Libérés

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Description

Alors qu’il était interné au camp de prisonniers Stalag II d, non loin de la mer Baltique, M. Nadeau est envoyé aux travaux forcés sur une ferme où travaillent aussi des civils allemands. C’est grâce à une d’elle qu’il apprend la nouvelle qui lui permettra d’anticiper sa libération.

Jacques Nadeau

Septième d'une famille de dix enfants, Jacques Nadeau tente de s'enrôler avec le Royal 22e Régiment dès1939, mais il est refusé à cause de son jeune âge et de sa trop petite taille. Cependant, le 6 juillet 1940, il réussit à se joindre aux fusiliers Mont-Royal. Après une période de formation à Montréal et à Valcartier, il traverse en Angleterre comme renfort pour son régiment. Il s'embarque pour Dieppe le soir du 18 août 1942, mais l'opération est vouée à l'échec et l'ordre de se rendre est donnée. Prisonnier de guerre pendant presque trois ans, M. Nadeau sera interné dans deux camps (le Stalag VIII b et le Stalag II d) et ira aux travaux forcés dans un moulin à farine du sud de l’Allemagne, un oléoducte polonais, et une ferme du nord de l’Allemagne. Au pringtemps 1945 il est libèré par l'armée russe et rapatrié au Canada après un détour en Crimée. Il est démobilisé à Montréal en septembre 1945.

Transcription

Elle, elle avait une radio, pis le 6 juin, elle a monté le volume… pis dans ce temps-là, j’étais assez, assez bon en Allemand pour me débrouiller pis j’ai pris la place de l’interprète qu’on avait. On était parti pour travailler dans le bois, planter des pins. Le, le chef là, le, le l’inspecteur qu’on l’appelait, il me demande, il dit : « Qu’est-ce que t’en penses ? » Parce qu’il… je lui avais dit que les Alliés avaient… je l’avais entendu, hein, pis j’avais donné la nouvelle aux gars. Il dit : « Quecé que t’en penses ? »J’ai dit : « Si vous jetez pas les Alliés à la mer avant quinze jours… » j’ai dit « …Deutschland ist kaput. » Ah ! Y’avait pas primé ça pantoute. Ah ! Y’avait… y’est venu rouge comme une tomate.Pis le 27 janvier 1945, ça faisait presque un mois ou deux qu’on travaillait pus… on allait seulement que ramasser du bois pour chauffer… les Russes s’amènent.On était embarré dans notre, dans notre sous-bassement. Quand on a réussi à sortir, on a donné une hache aux Français pour qu’ils défoncent la porte parce qu’on était embarré, les gardes avaient été fusillés par les Russes.Pis quand que les Russes nous ont vus en uniforme, y’ont voulu savoir qui on était. On a dit : « Canada, Canada. » Mais ils savaient pas ce que Canada voulait dire. Éventuellement, y’a quelqu’un qui a dit : « North America. » Ben là, ils nous ont pris pour des Américains. Ils nous ont baisé les mains, ils nous ont embrassé en pleine gueule, et puis ils nous donnaient du schnaps… ben d’la vodka quoi.Et puis éventuellement, on leur a demandé… Non, ils nous ont demandés si on voulait embarquer sur leur tank pis aller tuer des Allemands. Et puis on leur a faite demander qu’est-ce qu’ils nous suggéreraient. Il dit : « La meilleure chose à faire si vous voulez pas venir vous battre… » il dit « …suivez nos traces. »C’est ce qu’on a fait. J’ai rencontré le, le patron, allemand, et puis il m’a dit : « T’avais raison… » il dit « …moi aussi… » il dit « …quand que j’ai appris que les Alliés avaient… » il dit « …j’étais sûr et certain que la guerre était finie pour nous autres. » Pis il dit : « Pourquoi est-ce que ils ont pas rendu les armes plus tôt pour sauver des millions de vies ? »Ben j’ai dit : « Hitler… verrückt. » Y’était fou.Et puis, là il dit : « La meilleure chose à faire… » il dit «… tu connais les chevaux… » il dit « …prenez autant de chevaux que vous voulez pis… » Y’avait pas de sleigh là-bas, c’était des voitures à quatre roues. Il dit : « …prenez autant que vous voulez parce que les Russes vont les prendre anyway. » Il dit : « Pis… partez. »On a quarante-neuf de nous autres qui sont partis sur soixante-neuf. Les autres sont restés là. Pourquoi ? Le bon Dieu le sait. Ça fait qu’on a pris les voitures, on a mis nos bagages dedans pis on a commencé notre marche vers la Pologne.

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