais c’est pas du manger que moi j’ai pu pâtir là, c’est l’eau. Moi, je suis venu la langue ça d’épaisse. Pas d’eau. On pouvait pas se promener dans le bois là, nous autres là. Fallait rester toujours à’même place, pas se faire voir par personne.Fait qu’au bout de onze jours, on s’en va au bout du bois, y’a dix-sept Russes, en ligne indienne pis en arrière de la ligne indienne y’a un automobile. Fait que là, on sort de notre trou, on s’en va en direction du village, on rentre aux Français pis on dit : « Ils s’en viennent, les Russes s’en viennent. »Fait que y’arrivent à’porte pis l’interprète, l’interprète qu’était là ouvre la porte, pis là il parle aux Russes. Pis il dit aux Russes, il dit : « On a trois Canadiens là. » Mais les Russes savaient ce que c’était trois Canadiens. Mais y’a eu l’esprit de présence de dire « trois Américains ». Fait que là, la grosse poignée de main, hein, avec les Américains, hein, grosse poignée de main. « Camarades, camarades ! »Fait que là, il nous fait sortir. On va voir l’officier. Il nous donne la main. L’officier était content… Moi, quand j’y donne la main, j’avais une montre. Là il voit ma montre, prend mon bras… « (inaudible) camarade, good, ya, good, good, good. » Lui là son bras… Trrrrt ! Y’avait cinq montres icitte. Trrrt ! Cinq montres icitte. Trrrt !Fait que là, il sort un paquet d’argent, pour ma montre. Moi j’ai été nono là, j’aurais dû la prendre son argent parce qu’était bonne. J’aurais dû la prendre son argent. Je l’ai pas pris.Fait que là, y’a un soldat Français qui vient avec l’interprète. Il dit : « Dans la grange, y’a deux cochons. » Il dit : « Demande à l’officier si on peu avoir un cochon. » Fait qu’il demande : « Deux cochons ? » Il dit : « Oui. » On va avec l’officier, dans la grange il sort son… y’avait un .45. Il sort son .45. Pow ! Pow ! Fait qu’on a mangé du cochon.

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